Charles Humbert (homme politique)

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Charles Humbert
Charles Humbert en 1913.
Charles Humbert en 1913.
Fonctions
Député
1906 - 1908
Sénateur
1908 - 1920
Gouvernement IIIe République
Biographie
Date de naissance
Date de décès
Résidence Meuse

Charles Humbert, né le à Loison (Meuse) et mort le à Paris, est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils naturel d'une domestique, Marie Clémentine Duchet née à Loison (55) en 1846, il est déclaré à l'état-civil sous le nom de sa mère : Duchet. Puis celle-ci épouse le 13 octobre 1868 Casimir Humbert, né à Fresnes-au-Mont (55), gendarme, (1843-1869) qui décède l'année suivante à Paris. Son acte de naissance mentionne le nom DUCHET- HUMBERT. (cf. Archives départementales de la Meuse 2 E 307)

Militaire de carrière, percepteur, journaliste, il est titulaire de la Légion d'honneur et député de la Meuse du 6 mai 1906 au 30 janvier 1908. Sénateur de la IIIe République de 19 janvier 1908 au 10 janvier 1920, il est vice-président de la commission sénatoriale des armées très actif pendant la Première Guerre mondiale. Il a écrit plusieurs ouvrages traitant de thèmes militaires y dénonçant le manque de moyens ainsi qu'un ouvrage sur les colonies françaises. Un hymne de guerre "des canons, des munitions" lui est dédié[1].

Après avoir quitté l'armée en 1902, Charles Humbert est entré au Matin comme journaliste en 1904. Le Matin est la propriété de M. Buneau-Varilla, homme influent et ami de Raymond Poincaré. Humbert rompt avec Buneau-Varilla en 1906. Il collabore au Journal en 1907 et en devient le directeur politique en 1911. En 1913 Charles Humbert sert d'intermédiaire auprès de la famille Letellier pour l'achat du Journal pour 2 millions de francs. L'opération est reportée et le Journal périclite. En mai 1915, l'annonce de la mise en vente du Journal est faite et Humbert y mène sa campagne "des canons, des munitions". Les difficultés du Journal contraignent Humbert à chercher des investisseurs; il trouve Guillaume Desouches et Pierre Lenoir. L'achat du quotidien se fait et Charles Humbert garde la direction politique du Journal. Malheureusement il s'avère que Lenoir est un prête-nom masquant des investissements allemands. Humbert doit rembourser leurs avances et cherche un nouvel investisseur. Il prévient Poincaré de ses problèmes. C'est à ce moment qu'intervient Bolo Pacha qui verse les fonds nécessaires, qui s'avèreront d'origine douteuse également.[2]

Son testament politique est Chacun son tour (1925), livre relatant ses déboires avec Raymond Poincaré notamment et racontant sa version de l'affaire Le Journal (Bolo Pacha et Pierre Lenoir). En effet, le 18 février 1918, Charles Humbert est arrêté dans son château de Mesnil-Guillaume, près de Lisieux pour intelligence avec l'ennemi. Il aurait racheté Le Journal avec de l'argent allemand. Il sera acquitté, les coaccusés seront condamnés à mort et exécutés.

En garnison à Dieppe, comme sous-lieutenant au 119e régiment d'infanterie, il épousa en 1892 l'écrivaine anglaise Mabel Wells Annie Rooke née Drew[3]. Il eut un garçon, Charles William et une fille Agnès[4] qui s'illustrera pendant la seconde guerre mondiale dans la Résistance en créant le premier réseau de résistant dans la France occupée, le réseau du Musée de l'Homme. Divorcé, il épouse en secondes noces en 1908 Madame Marie Lévyllier née Nathan (1872-1920), d'une famille juive de Nancy[5]; la fille de cette dernière, Jeanne épousera Léon Blum.

Charles Humbert est enterré au cimetière des Batignolles à Paris.

Les précieuses découvertes archéologiques faites à Senon par les Allemands en 1914-1918 emportées en Allemagne seront rapatriées en France grâce à son intervention[6].

Il est inhumé à Paris dans le cimetière des Batignolles (24e division).

Publications[modifier | modifier le code]

Charles Humbert, Sommes-nous défendus ?, Paris, F. Juven et Cie, , 320 p. (ASIN B001C7928G)

Charles Humbert, Les Vœux de l'Armée : Nos Soldats - Nos Officiers - Notre Armement, Paris, Librairie universelle, , 302 p. (ASIN B001C7927M)

Charles humbert, La flotte fantôme : ni bateaux, ni canons, ni obus, Paris, J. Tallandier, , 323 p. (ASIN B0051994YI)

Charles Humbert, L'œuvre française aux colonies, Paris, É. Larose (réimpr. 2013) (1re éd. 1913), 268 p. (ISBN 978-2012899964)

Charles Humbert, Des canons, des munitions, (lire en ligne)

Charles Humbert, Chacun son tour, , 442 p. (ASIN B0000DP5ML)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. W. J. Compositeur Paans, Des canons ! des munitions ! : hymne de guerre / paroles de Saint-Gilles ; musique de W. J. Paans, Harry Mill (Paris), (lire en ligne)
  2. Olivier Forcade, La censure en France pendant la grande guerre, Fayard, (ISBN 978-2-213-69368-2), p. 197
  3. Communication de Michel Maigret, Mémoires de l'Academie de Stanislas, Tome XVIII, 2004, p. 443 et suiv.
  4. elle épouse en 1916 le peintre Georges Sabbagh et est la mère de Pierre Sabbagh
  5. Biographie de Charles Humbert par Michel Maigret http://www.academie-stanislas.org/TomeXVIII/Maigret.pdf
  6. Maigret (2004), op.cit.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean El Gammal (dir.), Dictionnaire des parlementaires lorrains de la Troisième République, Éd. Serpenoise, Metz, 2006, 422 p. (ISBN 2-87692-620-2)
  • « Charles Humbert (homme politique) », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Jean-André Faucher et Noël Jacquemart, Le Quatrième pouvoir, la presse française de 1830 à 1960, L'Écho de la presse et de la publicité, Saint-Germain l'Auxerrois, 1969, p. 69-70
  • Lucien Graux, Les fausses nouvelles de la grande guerre, t. 1, L'Édition française illustrée, 1919
  • Marie Roux, Le défaitisme et les manœuvres pro-allemandes 1914-1917, Nouvelle librairie nationale, 1918, 128 p.
  • Léon Schirmann, Les manipulations judiciaires de la Grande Guerre : comment on fabrique des coupables, Éditions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006, 292 p. (ISBN 2-910536-65-3)
  • Jacques Chabannes, Les Scandales de la Troisième, de Panama à Stavisky, Perrin, 1972, 347 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]