Acétate de médroxyprogestérone

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Acétate de médroxyprogestérone
Medroxyprogesterone 17-acetate.png
17-acetato de medroxiprogesterona3D.png
Structure de l'acétate de médroxyprogestérone
Identification
Nom UICPA acétate de 17α-hydroxy-6α-méthylprégn-4-ène-3,20-dione
No CAS 71-58-9
No EINECS 200-757-9
Code ATC G03AC06
G03DA02
L02AB02
DrugBank DB00603
PubChem 6279
ChEBI 6716
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C24H34O4  [Isomères]
Masse molaire[1] 386,5244 ± 0,0228 g/mol
C 74,58 %, H 8,87 %, O 16,56 %,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L’acétate de médroxyprogestérone (en anglais Medroxyprogesterone acetate ou MPA), connue aussi sous le nom acétate de 17α-hydroxy-6α-méthylprogestérone, est une forme synthétique de progestérone. Il est utilisé principalement comme contraceptif mais sert aussi de traitement hormonal de la ménopause et pour le traitement de l'endométriose, tout comme dans beaucoup d'autres usages médicaux. Le MPA est une forme dérivée de la médroxyprogestérone, plus puissante que l'original. La forme médroxyprogestérone n'est pas utilisée en soins cliniques chez l'être humain.

Elle a les trois mécanismes contraceptifs[2]: elle bloque l'ovulation, elle épaissit la glaire cervicale, c'est-à-dire qu'elle empêche le passage des spermatozoïdes, elle réduit l'épaisseur de l'endomètre (la paroi intérieure de l'utérus) qui fait obstacle à la nidation de l’embryon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le MPA a été découvert simultanément en 1956 par deux sociétés indépendantes, Syntex et Upjohn Company. Cette hormone de synthèse, comme d'autres progestérones de synthèse, a été développée pour permettre la prise orale d'un contraceptif car jusqu'alors la progestérone, hormone naturellement secrétée par l'organisme, ne pouvait être prise par la bouche. Le développement d'un procédé de micronisation permet aujourd'hui une prise orale de progestérone.

Indications[modifier | modifier le code]

Chez la femme, le MPA est principalement utilisé comme contraceptif, en prise orale ou par injection, mais il sert aussi dans des thérapies de substitution hormonale pour la ménopause, pour prévenir l'hyperplasie endométriale et certains cancers. En France, le seul AMM pour contraceptif de longue durée d'action lorsqu'il n'est pas possible d'utiliser d'autres méthodes contraceptives. Il est administré le 5e jour des règles sur une période de 12 semaines (3 mois).

Il peut être utilisé dans le traitement hormonal de la ménopause. Le MPA est aussi utilisé contre l'endométriose, la dysménorrhée et l'aménorrhée.

Chez les hommes, le MPA a été utilisé pour contrôler les comportements sexuels à risque et pour la castration chimique des délinquants sexuels, pour traiter l'hypertrophie bénigne de la prostate. Il a aussi été utilisé comme stimulant de l'appétit (orexigène) chez les patients cancéreux et à hautes doses (800 mg par jour) pour traiter les cancers hormonaux dépendants comme celui du sein[réf. nécessaire].

Il n'est pas utilisé dans le traitement de l'épilepsie, mais contrairement à d'autres contraceptifs, il diminuerait la fréquence des crises et pourrait être combiné avec un traitement classique sans interactions néfastes[3]. Avec d'autres contraceptifs, certaines femmes contractant des crises d'epilepsie sont sujettes à des migraines et des sautes d'humeur[réf. nécessaire].

Efficacité[modifier | modifier le code]

Le MPA est un contraceptif extrêmement actif quand il est utilisé à de fortes doses pour prévenir l'ovulation. D'après la Commission de la Transparence, son service médical rendu est important[4]lorsqu'il n'est pas possible d'utiliser d'autres méthodes contraceptives.

Effets indésirables[modifier | modifier le code]

Généralement le MPA n'est indiqué que lorsque la femme ne peut pas bénéficier d'autres méthodes. Il n'est pas dénué d'effets secondaires[5] qui sont même plus nombreux que les autres méthodes voire plus sévères.

Chez les femmes, le risque principal est celui d'acné, de changements du flux menstruel, une somnolence et celui de défauts malformatifs si pris chez la femme enceinte, une ostéoporose. D'autres effets secondaires sont les douleurs mammaires (mastodynies), l'augmentation des poils de la face, des difficultés pour s'endormir ou pour rester endormi, une douleur gastrique, une perte ou un gain de poids.

La Women Health Initiative (Initiative pour la santé des femmes) évalua l'utilisation de MPA et de premarine comparé au placebo. L'étude a été arrêtée de manière prématurée quand des risques inattendus précédemment ont été découverts, spécifiquement la découverte que malgré le fait que la mortalité totale ne fut pas différente par la thérapie hormonale, les bénéfices des traitements hormonaux de la ménopause (réduction du risque de fracture de hanche, cancer colorectal et endométrial et les autres causes de décès) étaient contrebalancés par l'augmentation du risque de syndrome coronariens, d'AVC, d'embolie pulmonaire et de cancer du sein.

À hautes doses comme pour le traitement du cancer du sein, le MPA peut causer une prise de poids, aggraver un diabète de type 2 et un œdème (particulièrement de la face). Les effets indésirables sont les plus fréquents à cinq jours et sont réduits avec des plus petites doses.

Castration chimique[modifier | modifier le code]

Il a été expérimenté en 1966 comme un moyen en vue de castration chimique. En effet cette année-là, John Money, (psychologue, sexologue et auteur, pseudo-spécialiste dans la recherche de l'identité de genre et la biologie de genre) a prescrit de l'acétate de médroxyprogestérone comme un traitement pour un patient sujet à la pédophilie. Il est devenu le premier Américain à employer la castration chimique. Malgré la réussite de cette nouvelle forme de castration, ce médicament n'a pas été approuvé par le FDA comme un traitement pour des contrevenants sexuels[6].

Quelques MPA[modifier | modifier le code]

  • Pfizer : Depo-Provera ou depot medroxyprogesterone acetate (DMPA), Farlutal, Prodafem, Sayana
  • Orion Pharma : Indivina

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. KD Tripathi , Essentials of Medical Pharmacology, 2013
  3. (en) Aronson JK, Meyler's Side Effects of Endocrine and Metabolic Drugs, Elsevier, (ISBN 978-0-444-53271-8, lire en ligne), p. 281
  4. COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS 10 décembre 2008 Examen du dossier de la spécialité inscrite pour une durée limitée conformément au décret du 27 octobre 1999 (JO du 30 octobre 1999) et à l'arrêté du 6 novembre 2007 (JO du 13 novembre 2007).
  5. « Dépo-Provera, résumé des caractéristiques du produit, Effets indésirables »
  6. (en) [PDF] Castration of Sex Offenders: Prisoners’ Rights Versus Public Safety, Charles L. Scott, MD, and Trent Holmberg, MD, J Am Acad Psychiatry Law 31:502–9, 2003