Clara Immerwahr

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Clara Immerwahr
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Clara Immerwahr (1870-1915)

Naissance
Polkendorf (en) près de Breslau,Drapeau de la Prusse province de Silésie
Décès (à 44 ans)
Drapeau de l'Allemagne Allemagne Berlin-Dahlem,
Domicile Allemagne
Nationalité (de)
Champs Chimie
Diplôme Université de Breslau
Directeur de thèse Richard Abegg

Clara Immerwahr ( - ) est une chimiste allemande. Son mari est le chimiste Fritz Haber.

Biographie[modifier | modifier le code]

Clara Immerwahr obtient à l'université de Breslau un doctorat en chimie. C'est la première femme à obtenir ce diplôme dans cette université[1].

Issue d'une famille juive, elle se convertit au christianisme en 1897[2],[3]. Immerwahr se marie avec Haber en 1901.

À cause de la pression sociale faisant de la maison la place de la femme, elle a du mal à mener des recherches. Elle contribue donc sans reconnaissance aux travaux de son mari, traduisant ses articles en anglais.

Elle donne naissance en 1902 à Hermann Haber (1902-1946), le seul enfant de ce mariage.

Se confiant à un ami, Immerwahr déplore son rôle subalterne :

« Ma position a toujours été qu'une vie mérite d'être vécue si on exploite à fond ses talents et qu'on essaye de vivre toutes les expériences que la vie humaine peut offrir. C'est sur cette impulsion, entre autres raisons, que j'ai décidé de me marier à ce moment […] et la principale raison à cela est la manière oppressive de Fritz de se mettre en premier à la maison et dans le mariage, de sorte qu'une personnalité moins impitoyablement affirmée aurait été tout simplement détruite[1],[4]. »

Durant la Première Guerre mondiale, Haber devient un fervent partisan de l'effort militaire allemand et joue un rôle important dans le développement des armes chimiques (en particulier les gaz toxiques). Ses efforts aboutissent à ce qu'il supervise la première attaque au gaz de l'histoire militaire en Flandres le 22 avril 1915. Haber retourne ensuite à Berlin.

Peu après le retour d'Haber, Immerwahr lui prend son pistolet et se tire dans la poitrine. Elle meurt dans les bras de son fils. Le lendemain de sa mort, Haber quitte immédiatement le domicile pour mettre en place la première attaque au gaz contre les Russes sur le Front de l'Est[5],[6]. Son suicide reste largement dans le noir ; aucun journal n'en parle et il semble qu'aucune autopsie n'a été faite. Le manque de documentation sur sa mort a créé de nombreuses controverses sur ses raisons. En fait il semblerait que la situation sentimentale du couple ait joué un rôle non négligeable dans son suicide (Fritz Haber entretenait une liaison avec sa secrétaire Charlotte Nathan, ce qui a beaucoup affecté Clara Immerwahr [7]).

La tombe de Fritz Haber et Clara Haber (née Immerwahr) au cimetière Hörnli de Bâle, Suisse.

Fritz Haber fuira plus tard l'Allemagne nazie et mourra à Bâle, Suisse, en 1934. Ses cendres et celles de Clara seront enterrées ensemble dans un cimetière de Bâle[4]. Par la suite, leur fils Hermann Haber émigre aux États-Unis où il se suicide en 1946[4]

La "Technischen Universität" de Berlin a fondé en 2012 un prix Clara Immerwahr de 15 000 Euro récompensant des recherches sur la catalyse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) John Cornwell, Hitler's Scientists, Science, War and the Devil's Pact, Penguin Press,‎ (ISBN 0-14-200480-4), p. 49
  2. http://blogs.smithsonianmag.com/history/tag/clara-immerwahr/
  3. [1]
  4. a, b et c (en) Dietrich Stoltzenberg, Fritz Haber: Chemiker, Nobelpreisträger, Deutscher, Jude: eine Biographie, Weinheim,‎
  5. (en) John Cornwell, Hitler's Scientists, Science, War and the Devil's Pact, Penguin Press,‎ (ISBN 0-14-200480-4), p. 65
  6. (en) Dietrich Stoltzenberg, Fritz Haber: Chemiker, Nobelpreisträger, Deutscher, Jude: eine Biographie, Weinheim,‎ , p. 356
  7. Olivier Lepick, La grande guerre chimique, PUF,‎

Articles externes[modifier | modifier le code]