Codariocalyx motorius

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Codariocalyx motorium (synonyme : Desmodium gyrans), le sainfoin oscillant, est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Fabaceae, sous-famille des Faboideae, originaire d'Asie du Sud.

Description[modifier | modifier le code]

Ce sont des arbrisseaux, à petites fleurs roses, poussant naturellement dans toute l'Asie tropicale ; cette plante herbacée aux tiges simples et rectilignes érigées peut atteindre plusieurs mètres de haut dans ces pays chauds et humides ; cultivée en pot, sa taille moyenne varie de 40 à 70 cm de haut[2],[3].

Les feuilles opposées, de couleur vert tendre puis plus foncées en vieillissant, sont composées de trois folioles (deux petites au début du pétiole et une principale d'environ 5 à 7 cm en extrémité). Ces folioles sont plutôt étroites et oblongues avec les nervures apparentes et légèrement velues sur leur face inférieure[2],[3].

Les fleurs, petites et de couleur rose foncé à violacé, sont regroupées en panicule et apparaissent d'août à octobre. Elles donnent des fruits secs, gousses longues et poilues d'environ 3 à 4 cm sur 0,5 cm contenant les graines[2],[3].

La danse[modifier | modifier le code]

Illustration (1891) d'une branche de Codariocalyx motorius le jour (à gauche) et la nuit.

Cette plante est originaire du Bengale où l'on dit qu'elle « fait danser ses feuilles comme des serpents ». D'ailleurs, elle est connue sous les noms de sainfoin oscillant, plante sémaphore, plante qui danse ou encore plante télégraphe[2],[4],[5].

En effet, des trois folioles qui composent chaque feuille, les deux petites, en position latérale à la base de la plus grande, sont les seules munies de pulvinus qui induisent la rotation des folioles environ toutes les deux minutes, en alternant le sens de rotation à chaque fois. Contrairement aux autres espèces de plantes sensitives comme Mimosa pudica, la réaction des folioles n'est pas défensive mais une stratégie pour capter le plus de lumière solaire possible[4],[6],[3].

Ces pulvinus sont photosensibles (sensibles à la lumière) ; ils le seraient même suffisamment pour que la vitesse de rotation varie selon que le ciel est clair ou couvert[7]. Ainsi, chaque grande foliole peut s'orienter, selon le même mécanisme qu'une fleur de tournesol[réf. nécessaire], pour recevoir le plus de lumière possible, par turgescence de certaines cellules situées à leur attache sur le pétiole[2],[5],[3].

Les folioles de la base se déplacent continuellement le long d'un trajet elliptique afin d'évaluer l'intensité de la lumière du Soleil, ce qui permet à la plante de diriger la grande feuille dans la zone recevant la plus grande intensité lumineuse[4]. Les folioles de la base bougent suffisamment rapidement pour être visible à l'œil ; ce mouvement est d'autant plus rapide qu'il fait chaud et que la lumière est forte. Le déplacement complet des petites folioles dure en moyenne 1 à 3 minutes[2],[6],[3].

Il a été mis en évidence que ces mouvements peuvent également être déclenchés par certains sons[2],[8],[9],[5],[6],[3] ; la plante y a gagné une nouvelle dénomination vernaculaire de plante dansante.

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Codariocalyx gyrans (L. f.) Hassk.[10]
  • Desmodium gyrans (préféré par BioLib)[11]
  • Desmodium gyrans (L. f.) DC.[10]
  • Desmodium motorium (Houtt.) Merr.[10]
  • Hedysarum gyrans L. f.[10]
  • Hedysarum motorium Houtt.[10]
  • Meibomia gyrans (L. f.) Kuntze[10]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tropicos, consulté le 21 octobre 2018
  2. a b c d e f et g « Desmodium gyrans », sur jardinage.ooreka.fr (consulté le 10 février 2019)
  3. a b c d e f et g (en) P.Nagendra Prasad, V.N.Meena Devi, L.Arul Mary Syndia, M. Rajakohila, V.N. Ariharan, « ETHNOBOTANICAL STUDIES ON THOZHUKANNI AND AZHUKANNI AMONG THE KANIKKARS OF SOUTH INDIA Review Article », sur studylib.net, (consulté le 10 février 2019)
  4. a b et c Lucas Heitz, « Codariocalyx motorius, une plante extraordinaire ! », sur alsagarden.com, (consulté le 10 février 2019)
  5. a b et c « Desmodium gyrans (la plante qui danse) », sur promessedefleurs.com (consulté le 10 février 2019)
  6. a b et c (en) Gloria Marino, « BLOOM OF THE WEEK - THE TELEGRAPH PLANT », sur nature.berkeley.edu, (consulté le 13 février 2019)
  7. Voir Pelt Jean-Marie. Les langages secrets de la nature - la communication chez les animaux et les plantes. Ed. Fayard, Livre de Poche n° 144435, 1996. Chapitre 12 Des plantes mobiles, pp. 153-154.
  8. « Ça vaut le coup d'œil », Science et vie junior, no 332,‎ , p. 26
  9. Francis Hallé, Éliane Patriarca, Atlas de botanique poétique, Arthaud, , 128 p.
    page 66
  10. a b c d e et f GRIN, consulté le 21 octobre 2018
  11. BioLib, consulté le 21 octobre 2018

Liens externes[modifier | modifier le code]

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