Affaire du Combinatie

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Le Combinatie est un cargo néerlandais qui fut au centre de l'affaire du Combinatie, acte central du milieu criminel français des années 1950.

L'affaire du Combinatie[modifier | modifier le code]

Le 4 octobre 1952, le Combinatie quitte Tanger bourré de 2 700 caisses de cigarettes de contrebande. Il est commandé par Placido Pedemonte, trafiquant expérimenté de cigarettes. Il doit se laisser aborder et piller par de faux pirates afin d'obtenir le remboursement de sa cargaison par les assurances. Il s'agit de toucher un double bénéfice : la prime d'assurance et le bénéfice de la vente des cigarettes détournées.

Pendant la nuit, une vedette, l'Esme, commandée par Eliott Forrest, s'approche des flancs du Combinatie. Cagoulés et armés, les hommes de Forrest abordent et pillent le cargo néerlandais.

Mais, la tempête fait rage et il n'est pas possible de livrer les caisses détournées sur l'île de Riou, près de Marseille. Sur les conseils de Dominique Venturi, dit Nick Venturi, frère de Jean Venturi, le bateau fait route vers la Corse et la baie d'Ajaccio où les caisses seront débarquées et cachées. L'opération est gérée par Antoine Paolini, dit « Planche » et Jean Colonna, dit « Jean-Jean », futur maire de Pila-Canale en Corse-du-Sud et oncle de Jean-Jé Colonna.

Le capitaine de l'Esme est trop bavard et parle. Placido Pedemonte, le capitaine du Combinatie, de retour à Tanger, accuse Eliott Forrest et ses complices de l'escroquerie. Des enquêtes judiciaires sont ouvertes. Les soupçons se portent vers l'équipe Renucci, dont Nick Venturi et Marcel Francisci. Les frères Guérini recommandent de ne pas écouler les cigarettes détournées, mais tout le monde n'est pas de cet avis, comme Antoine Paolini.

La guerre du Combinatie[modifier | modifier le code]

Antoine Paolini décide de dérober une partie des caisses de cigarettes cachées en Corse pour les revendre rapidement. Jo Renucci, les Guérini, Jean Colonna sont en colère. Jean Colonna gifle un homme de Paolini, qui décide de lancer une vendetta démesurée contre le bloc Francisci-Renucci, Venturi-Colonna.

Le 15 juillet 1955, Jean Colonna, l'oncle de Jean-Jé Colonna, reçoit une rafale d'arme automatique à Ajaccio et doit être amputé des deux jambes : pour échapper aux tueurs, il s'est réfugié sous une voiture dont seules ses jambes dépassaient ! Quelques jours plus tard, à Marseille, Antoine Paolini échappe de peu à la mort au volant de sa voiture. Le lendemain, son propre cousin est abattu en Corse dans sa voiture.

Le 16 avril 1955, un ami de Nick Venturi est blessé à Marseille. Le 11 juin 1955, c'est au tour d'un ami de Paolini, connu sous le surnom « l'Olive », d'être mortellement blessé.

Le 18 juillet 1955, le frère de Jean Colonna est abattu froidement, sous les yeux de son fils Jean-Jé, par des tueurs déguisés en touristes agissant pour le compte de Planche. Jean-Jé restera très marqué par cette terrible vendetta et consacrera une partie de sa vie à venger son père.

Le 27 août 1955, François, un ami de Paolini, tombe sous les balles à la terrasse du bar Le Sporting, sur le cours Napoléon d'Ajaccio. Le 6 septembre 1955, ce sont les frères de François, Jean et Philippe, qui sont abattus par des tueurs.

Le 4 novembre 1955, alors qu'il se trouve dans le quartier du Panier, à Marseille, Antoine Paolini est entraîné sous un prétexte le long du cimetière Saint-Julien par deux de ses lieutenants « Sandre » et « Méu » qui l'abattent, retournés par la partie adverse. « Sandre » et « Méu » se distingueront quelques années plus tard au sein du gang des blouses grises.

Antoine Paolini disparu, un de ses lieutenants indique aux policiers les caches des cigarettes. Les frères Guérini, qui ont soutenu le clan de Jo Renucci, menacent l'indicateur de mort. La vendetta se poursuit : Muziotti, Lorenzi, Caselli…

Finalement, la vendetta du Combinatie a fait près de 30 victimes et a duré approximativement 20 ans. Elle fut un acte structurant du puissant milieu corse en plaçant ses vainqueurs, les Venturi, les Francisci et les Guérini, au centre des milieux marseillais et parisiens. Ils purent ainsi jouer un rôle de premier plan du gigantesque réseau de trafic d'héroïne s'étendant de la Turquie aux États-Unis appelé… la French Connection.

Articles connexes[modifier | modifier le code]