Céphalanthère

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Cephalanthera

Cephalanthera, la Céphalanthère, est un genre d'orchidées principalement d'Eurasie ; ce sont des plantes à rhizomes, aux feuilles alternes bien développées le long de la tige, aux fleurs assez fermées, à pollen pulvérulent. On les rencontre en général dans les sous-bois et lisières forestières.

Description[modifier | modifier le code]

Le genre Cephalanthera se rapproche des Neottieae par les caractéristiques de ses graines et s'en distingue par l'absence de nectar, la forme de ses staminodes et le développement de son pollen au sein des anthères[2].

Les Céphalanthères sont des plantes dressées et feuillées dont l'inflorescence lâche porte des fleurs s'ouvrant peu. Leur labelle est résupiné en position basse et articulé en deux parties nommées épichile et hypochile ; il ne produit pas de nectar, mais sert de leurre grâce à des papilles colorées[3].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

La taxonomie du genre est plutôt stable en Europe et au Moyen-Orient, mais est toujours en évolution en Asie, les auteurs décrivant de nouvelles espèces et en synonymisant d'autres[2].

Cephalanthera Rich. a pour synonymes[4] :

  • Callithronum Ehrh., Beitr. Naturk. 4: 148 (1789).
  • Lonchophyllum Ehrh., Beitr. Naturk. 4: 148 (1789).
  • Xiphophyllum Ehrh., Beitr. Naturk. 4: 148 (1789).
  • Dorycheile Rchb., Deut. Bot. Herb.-Buch: 56 (1841).
  • Eburophyton A.Heller, Muhlenbergia 1: 48 (1904).
  • Tangtsinia S.C.Chen, Acta Phytotax. Sin. 10: 194 (1965).

Biologie[modifier | modifier le code]

Deux espèces sont entièrement mycohétérotrophes et achlorophylles : l'américaine C. austinae et la yunnanaise C. calcarata, recevant leur alimentation des arbres environnant par l'intermédiaire des champignons alors que les européennes C. damasonium et C. longifolia sont mixotrophes recevant leur alimentation pour partie de la photosynthèse et pour partie des champignons. Les associés fongiques varient en diversité à différents stades du cycle biologique avec une gamme relativement étroite pendant les stades de semis et germinatifs et plus large à maturité. L'absence de ces champignons est délétère pour le développement des plantes[2].

Leur reproduction peut être autogame et végétative comme chez C. damasonium et C. longibracteata, allogame comme chez C. longifolia ou les deux comme chez C. rubra. La pollinisation est effectuée par des abeilles solitaires qui sont attirées par un pseudo-pollen mimant celui d'autres fleurs, Campanula pour C. rubra, Cistus salviifolius pour C.longifolia[2].

Écologie et distribution[modifier | modifier le code]

Les espèces de Cephalanthera poussent principalement sur des sols calcaires à l'ombre ou à demi-ombre entre 0 et 2000 m en Europe et sur le pourtour méditerranéen, jusqu'à 3465 m en Iran, 3000 m en Chine et 2600 m dans le nord-ouest de l'Himalaya[2].

Cephalanthera est un genre essentiellement paléarctique du climat tempéré qui comprend 15[5] ou 22[4] espèces, dont huit sont répertoriées en Europe, Afrique du Nord et au Moyen-Orient (3 dans les pays francophones : C. rubra, C. damasonium et C. longifolia). C. austiniae est la seule espèce néarctique. Enfin, C. longifolia et C. damasonium sont amphipaléarctiques[4],[2].

Ensemble des espèces[modifier | modifier le code]

Selon le jardin botanique de Kew[4] :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Muséum national d’Histoire naturelle [Ed]. 2003-2021. Inventaire National du Patrimoine Naturel, Site web : https://inpn.mnhn.fr., consulté le 8 février 2021
  2. a b c d e et f (en) Claire Micheneau, Karl J. Duffy, Rhian J. Smith et Laura J. Stevens, « Plastid microsatellites for the study of genetic variability in the widespread Cephalanthera longifolia, C. damasonium and C. rubra (Neottieae, Orchidaceae), and cross-amplification in other Cephalanthera species: PLASTID MICROSATELLITES FOR CEPHALANTHERA », Botanical Journal of the Linnean Society, vol. 163, no 2,‎ , p. 181–193 (DOI 10.1111/j.1095-8339.2010.01053.x, lire en ligne, consulté le 31 janvier 2021)
  3. Bournérias, Marcel, Prat, Daniel, Société française d'orchidophilie. et Impr. SVI-Publicep), Les Orchidées de France, Belgique et Luxembourg, Mèze, Biotope, coll. « Parthénope », (ISBN 2-914817-11-8 et 978-2-914817-11-0)
  4. a b c et d WCSP. World Checklist of Selected Plant Families. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet; http://wcsp.science.kew.org/., consulté le 31 janvier 2021
  5. Delforge, Pierre., Guide des Orchidées d'Europe, d'Afrique du Nord et du Proche-Orient, Delachaux et Niestlé, , 640 p. (ISBN 2-603-01323-8 et 978-2-603-01323-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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