Delphine Lalaurie

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Delphine Lalaurie
Image dans Infobox.
Delphine LaLaurie
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 62 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Française
Activités
Tueuse en série, socialite, propriétaire d'esclavesVoir et modifier les données sur Wikidata
Maison de Madame Delphine de Macarthy, Blanque, Lalaurie avant l'incendie de 1834.
La maison Lalaurie, rue Royale

Delphine Lalaurie, née Marie Delphine de Macarthy plus connue sous le nom de Madame Lalaurie en 1787 à La Nouvelle-Orléans en Louisiane espagnole et morte le à Paris, est une personnalité mondaine de la bourgeoisie créole-francophone louisianaise et une tueuse en série de près d'une centaine d'esclaves noirs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle naît au sein d'une famille nombreuse, son père, Barthélémy Louis Macarthy était un créole français d'origine irlandaise et sa mère, Jeanne L'Erable ou Lovable, était surnommée « la veuve Lecomte ». Delphine était la cousine d'un maire de La Nouvelle-Orléans, Augustin de Macarty.

Entrée de la Maison Lalaurie.

Elle se maria trois fois. En 1801, elle épouse en premières noces un Espagnol de la haute société créole française, Don Ramón de López y Angulo[1]. Devenue veuve en 1805, elle se remarie en 1808 avec un riche banquier louisianais, Jean Blanque. De nouveau veuve en 1816, elle épouse un médecin, Louis Nicolas Léonard Lalaurie. Elle achète à ce moment-là sa demeure de la rue Royale, dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans, le Vieux Carré.

Bourreau et meurtrière[modifier | modifier le code]

Mondaine respectée, elle accueillait nombre de grands événements dans son opulent domicile du 1140 rue Royale. Son train de vie somptueux était servi par un grand nombre d'esclaves. Cependant, le mauvais traitement des esclaves étant illégal, la société commença à éviter la Lalaurie après qu'un voisin eut surpris cette femme élégante en train de chasser une fille d'esclave avec un fouet : la fille sauta du toit dans un effort désespéré pour fuir Lalaurie et se tua. Le voisin avertit les autorités. Les rumeurs, puis les accusations de torture, sadisme et meurtre s'ensuivirent. Pourtant, en société, elle donnait l'image d'une personne polie et aimable avec ses esclaves. Ce fut la fin de la carrière sociale de Lalaurie, rejetée par la bonne société louisianaise. Elle continua néanmoins à vivre à La Nouvelle-Orléans jusqu'en 1834.

Le , un incendie se déclare dans sa riche demeure, construite à la fin du XVIIIe de style créole français (similaire à la Maison Girod). Les voisins accourent et découvrent plusieurs esclaves (hommes et femmes) vivants, mais brûlés par l'incendie et surtout enchaînés et mutilés, au deuxième étage de la maison, sous les combles[Passage contradictoire](celui-ci n'existe plus dans sa forme originelle, une extension ayant été construite au début du XXe siècle). Le juge Jean-François Canonge, appelé sur place, constate une scène effroyable, des esclaves ayant été torturés par leur maîtresse. On l'accuse de la mort de près d'une centaine d'esclaves. À la suite de cet incendie, Delphine Lalaurie fuit La Nouvelle-Orléans à destination de la ville portuaire de Mobile dans l'Alabama, d'où elle embarque pour la France pour s'installer à Paris.

Au cimetière Saint-Louis de La Nouvelle-Orléans, une stèle indique qu'ici repose « Madame Lalaurie, née Marie Delphine Macarty, décédée à Paris, le , à l'âge de 6-- ». La fin du texte a disparu, la plaque étant brisée.

L'actuelle Maison Lalaurie n'est en fait pas exactement le bâtiment qu'habitait la Lalaurie. Lorsqu'elle achète la propriété en 1831 à Edmond Soniat Dufossat, celle-ci est déjà en construction, mais sera terminée par Madame Lalaurie. Son aspect d'origine était similaire à l'habitation Soniat dans la rue de Chartres ou à la maison Hermann-Grima au 820 rue Saint-Louis. Lorsque l'incendie détruit la maison, il n'en reste que peu de chose. Il sera reconstruit par Pierre Trastour entre 1837-1838, dans un style similaire. Le logement originel avait un troisième étage[Passage contradictoire]et un bâtiment ajouté plus tard à l'arrière au XIXe siècle ; la maison créole, reconstruite après l'incendie, quant-à-elle, n'avait qu'un seul étage jusqu'à ce qu'un troisième niveau soit ajouté au début du XXe siècle. Dans les années 1970 lorsque le deuxième étage et l'intérieur du bâtiment seront rénovés par les architectes Koch et Wilson[2].

En 2007, l'acteur américain Nicolas Cage achète la Maison Lalaurie comme résidence pour 3,45 millions de dollars, avant qu’elle ne soit rachetée en 2009 par le groupe Regions Financial Corporation.

Lalaurie.gif

Littérature[modifier | modifier le code]

  • La poète Jennifer Reeser a écrit un poème en Terza Rima intitulé The Lalaurie Horror.
  • Le scandale de Madame Lalaurie est évoqué dans l'ouvrage Les peaux noires : scènes de la vie des esclaves de Xavier Eyma (chapitre III dans Le Code noir, pages 294 à 296).
  • L'histoire de Delphine LaLaurie est explorée par l'auteure Serena Valentino, dans sa série de comics Nightmares and Fairy Tales. Elle apparaît en tant que nonne dans le premier tome puis dans le troisième qui lui est consacré et qui porte le nom de son adresse, 1140, Rue Royale.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • En 2000, le personnage de Delphine Lalaurie apparaît comme protagoniste principal (sous le nom de Madame Lulory) dans le film d'horreur The St. Francisville Experiment, inédit en France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ramón López y Fernández de Angulo | Real Academia de la Historia », sur dbe.rah.es (consulté le )
  2. « The Collins C. Diboll Vieux Carré Survey: Property Info », sur The Collins C. Diboll Vieux Carré Survey - a project of The Historic New Orleans Collection (consulté le )
  3. AlloCine, « The Lalaurie Mansion : le prochain film d'horreur du réalisateur de Saw et des scénaristes de Conjuring », sur AlloCiné (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]