Daniel Camargo Barbosa

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Daniel Camargo Barbosa
Tueur en série
Image illustrative de l’article Daniel Camargo Barbosa
Information
Naissance
(Colombie)
Décès (à 64 ans)
(Équateur)
Cause du décès Assassinat
Surnom Manuel Bulgarin Solis
Sentence 16 ans de prison (sentence maximale en Équateur)
Actions criminelles Meurtres et viols
Victimes 151
Période 1974-1986
Pays Colombie, Équateur
États Guayas, Tungurahua, El Oro, Los Ríos
Arrestation Arrêté le ; échappé en novembre 1984 et ré-appréhendé le

Daniel Camargo Barbosa né le en Colombie et mort le en Équateur, était un tueur en série psychopathe colombien. On estime qu'il a violé et tué plus de 150 jeunes filles en Colombie et en Équateur entre 1974 et 1986.

Enfance[modifier | modifier le code]

La mère de Camargo est morte quand il était un petit garçon et son père était autoritaire et émotionnellement distant. Il fut élevé par une belle-mère abusive, qui l'a puni et parfois habillé en fille, faisant de lui une victime du ridicule devant ses pairs[1].

Crimes et emprisonnement[modifier | modifier le code]

Camargo a d'abord été arrêté à Bogota le pour vol simple[2].

Camargo était marié avec une femme nommée Alcira et il eut deux enfants avec elle. Il est alors tombé amoureux d'une autre femme, Esperanza, 28 ans[Quand ?], avec laquelle il a planifié de se marier, mais il a alors découvert qu'elle n'était pas vierge. Cela est devenu une racine profonde de fixations pour Camargo, et lui et Esperanza ont formé un accord qu'il resterait avec elle si elle l'aidait à trouver des filles vierges pour satisfaire ses pulsions sexuelles. C'est là qu'a commencé leur partenariat dans le crime. Esperanza servait d’appât aux jeunes filles qu'elle attirait dans un appartement et droguait avec des pilules de sodium de sorte que Camargo pouvait les violer. Camargo commit cinq viols de cette manière, mais n'a tué aucune de ses victimes. La cinquième a signalé le crime, et Camargo et Esperanza ont été arrêtés et incarcérés dans des prisons séparées[1]. Camargo a été reconnu coupable d'agression sexuelle en Colombie, le [3].

Condamné dans un premier temps à trois ans de prison, une peine particulièrement clémente, Camargo est finalement rejugé et condamné à huit ans d'emprisonnement, peine qu'il purge au complet.

En 1973, il est arrêté au Brésil pour défaut de papiers. En raison d'un retard dans l'envoi des dossiers criminels de Camargo depuis la Colombie, il est extradé et libéré sous sa fausse identité[2]. De retour en Colombie, il trouve un emploi de vendeur de rue pour les écrans de télévision Barranquilla. Un jour, en passant par une école, il enlève, viole et tue une fillette de neuf ans afin qu'elle ne puisse pas informer la police comme sa victime précédente. Ce fut son premier assassinat.

Camargo est arrêté le à Barranquilla, en Colombie alors qu'il revient sur la scène du crime pour récupérer les écrans de télévision qu'il avait oublié à côté de la victime. Même si on croit qu'il a violé et tué plus de 80 filles en Colombie, Camargo a été emprisonné en Colombie, après avoir été reconnu coupable d'avoir violé et tué une fillette de neuf ans. Il a d'abord été condamné à 30 ans de prison, mais cette peine a été réduite à 25 ans, et il a été interné dans la prison de l'Île Gorgona, en Colombie[1] le [3].

Évasion vers l'Équateur[modifier | modifier le code]

En novembre 1984 Camargo s'échappe de Gorgona dans un bateau de fortune, après avoir étudié soigneusement les courants océaniques. Les autorités ont supposé qu'il était mort en mer et la presse a rapporté qu'il avait été mangé par les requins[3].

Il est finalement arrivé à Quito, en Équateur. Il a ensuite voyagé en bus à destination de Guayaquil vers le [1]. Le 18 décembre, il a enlevé une fillette de neuf ans, originaire de la ville de Quevedo, dans la province de Los Ríos en Équateur. Le lendemain, une fillette de 10 ans a également disparu.

De 1984 à 1986 Camargo a commis une série d'au moins 54 viols et de meurtres à Guayaquil. La police a d'abord cru que tous les décès étaient l'œuvre d'un gang, ne comprenant pas qu'un homme ait pu tuer autant. Camargo dormait dans la rue et vivait de l'argent qu'il gagnait en revendant des stylos à bille dans les rues. Occasionnellement, il arrondissait ses revenus en vendant des vêtements ou de petits objets de valeur ayant appartenu à ses victimes[3].

