Convoi (transport)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir convoi.
Un convoi de navires marchants protégés par des avions en direction du Cap durant la Seconde Guerre mondiale.

Un convoi est un groupe de véhicules, généralement des voitures ou des navires, voyageant ensemble afin de s'assurer soutien et protection. Généralement, le convoi est organisé avec un soutien armé défensif. Le terme peut être utilisé sans son sens militaire, par exemple, lorsque des véhicules se déplacent dans une région isolée. L'organisation des secours afin d'arriver dans une zone d'urgence majeure de manière coordonnées et permettre l'établissement d'une structure de commande opérationnelle est également un motif d'organisation de convois.

Convoi naval[modifier | modifier le code]

Âge de la navigation à voile[modifier | modifier le code]

Les convois navals sont utilisés depuis des siècles, par exemple pour la protection des navires marchants au XIIe siècle[1]. L'usage de convois navals organisés a débuté lorsque les navires ont été divisés, progressivement, en plusieurs classes spécialisées et lorsque des marines nationales ont été établies[2].

Dès les guerres de la Révolution française, à la fin du XVIIIe siècle, des tactiques efficaces de convois navals avaient été développées pour repousser les pirates et les corsaires. Certains convois contenaient plusieurs centaines de navires marchands. Le système le plus durable et efficace fut celui de la flotte espagnole des Indes qui a été utilisée des années 1520 à 1790.

Lorsque les navires marchants naviguaient seul, un corsaire qui se trouvait sur sa course pouvait le capturer. Les navires se déplaçant en convoi étaient moins susceptible d'être capturé car ils étaient difficile à trouver et l'attaque n'était possible que si les vents étaient favorables. De plus, l'attaque ne permettait pas la capture de suffisamment de biens et la présence de quelques navires de guerre suffisait à repousser l'assaut. Du fait de cette efficacité, les assurances des navires en temps de guerre étaient moins chères pour les bateaux naviguant en convois[2].

Beaucoup de batailles navales durant l'âge de la navigation à voile étaient menées autour de convois, dont :

À la fin des guerres napoléoniennes, la Royal Navy avait mis en place un système sophistiqué de convois pour protéger les navires marchants[2]. Les pertes de navires voyageant hors convoi étaient si importantes qu'aucun navire marchant ne fut autorisé à naviguer sans escorte[1].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, le HMS Dreadnought changea la balance des forces durant les batailles de convois. Se déplaçant plus rapidement que les navires marchants, et tirant à longue portée, un seul cuirassé pouvait détruire plusieurs navires d'un convois avant que les autres ne s'éparpillent à l'horizon. La protection des convois a donc rendu nécessaire l'usage de cuirassés pour contrer les navires du même type, du fait d'un coût d'opportunité élevé.

Les cuirassés étaient la raison pour laquelle l'Amirauté britannique n'avaient pas adoptées de tactiques de convoi au début de la première bataille de l'Atlantique de la Première Guerre mondiale. Cependant, la première menace au transport maritime était les U-Boots. D'un point de vue tactique, les sous-marins de la Première Guerre mondiale se comportaient de manière similaire aux corsaires, c'est-à-dire qu'ils étaient à peine plus rapides que les navires marchants qu'ils attaquaient et n'étaient capables de couler qu'un petit nombre de navires durant un convoi du fait de leur réserve limitée de torpilles et de carburant. L'Amirauté prit du temps à répondre à ce changement de position tactique et, en avril 1917, des convois furent testés avant d'être officiellement réintroduits dans l'Atlantique en septembre 1917. D'autres arguments contre les convois furent alors soulevés. Le premier concernait une perte de productivité car tous les navires marchants devaient voyager à la vitesse du navire le plus lent du convoi et dépensaient beaucoup de temps à attendre dans le port le départ du convoi. De plus, de grands convois surchargeaient les capacités des ports. Les analyses actuelles des pertes durant la Première Guerre mondiale rejettent ces arguments, du moins lorsqu'ils sont appliqués aux transports transatlantiques et aux échanges longues distances. Les navires voyageant en convoi étaient moins susceptibles d'être coulés et même lorsqu'ils ne bénéficiaient pas d'escorte militaire. La perte de productivité du fait des délais créés par le convoi était faible en comparaison de la perte de productivité causée par le coulage d'un navire. Enfin, les ports pouvaient facilement gérer les convois car ceux-ci étaient prévus et arrivaient généralement à l'heure, permettant ainsi de prévoir les espaces de chargement et de déchargement.

Dans son ouvrage On the Psychology of Military Incompetence, Norman Dixon suggéra que l'hostilité de la marine envers les convois avait pour principale raison la perception (subconsciente) d'un caractère efféminé puisque les navires de guerre devaient protéger les navires marchants civils[3].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Routes des convois en 1941.

