Vol (animal)

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Décomposition du vol de la cétoine dorée.

Le vol d'un être vivant est l'aspect physique de son déplacement dans un milieu aérien. On parle de vol passif lorsque l'animal n'est capable que de vol plané et de vol actif lorsqu'il est capable de battre des ailes afin de combattre la pesanteur.

Insectes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vol des insectes.

Les insectes sont les seuls parmi les invertébrés à pouvoir réellement voler. Les araignées, ainsi que de nombreux autres petits organismes, peuvent se laisser emporter par le vent, mais ils n'ont pas d'ailes et ne peuvent pas diriger leur mouvement. La possibilité de voler a été importante pour la dispersion des insectes. Cette faculté leur permet d'échapper à leurs prédateurs, de s'accoupler plus facilement, d'atteindre de nouveaux biotopes et de nouvelles réserves alimentaires où ils pourront déposer leur progéniture.

Seuls les insectes au stade final d'imago (ou accessoirement de subimago chez les éphémères) sont capables de voler. Aucune larve d'insecte ne possède cette faculté.

De même, tous les insectes, même s'ils sont ailés ne volent pas forcément. Certains répugnent simplement à prendre l'envol alors que d'autres en sont incapables.

Vertébrés[modifier | modifier le code]

L'archéoptéryx avait des plumes mais il ne volait pas, n'ayant pas d'ailes mais des doigts griffus et n'ayant pas de bréchet pour servir d'appui aux muscles du vol.
Les oiseaux volent non parce qu’ils ont des plumes mais parce qu’ils ont des ailes qui sont un complexe squelette-plumes. La main devenue très étroite forme une baguette triangulaire, qui chez un moineau, contient 2 métacarpiens au lieu de 5 et des restes de phalanges correspondant aux doigts disparus. Il est probable que c’est la course bipède qui en entrainant la régression des mains, a conduit aux ailes. L’allongement des plumes venant compenser la régression des doigts leur a permis de recouvrir les griffes, ce qui a permis leur disparition.
Parce qu’ils avaient conservé des doigts griffus, apparemment utiles, les dinosaures à plumes du Liaoning ne pouvaient les perdre et par suite avoir des ailes. Aussi n’y a-t-on pas trouvé d’intermédiaires entre eux et les oiseaux.

Vol décomposé.jpg

L'observation du vol des vertébrés comme les oiseaux, certains mammifères fait apparaitre de nombreuses analogies avec les techniques de l'aéronautique (avions et hélicoptères). La spécialisation des aéronefs et les différents modes de déplacement dans l'espace permettent de faire un découpage similaire. Quelques oiseaux sont cités en exemple (et des liens renvoient aux articles techniques) pour illustrer ces phases :

Type de vols[modifier | modifier le code]

Envol et ascension[modifier | modifier le code]

  • course longue et ascension sous faible pente à partir d'un sol ferme (albatros) ou de plans d'eau calme (cygne),
  • envol quasi vertical en bondissant et sans vent (pigeon),
  • envol quasi vertical avec mise à profit de vents forts (mouette, pétrel),
  • chute dans le vide pour acquérir une vitesse initiale (hirondelle, vautour). Elle est suivie du vol battu).

Vol plané[modifier | modifier le code]

Le vol plané des oiseaux est acquis il demande la maitrise du vol et ne peut exister seul : des phases de vol battu sont nécessaires pour trouver les courants aériens.

  • vol tendu avec battements d'ailes continus (merle, pivert),
  • vol en vagues avec phases de vol plané (pinson)[1].
  • économie des forces chez les oiseaux migrateurs (oie sauvage) : vol en formation (triangle), l'oiseau suiveur récupérant la composante ascendante en bout d'aile de l'oiseau précédant, battements d'ailes alternés par rapport à l'oiseau qui précède (nota : il faut ici tenir également compte, en plus de l'aérodynamique, de certains aspects physiologiques tels que la température du corps, perte de poids, l'orientation etc.),

Vol à voile[modifier | modifier le code]

  • vol plané par mise à profit des vents ascendants (condor).
  • Les grands oiseaux marins peuvent rester longtemps sur la surface de l'eau, attendant que des vents violents les aident à prendre leur vol.

Combat aérien[modifier | modifier le code]

Vol stationnaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vol stationnaire.
  • alouette chantant au-dessus d'un champ (pour marquer son territoire) ou faucon observant une proie avant de plonger dessus,
  • oiseau-mouche : cas particulier car il peut effectuer avec ses ailes un mouvement en forme de 8 et même reculer en vol (pour sortir son long bec d'une fleur). Son vol s'apparente à celui de certains insectes comme la libellule et quelques papillons (sphinx)

Ralentissement du vol et atterrissage[modifier | modifier le code]

  • Les oiseaux utilisent des techniques assez différentes pour se poser en fin de vol. Toutes les configurations sont possibles : sur sol ferme, sur un plan d'eau (avec freinage glissé sur les pieds palmés, canards), dans les falaises, les branchages etc. On peut cependant faire ressortir quelques points communs : écartement des plumes pour agrandir la surface portante, battement des ailes avec très grand angle d'incidence pour réduire la vitesse de translation, allongement des pattes pour la prise de contact avec le sol ou l'eau.