Mode opératoire[modifier | modifier le code]

Camargo sélectionnait des jeunes filles impuissantes, jeunes, de classe inférieure en quête de travail et s'approchait d'elles, faisant semblant d'être un étranger qui avait besoin de trouver un pasteur protestant dans une église à la périphérie de la ville. Il leur expliquait qu'il devait livrer une grosse somme d'argent, dont il leur montrait la somme comme preuve, et il leur offrait une récompense si elles l'accompagnaient pour lui montrer le chemin. Il prétendit qu'il était étranger à la région, et faisait allusion à la possibilité pour les filles de trouver un emploi à l'usine. Personne ne se méfiait d'un homme âgé qui était accompagné d'une jeune fille ou d'une jeune femme qui aurait pu être sa petite-fille. Camargo entrait alors dans les bois, prétendant être à la recherche d'un raccourci afin d'éviter les soupçons de ses victimes. Si les filles se méfiaient et se retiraient, il ne les empêchait pas de partir. Camargo violait ses victimes avant de les étrangler, parfois en les poignardant quand elles résistaient. Après la mort de ses victimes, il laissait les corps dans la forêt pour qu'ils soient ramassés par les éboueurs[3].

Arrestation[modifier | modifier le code]

Camargo a été arrêté par deux policiers à Quito le , seulement quelques minutes après qu'il eut assassiné une fillette de 9 ans nommée Elizabeth. Les policiers étaient en patrouille et se sont approchés de lui à la hauteur de l'avenue de Los Granados, trouvant qu'il avait des agissements suspects. Ils ont été surpris de constater qu'il transportait avec lui un sac contenant les vêtements tachés de sang de sa dernière victime, et une copie de Crime et Châtiment de Dostoïevski[1]. Il a été emmené en garde à vue et plus tard à Guayaquil pour identification. Quand il a été arrêté, il a donné un faux nom, Manuel Boulgarine Solis, mais il a été plus tard identifié par une de ses victimes de viol qui s'était échappée[2].

Daniel Camargo avoua très calmement avoir tué 71 jeunes filles en Équateur depuis son évasion de la prison colombienne. Il conduisit les autorités là où les corps de ses victimes n'avaient pas encore été récupérés. Les corps avaient été démembrés. Alors il décrivit aux autorités équatoriennes les emplacements des corps et comment les crimes sadiques avaient été commis, il n'a montré aucun remords. Après avoir violé ses victimes, qu'il avait volées, lacérées et écrasées avec une machette, il donna une explication cynique pour ses choix concernant les enfants. Il les voulait vierges « parce qu'ils pleurent et qu'ils crient », ce qui apparemment lui donnait une plus grande satisfaction.

Selon Camargo, il a tué parce qu'il voulait se venger de l'infidélité de la femme. Il les haïssait pour ne pas être ce que les femmes sont censées être. Ses victimes étaient toutes vierges.

Interview[modifier | modifier le code]

En juin 1986, Francisco Febres Cordero, un journaliste de Hoy (Aujourd'hui), réussit à organiser une entrevue avec Camargo. Il était difficile d'obtenir l'entrevue parce que la police bloquait tous les accès à Camargo et que ce dernier demandait une redevance élevée avant de se laisser interroger. Le journaliste fit semblant de faire partie d'un groupe de psychologues qui ont été autorisés à accéder au prisonnier, lui permettant de poser des questions sans éveiller les soupçons de Camargo.

Ensuite Francisco Febres Cordero le décrivit comme très intelligent, "Il avait réponse à tout et était capable de parler de Dieu et le diable aussi». Lettré, il a cité Hesse, Vargas Llosa, García Márquez, Guimarães Rosa, Nietzsche, Stendhal et Freud, toutes les connaissances qu'il a acquises à partir d'un cours de formation littéraire de son temps en prison sur l'île de Gorgona[1].

Sentence[modifier | modifier le code]

Camargo a été condamné en 1989 à 16 ans de prison, la peine maximale disponible en Équateur. Alors qu'il purgeait sa peine dans la prison Garcia Moreno de Quito, il a prétendu avoir été converti au christianisme. Dans ce pénitencier, il a été emprisonné avec Pedro Alonso Lopez («le Monstre des Andes»), qui est soupçonné d'avoir violé et tué plus de 300 filles en Colombie, en Équateur et au Pérou.

Décès[modifier | modifier le code]

Il a été signalé qu'en , il a été assassiné en prison par Giovan y Arcesio Noguera Jaramillo, le neveu d'une de ses victimes.

Après l'avoir forcé à s'agenouiller, Noguera aurait dit "c'est l'heure de la vengeance", juste avant de le poignarder 8 fois. Il lui aurait également coupé l'oreille, afin de la montrer aux gardes en déclarant qu'il avait vengé sa tante.

Personne n'ayant réclamé le corps de Camargo, il a été ensuite incinéré et enterré dans la fosse commune du cimetière El Batán de Quito.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f (es) « La Infancia y La Virginidad: Dos Vertientes Del Crimen », Hoy, Ecuador,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mars 2010)
  2. a b et c (es) « Cronologia de los Asesinatos de Camargo Barbosa », Hoy, Ecuador,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mars 2010)
  3. a b c d et e (es) Special Envoy Jose Comas, « 'El sádico del Chanquito' », El Pais, Spain,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mars 2010)