Charge alaire (oiseau)

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Les ailes plus longues de l'Urubu à tête rouge lui donnent une charge alaire moins importante...
...comparativement à l'Urubu noir.

La charge alaire chez les oiseaux est le rapport entre la masse de l'oiseau et la surface portante de ses ailes. La charge alaire des oiseaux varie beaucoup selon les espèces.

En général, la charge alaire augmente avec la taille de l’oiseau, les plus gros oiseaux ayant une charge alaire plus grande. Ceci résulte du fait que la masse de l’oiseau augmente au cube (en fonction de la taille) alors que la surface portante augmente au carré. Par comparaison, pour qu’un Cygne tuberculé ait la même charge alaire qu’un Océanite culblanc, il faudrait que sa surface portante soit de 105 473 cm², soit presque 16 fois plus qu’elle ne l’est actuellement[1].

La charge alaire est aussi fonction du mode de vie des oiseaux. Les plongeurs (plongeons, pingouins...) ont souvent une charge alaire plus grande que les espèces qui planent beaucoup (vautours, aigles...)[1].

L’Urubu à tête rouge et l’Urubu noir sont deux espèces bien adaptées au vol à voile. L'Urubu noir a toutefois une charge alaire un peu plus grande, ce qui fait qu’il est plus dépendant des courants ascendants pour se déplacer. La fréquence des courants ascendants diminue à mesure qu’on monte vers le nord. L’Urubu noir est ainsi moins apte à coloniser l’Amérique du Nord que son congénère, ce qui se reflète sur la carte de répartition des deux espèces sur ce continent[1].

On estime que la masse maximale pour qu’un oiseau soit encore capable de voler est près de 11,8 kg. Cette estimation est faite en fonction de la charge alaire et de la puissance nécessaire pour s’envoler. L’Outarde kori, le Pélican blanc, le Cygne trompette et le Condor des Andes ont une masse qui s’approche de cette limite. Le plus grand oiseau qui ait jamais volé, Pelargonis Sandersi, est une espèce éteinte du genre Pelagornis avec une envergure de 6,1 m à 7,4 m.

Charge alaire de différentes espèces d’oiseaux[2]
Espèces Masse
(g)
Surface des ailes
(cm²)
Charge alaire
(g/cm²)
Colibri à gorge rubis 3 12,4 0,24
Troglodyte familier 11 48,4 0,23
Mésange à tête noire 12,5 76 0,16
Hirondelle rustique 17 118,5 0,14
Martinet ramoneur 17,3 104 0,17
Bruant chanteur 22 86,5 0,25
Océanite culblanc 26,5 251 0,11
Étourneau sansonnet 84 190,3 0,44
Chouette effraie 505 1683 0,3
Corneille d'Amérique 552 1344 0,41
Goéland argenté 850 2006 0,42
Faucon pèlerin 1222,5 1342 0,91
Canard colvert 1408 1029 1,37
Grand Héron 1905 4436 0,43
Plongeon huard 2425 1358 1,79
Aigle royal 4664 6520 0,72
Bernache du Canada 5662 2820 2,01
Cygne tuberculé 11602 6808 1,7

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Podulka, Sandy, Ronald W. Rohrbaugh, Rick Bonney, et Cornell University. Laboratory of Ornithology., Handbook of bird biology, Ithaca, N.Y.Princeton, N.J., , pagination multiple p. (ISBN 9780938027553, OCLC 57003728)
  2. (en) Poole, Earl L., « Weight and Wing Area in North American Birds », The Auk, University of California Press on behalf of the American Ornithologists Union, vol. 55, no 3,‎ , p. 511-517 (ISSN 1938-4254 et 0004-8038)

Articles connexes[modifier | modifier le code]