Conticribra weissflogii

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Conticribra weissflogii
Description de l'image Defaut 2.svg.
Classification selon AlgaeBase
Domaine Eukaryota
Règne Chromista
Embranchement Bacillariophyta
Sous-embr. Bacillariophytina
Classe Mediophyceae
Sous-classe Thalassiosirophycidae
Ordre Thalassiosirales
Famille Thalassiosiraceae
Genre Conticribra

Nom binominal

Conticribra weissflogii
(Grunow) Stachura-Suchoples & D.M.Williams, 2009[1]

Synonymes

  • Coscinodiscus fluviatilis (F.Hustedt) Cleve-Euler, 1951[2]
  • Dimorphococcus fritschii Crow, 1923[2]
  • Eupodiscus weissflogii (Grunow) De Toni, 1894[2]
  • Eupodiscus weissflogii Grunow, 1882-1885[2]
  • Micropodiscus weissflogii Grunow, 1882[2]
  • Micropodiscus weissflogii Grunow, 1885[2]
  • Thalassiosira fluviatilis Hustedt, 1926[2]
  • Thalassiosira weissflogii (Grunow) G.A.Fryxell & Hasle, 1977[2]

Conticribra weissflogii, aussi connue sous le synonyme Thalassiosira weissflogii[1], est une espèce de diatomées, des microalgues unicellulaires, présentes en milieu marin ainsi que dans les eaux intérieurs de diverses régions du monde. Il s'agit en fait d'un complexe d'espèces constitué de plusieurs populations génétiques mises en évidence par leur ADN ribosomique. On a ainsi pu mettre en évidence une divergence entre un clade de l'océan Atlantique et de Californie d'une part et un clade de Hawaii et d'Indonésie d'autre part, ce dernier étant lui-même considéré comme formé de deux espèces biologiques différentes, l'une de Hawaii et l'autre de l'archipel indonésien[3].

Conticribra weissflogii n'est pas toxique mais est parfois associée à d'autres microalgues provoquant des efflorescences algales. Elle se présente comme un cylindre court dont le diamètre varie de 4 à 32 μm. Elle tend à grossir en hiver pour atteindre un diamètre typique d'environ 15 μm contre seulement 5 μm en hiver. On la trouve aussi bien isolée qu'en groupes, et elle peut être enveloppée dans une matrice gélatineuse. Elle est entourée d'une paroi cellulaire siliceuse enveloppée dans deux frustules ou valves, une grande épivalve et une petite hypovalve. Son origine géographique n'est pas claire, car on la trouve aussi bien en milieu marin qu'en eau douce et en eau saumâtre. Elle semble se développer préférentiellement en présence d'une forte salinité[4]. On la trouve dans les eaux côtières de l'océan Atlantique et de l'océan Pacifique ainsi que dans les rivières et les lacs d'Europe, d'Asie et d'Amérique, y compris dans les Grands Lacs, où l'on pense qu'elle a été introduite par l'eau des ballasts.

Elle est très tolérante aux eaux de mauvaise qualité. Elle se développe dans les milieux ayant une concentration élevée en dioxyde de carbone[5], en chlore, en cadmium[6] ainsi qu'à pH élevé. Sa croissance peut être limitée par une faible disponibilité en fer, en nickel, en zinc, en azote et en silicium. Le cadmium non seulement n'est pas toxique pour la cellule, mais peut lui être utile, par exemple en cas de carence en zinc par l'utilisation d'une anhydrase carbonique particulière utilisant du cadmium et non du zinc comme cofacteur[7].

La reproduction de Conticribra weissflogii peut être sexuée ou asexuée. La phase de multiplication asexuée implique la division de la cellule, chaque nouvel individu recevant l'une des deux valves. cela signifie que les cellules filles sont de taille différente et inférieure à celle de la cellule mère. Les grandes cellules peuvent également se reproduire par voie sexuée, événement déclenché par des stimuli extérieurs tels qu'une variation de la luminosité, de la température ou de la durée du jour[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b AlgaeBase, consulté le 27 août 2017
  2. a b c d e f g et h World Register of Marine Species, consulté le 27 août 2017
  3. (en) Ulf Sorhannus, Joseph D. Ortiz, Matthias Wolf et Martin G. Fox, « Microevolution and Speciation in Thalassiosira weissflogii (Bacillariophyta) », Protist, vol. 161, no 2,‎ , p. 237-249 (PMID 20018562, DOI 10.1016/j.protis.2009.10.003, lire en ligne)
  4. (en) Engel Vrieling, Liesbeth Poort, Theo Beelen et Winfried Gieskes, « Growth and silica content of the diatoms Thalassiosira weissflogii and Navicula salinarum at different salinities and enrichments with aluminium », European Journal of Phycology, vol. 34, no 3,‎ , p. 307-316 (DOI 10.1080/09670269910001736362, lire en ligne)
  5. (en) Yuzaburo Ishida, Norihiro Hiragushi, Hirotaka Kitaguchi, Atsushi Mitsutani, Satoshi Nagai et Minoru Yoshimura, « A highly CO2-tolerant diatom, Thalassiosira weissflogii H1, enriched from coastal sea, and its fatty acid composition », Fisheries Science, vol. 66, no 4,‎ , p. 655-659 (DOI 10.1046/j.1444-2906.2000.00105.x, lire en ligne)
  6. (en) Jennifer G. Lee, Samantha B. Roberts et François M. M. Morel, « Cadmium: A nutrient for the marine diatom Thalassiosira weissflogii », Limnology and Oceanography, vol. 40, no 6,‎ , p. 1056-1063 (lire en ligne)
  7. (en) Todd W. Lane, Mak A. Saito, Graham N. George, Ingrid J. Pickering, Roger C. Prince et François M. M. Morel, « Biochemistry: A cadmium enzyme from a marine diatom », Nature, vol. 435, no 7038,‎ , p. 42 (PMID 15875011, DOI 10.1038/435042a, lire en ligne)
  8. (en) E. Virginia Armbrust, « Identification of a New Gene Family Expressed during the Onset of Sexual Reproduction in the Centric Diatom Thalassiosira weissflogii », Applied and Environmental Microbiology, vol. 65, no 7,‎ , p. 3121-3128 (PMID 10388712, PMCID 91465, lire en ligne)

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Conticribra weissflogii[modifier | modifier le code]

Thalassiosira weissflogii[modifier | modifier le code]