Atlantique[modifier | modifier le code]

Les Britanniques adoptèrent un système de convoi, à l'origine volontaire puis obligatoire, pour la tous les navires marchants au début de la Seconde Guerre mondiale. Chaque convoi se composait de trente à soixante-dix navires marchants non armés[4]. Les ressources canadiennes et américaines étaient vitales pour l'effort de guerre britannique. La bataille de l'Atlantique était une lutte acharnée entre les Allemands, qui avaient développé d'importantes tactiques anti-convoi, et les Alliés, qui avaient développé des contre-tactiques visant à les repousser.

La capacité des navires de guerre lourdement armé contre un convoi a été dramatiquement illustré par le convoi HX 84. Le 5 novembre 1940, le croiseur lourd allemand Admiral Scheer rencontra le convoi et coula le Maiden, le Trewellard, le Kenbame Head, le Beaverford, et le Fresno tandis que d'autres navires furent endommagés. Seul le sacrifice du croiseur marchant armé Jervis Bay et la tombée de la nuit permis au reste du convoi de s'échapper.

L'aspect dissuasif des navires de combat dans la protection des convois fut aussi illustré quand les croiseurs de bataille allemands Scharnhorst et Gneisenau, ayant des canons 28 cm, croisèrent un convoi britannique le 8 février 1941. Le convoi (HX 106), composé de 41 navires, se trouvait dans l'Atlantique nord et se dirigeait vers l'est. Quand les Allemands détectèrent le HMS Ramillies (07) se déplaçant lentement mais bien protégé, ils s'éloignèrent du fait des dommages qu'ils auraient eu.

Le nombre important de navires impliqués et la fréquence des engagements impliquaient que des techniques statistiques pouvaient être utilisées pour évaluer les différentes tactiques (recherche opérationnelle).

Avant de s'engager dans la guerre, les États-Unis s'étaient activement engagé dans des convois avec les Britanniques au nord de l'océan Atlantique, principalement afin de soutenir les activités britanniques en Islande. Ceci fut discuté dans les travaux de 1944 de John T. Flynn The Truth About Pearl Harbor[5].

Après que l'Allemagne ait déclaré la guerre aux États-Unis, la marine américaine décida de ne pas préparer de convois sur la façade maritime est des États-Unis. L'amiral américain Ernest King ignora les recommandations britanniques à ce sujet car il avait une mauvaise opinion de la Royal Navy. En conséquence, l'opération Paukenschlag fut lancée, qualifiée de « saison de chasse américaine », et ne prit fin qu'à l'introduction des convois[2].

Arctique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Convois de l'Arctique.

Parmi les batailles notables durant des convois de l'Arctique se trouvent :

Le préfixe du convoi indique sa route, ainsi « PQ » désigne un convoi entre l'Islande et le nord de la Russie tandis que « QP » désigne le chemin inverse.

Pacifique[modifier | modifier le code]

Tactiques[modifier | modifier le code]

Batailles notables durant des convois[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs batailles ont eu lieu durant des convois, notamment :

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

Un navire de guerre américain escorte le Gas King en 1987.

Le plus grand convoi depuis la Seconde Guerre mondiale fut l'Opération Earnest Will durant la guerre Iran-Irak. Pendant ce conflit, en 1987 et 1988, la marine américaine escorta des navires-citernes Koweïti dans le golfe Persique.

Depuis 2008, l'Opération Atalante de l'Union européenne, mais aussi d'autres pays, ont mené une action concertée face à la montée de la piraterie au large des côtes de Somalie afin d'empêcher la capture de navires de transports civils non armés qui auraient été des cibles faciles s'ils avaient voyagé seuls[6].

Convoi automobile[modifier | modifier le code]

Convoi ferroviaire[modifier | modifier le code]

Convoi aérien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pont aérien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) The Oxford Companion to Ships and the Sea, Oxford, Oxford University Press, coll. « Oxford Reference Online », (ISBN 978-0-1992-0568-4, lire en ligne), « Convoy »
  2. a, b, c et d Robb-Webb 2001
  3. Dixon 1976, p. 210–211
  4. (en) Convoy - History TV (voir archive)
  5. (en) John T. Flynn on Roosevelt and Pearl Harbor - Laurence M. Vance, LewRockwell.com, 7 décembre 2009
  6. (en) About us - European Union Naval Force (Eunavfor), Operation Atalanta

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jon Robb-Webb, The Oxford Companion to Military History, Oxford, Richard Holmes, Oxford University Press, coll. « Oxford Reference Online », (lire en ligne), « Convoy ». 
  • Norman F. Dixon, On the Psychology of Military Incompetence, Jonathan Cape Ltd, .