Utilisation des courants aériens[modifier | modifier le code]

Le vautour fauve utilise de façon systématique les courants aériens.

Les courants aériens sont liés aux vents et aux différences de températures, ils ont plus ou moins importants selon les obstacles rencontrés par le vent et selon les surfaces chauffées par le soleil. Il s’en crée au-dessus de la mer à hauteur des vagues, au contact des falaises, au-dessus des champs de blé en été. Les oiseaux les utilisent en étalant leurs ailes pour offrir une surface maximum ; les rémiges primaires s'écartent pour canaliser l'air. Des phases de vol plané sont nécessaires pour les capter. Tout comme les poissons peuvent dormir en nageant, des oiseaux peuvent dormir en planant (martinets,grands oiseaux de mer).

Contraintes et réalisation du vol[modifier | modifier le code]

Préalables[modifier | modifier le code]

  • Être dans l’air : soit en sautant (donc pouvoir bondir), soit en tombant de haut.
  • S’y maintenir : grâce à une surface portante :ailes membraneuses ou ailes emplumées données par les bras. La première option est la plus facile à réaliser
  • Y progresser : utiliser les courants aériens (rotation de la main) ou battre des bras (mouvements synchrones)

Contraintes[modifier | modifier le code]

  • La pesanteur : le poids est l’ennemi du vol (d’où légèreté initiale) mais la musculature étant irréductible, on va alléger le squelette (os creux)
  • Vaincre la résistance de l’air : forme aérodynamique, gommer les aspérités.
  • Produire une énergie suffisante pour un vol continu : homéothermie.
  • Maîtriser les courants aériens : nécessité d’un cerveau et d’organes des sens bien développés.

Réalisation[modifier | modifier le code]

Un syrphe en vol.

Cas des Arthropodes :

  • Araignées : déplacement suspendu à un fil emporté par le vent.
  • Insectes : vol favorisé par le squelette externe chitineux : légèreté, expansions membraneuses devenant ailes, trachées atteignant tous les organes. Les ailes dériveraient d’expansions des pattes (ex-branchies, épipodites). Parfois ailes « emplumées » (microlépidoptères)

Les insectes ont été les premiers à découvrir le vol et les ailes s’y sont diversifiées (membraneuses, deux paires avec battements liés ou non, une paire avec balanciers, élytres protectrices… ) Au point que l’insecte qui ne vole pas est une exception.

Cas des Vertébrés :

  • Squelette interne posant un grave problème de poids. Complémentarité circulation-respiration nécessaire à la production d’énergie.

Développement[modifier | modifier le code]

Le saut a été un préalable au vol, mais le prolongement de chute n’est pas le vol. Seuls les oiseaux, les chauves-souris et les ptérosauriens ont découvert le vol. Et cela bien plus tard que les insectes apparus bien avant eux.

L’homéothermie a probablement conditionné le vol, cela grâce à l’apparition d’un revêtement protecteur (poils ou plumes) et d’une circulation plus efficace

L’acquisition d’ailes membraneuses a eu lieu en premier, d’où l’ancienneté des ptérosauriens et probablement aussi celle des chauves-souris.

L’apparition tardive des oiseaux vient de ce que leurs plumes ont une origine non liée au vol, mais ont été récupérées par celui-ci. Le rôle multiple des plumes et leur renouvellement assure aux oiseaux une supériorité incontestable, d’autant plus que leur organisme s’est dans son ensemble adapté au vol.

L’augmentation du poids qui apparaît dans un souci de défense dans diverses lignées, a entraîné l’élimination des individus de grande taille ou leur orientation vers la course bipède (dinosaures à plumes).

Le plus ancien mammifère volant connu est Volaticotherium antiquus ?.

Fientes des oiseaux[modifier | modifier le code]

De nombreux oiseaux bombardent de leur fiente les menaces potentielles, rapaces nocturnes surpris par le jour et posés trop près de leur progéniture, promeneurs s'approchant involontairement d'un nid caché dans l'herbe etc... En fait, les oiseaux apeurés s'envolent en fientant. Il est probable qu'il s'agit là d'une adaptation destinée à les alléger plutôt que d'un bombardement dirigé contre l'agresseur, celui-ci n'est pas visé.

Vol animal[modifier | modifier le code]

Mammifères[modifier | modifier le code]

Vol actif :

Vol plané :

Reptiles[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'un Quetzalcoatlus en vol.

Plusieurs espèces de reptiles éteints de l'ordre Pterosauria disposaient de la capacité de vol actif[2]. On peut citer notamment le ptérodactyle, le ptéranodon ou encore le dimorphodon. L'envergure de certaines espèces (Quetzalcoatlus) laisse penser qu'ils ne pratiquaient que le vol plané.

Aujourd'hui, plusieurs reptiles disposent de capacités de vol plané :

Amphibiens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La migration : méthodes de vol actives », sur ornithomedia.com
  2. NB : Les reptiles préhistoriques volants ou marins ne sont pas des dinosaures.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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