Collégiale de la Nativité de Notre-Dame de Wiślica

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Église collégiale à Wiślica.
L'église de Wiślica à la fin du XIXe siècle.

La collégiale de la Nativité de Notre-Dame de Wiślica (Nom complet : collégiale de la Nativité de la Sainte Vierge Marie de Wiślica, polonais : Bazylika kolegiacka Narodzenia Najświętszej Marii Panny w Wiślicy) est une église gothique, bâtie en 1350 à Wiślica dans le sud de la Pologne, durant le règne du roi Casimir III de Pologne[1]. Elle a été bâtie sur les fondations de deux précédentes églises romanes, dont certains restes sont encore visibles dans la crypte[2].

Depuis le 8 septembre 2005, elle a été reconnue comme basilique mineure[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Collégiale romane[modifier | modifier le code]

La construction de la première église romane à Wiślica, un des plus gros centres administratif du sud de la Pologne du haut Moyen Âge, a été à l’initiative du prince Henri de Sandomierz au milieu du XIIe siècle, et a été achevée par son frère, Casimir II le Juste durant la seconde partie du XIIe siècle. Après achèvement, il s’agissait d’un petit bâtiment comprenant une seule nef, avec une petite abside. Dans la partie occidentale de la nef se trouvait une tribune surélevée pour les chœurs, et, sous le presbytère, se trouvait une crypte, dont les restes existent toujours. La crypte était soutenue par quatre colonnes.

Au début du XIIe siècle, une plus grande église, dédiée à la Sainte Trinité, a été construite. Elle était constituée de trois nefs, les deux extérieures étant constituées de chapelles. La voûte était supportée par deux piliers, et il y avait deux tours sur la façade ouest. Il est probable que depuis le milieu du XIIe siècle, cette église ait été le centre d’un Chapitre contrôlé par l’évêché de Cracovie. Les derniers documents confirmant l’existence de ce chapitre remontent au milieu du XIIIe siècle.

Collégiale gothique[modifier | modifier le code]

La troisième et actuelle église a été construite pour le roi Casimir III. C’était une des quelques églises construites par ce roi pour expier l’assassinat du vicaire de la Cathédrale du Wawel, Marcin Baryczka. La collégiale a été endommagée et réparée à plusieurs reprises. En 1598, son toit et son horloge ont été remplacés, des confessionnaux ajoutés. La sculpture de la Madone a été également remplacée. En 1678, L’église a été réaménagée pour 6000 zlotys. Quatre ans plus tard, une averse de grêle détruisit le toit.


Après la partition de la Pologne à la fin du XVIIIe siècle, Wiślica devint une partie de l’empire austro-hongrois. Après les guerres napoléoniennes, elle a été annexée par l’empire russe jusqu’à la Première Guerre mondiale.

En 1915, l’église a été sérieusement endommagée par des tirs d’artillerie autrichiens durant des escarmouches avec l’armée russe. La façade ouest a été détruite, ainsi que les deux tours du XIIIe siècle. Après la guerre, lorsque la Pologne redevint un État indépendant, les dommages furent réparés avec l’aide du Professeur Adolf Szyszko-Bohusz, un architecte renommé de l’université Jagellone de Cracovie. Le 7 septembre 1924, l’église a été de nouveau consacrée collégiale, statut qu’elle avait perdu en 1819.

Architecture[modifier | modifier le code]

L’église est faite en pierres de taille, à l’exception de la façade ouest qui a été détruite en 1915 et reconstruite en briques. Sur le mur nord, une annexe, la sacristie, a été bâtie durant la seconde moitié du XVIIe siècle. Dans l’antichambre, il y a un portail remarquable, et la porte intérieure est décorée avec une rosette du XVe siècle. Sur le portail, un haut-relief représente le roi Casimir III et Jan Bodzanta, évêque de Cracovie. Il a été créé en 1464, à l’initiative de Jan Długosz, alors chanoine de Wiślica. Le portail nord a été bâti durant la seconde moitié du XIVe siècle, décoré par plusieurs aigles et armoiries des provinces polonaises. Près de ce portail, il existe une fenêtre masquée de laquelle, selon la légende, auraient été annoncés les statuts de Wiślica en 1347. La voûte dans la nef est partiellement armée, et supportée par trois piliers. En certains endroits de la voûte, les armoiries des parties du royaume de Pologne contemporaines au roi Casimir III sont représentées : La grande Pologne, la Ruthénie, le duché de Sieradz ainsi que ceux de Leczyca et de Dobrzyń. Il y a aussi des symboles religieux, ainsi que le visage de Jésus. Dans le presbytère, il existe des restes de quelques peintures murales post-byzantines peintes entre 1397 et 1400 par Maitre Hail, un peintre orthodoxe originaire de Przemyśl[4]. Sur l’autel, il y a une sculpture de la Madone de Łokietek, datée du XIVe siècle[5].

Selon la légende, le roi Wladyslaw le Bref pria en cette église pour l’unité de la Pologne. Hedwige, reine de Pologne et sainte patronne de la nation polonaise a aussi, suivant la légende, prié en cette église avec son mari Ladislas II Jagellon. Dans la crypte de l’église, on peut voir un sol unique de style roman, avec différentes personnes et animaux gravés. Le sol, qui mesure 4 mètres de long pour 2,5 mètres de large est daté de 1170 et a été découvert en 1959. Il existe un petit musée à côté de l’église, qui raconte l’histoire de Wiślica comme part importante de l’histoire médiévale de la Pologne[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Collegiate church in Wiślica » (voir la liste des auteurs).

  1. Webpage of Wislica
  2. The oldest traces of writing, professor Andrzej Buko
  3. Poland national travel portal
  4. Encyclopedia of Ukraine
  5. Nicola Coldstream, Medieval Architecture, p. 196
  6. New York Times, After Reaching Outward, Poland Looks Back to Its Roots

Sources bibliographiques complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Michal Jurecki, Ponidzie. W świętokrzyskim stepie, Kraków 2004, (ISBN 83-89676-16-8)
  • Bazylika Mniejsza pw. Narodzenia NMP w Wiślicy, Kielce 2005, (ISBN 83-7442-259-9)
  • Szymon Wrzesiński - Sandomierski Desperado [w:] Focus Historia, nr 3, 2007, s. 4-9
  • Chrzanowski Tadeusz, Sztuka w Polsce Piastów i Jagiellonów, Warszawa: Wydawnictwo Naukowe PWN, 1993, (ISBN 83-01-11171-2).
  • Historia sztuki polskiej, t.I: Sztuka Średniowieczna, Kraków: Wydawnictwo Literackie, 1965.
  • Mroczko Teresa, Polska sztuka przedromańska i romańska, Warszawa: Wydawnictwa Artystyczne i Filmowe, 1988, (ISBN 83-221-0307-7).

Liens externes[modifier | modifier le code]