Credit Anstalt-Bankverein

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Le Creditanstalt-Bankverein (ex Credit Anstalt) est une ancienne banque autrichienne, qui a fusionnée en 2002 avec la Bank Austria, puis, en 2007, avec UniCredit.

Credit Anstalt (1855-1931)[modifier | modifier le code]

Siège historique de la banque sur la Schottengasse (Vienne).

Fondé le 30 octobre 1855 à Vienne, le Credit Anstalt (de son nom complet, Österreichische Credit-Anstalt für Handel und Gewerbe) devient, avant 1914, le plus important établissement financier de l'Autriche-Hongrie. L'actionnaire principal est le comte Anselm von Rothschild, qui reçoit de l'empereur François-Joseph le privilège de financer le développement des chemins de fer sur le territoire autrohongrois. Peu à peu, le Credit Anstalt devient le premier investisseur industriel et entrepreneurial de l'empire. En 1873, Rothschild recapitalise l'établissement, affaibli par la panique de 1873. En 1909, il fait construire sur la Schottengasse le siège de la banque, un bâtiment en style néoclassique conçu par Ernst Gotthilf et Alexander Neumann. En 1911, le fils d'Anselm, Louis (1882-1955) succède à son père à la tête des actionnaires.

Au début des années 1920, le système bancaire autrichien est en crise : l'État intervient via la Bodencreditanstalt et la Österreichische Postsparkasse pour sauver quelques établissements, tandis que le Credit-Anstalt permet à la Anglo-Österreichische Bank d'éviter la banqueroute. Le Credit Anstalt agit également sur le terrain industriel en favorisant le regroupement d'entreprises proches, donnant naissance à des Konzerns. La crise de 1929 entraine en 1930 un succession de faillites en Autriche. Le 8 mai 1931, le Credit Anstalt se déclare incapable de couvrir les traites de ses clients pour un montant de 140 millions de schillings, et elle se déclare, de facto, en faillite le 11 mai suivant. Cette faillite est jugée inacceptable par l'ensemble de la communuaté financière mondiale — c'est le famaux motto : « Too Big to Fail ». D'une part, le Credit Anstalt possède des participations majoritaires dans la plupart des grosses entreprises autrichiennes, et, d'autre part, elle est présente entre autres en Allemagne, en Angleterre, et aux États-Unis. Le parlement autrichien fait voter en catastrophe la Creditanstalt-Gesetz, une loi financière, qui permet de recapitaliser la banque et de garantir la dette publique autrichienne. L'État injecte 100 millions de schillings, tandis que la Banque nationale autrichienne et la maison Rothschild mettent 30 millions chacun. La nationalisation du Credit Anstalt, un temps proposée par les sociaux-démocrates autrichiens, n'aura pas lieu. En 1934, le Credit Anstalt fusionne avec un groupement de banques régionales, intégrant les activités de la Niederösterreichische Escompte-Gesellschaft, et devient le Österreichische Creditanstalt - Wiener Bankverein[1],[2].

Creditanstalt-Bankverein (1934-2002)[modifier | modifier le code]

En 1938, les nazis poussent Louis von Rothschild à s'expatrier à Londres, mettant un terme définitif à 118 années de management cette famille de financiers. La banque est donc aryanisée, spoliant au passage des centaines d'industriels, d'artisans, de commerçants juifs, puis la Deutsche Bank absorbe les avoirs du Österreichische Creditanstalt - Wiener Bankverein, qui devient en 1939, le Creditanstalt-Bankverein, simple réserve de trésorerie pour le Troisième Reich. Parmi les dirigeants autrichiens, deux ont été des résistants : Franz Josef Messner, qui travailla pour l'agence de renseignement américaine Office of Strategic Services (OSS) — arrêté au printemps 1944, il est assassiné par les nazis le 23 avril 1945 —, et Josef Joham, directeur général, qui signala à l'OSS à partir de septembre 1943 les manipulations financières des sbires de Joseph Goebbels, entre autres.

En 1946, le Creditanstalt-Bankverein est nationalisé conformément à la loi-cadre qui stipule que l'ensemble des avoirs autrichiens passent sous le contrôle de la nation. Cette mesure permet de dénazifier le tissu industriel et financier autrichien et surtout d'éviter un appauvrissement et un effondrement de l'économie. Josef Joham reste au poste de directeur général jusqu'en 1959 et organise entre autres l'indemnisation de l'ensemble des familles spoliées.

La banque retrouve sa fonction originelle, celle d'être un établissement de crédit commercial. Elle se consacre au financement de groupes industriels autrichiens. Ses participations vont dans les principales entreprises autrichiennes, par exemple, Wienerberger, Steyr Daimler Puch AG, Danau Chemie AG, Lenzing AG, Semperit AG et Universale Bau.

Dès 1956, l'État autrichien privatise 40 % de la banque. À partir de 1964, elle élargit ses activités aux services aux particuliers. En 1970, le Creditanstalt-Bankverein devient la première banque autrichienne (CA-BV).

Durant les années 1980, le CA-BV ouvre des filiales à l'étranger. En 1987, la part des pouvoirs publics tombe à 51 % du capital. En 1996, le CA-BV qui a largement profité de l'effondrement du bloc de l'Est, affiche une bonne santé apparente, avec 81 succursales internationales et 255 succursales autrichiennes et plusieurs banques affiliées.

En 1997, après bien des hésitations politiques, le Creditanstalt-Bankverein est privatisé, avec une introduction à la Bourse de Vienne : 69,45 % des droits de vote passent aux mains d'investisseurs actionnaires privés. La Bank Austria est l'actionnaire majoritaire, à hauteur de 17,2 milliards de schillings, soit environ 1,25 milliard d'euros.

En 2001, le CA-BV passe sous le contrôle de la Bayerische Hypo- und Vereinsbank (HVB), laquelle possédait des parts importantes de la Bank Austria, ce qui conduit naturellement à la fusion des deux entités sous le nom de Bank Austria Creditanstalt (BA-CA). En 2005, le groupe bancaire italien UniCredit prend une part majoritaire dans le groupe après avoir racheté HypoVereinsbank. Le 20 septembre 2007, la nouvelle structure prend le nom de UniCredit Bank Austria AG, ce qui signifie que l'existence structurelle du Credit Anstalt s'est terminée après plus de 152 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) [PDF] Banking crises and the international monetary system in the Great Depression and now, par W. Allen & R. Moessner, sur IDEAS.
  2. (en) « Plugging the hole », In: The Economist du 25 novembre 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]