Centre universitaire de coopération économique et sociale

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Le Centre Universitaire de Coopération Economique et Sociale (CUCES) est un service créé en 1954 pour rapprocher l'université et l'entreprise[1] pour la formation des adultes à Nancy. Il a rejoint l'Université de Lorraine. Le CUCES a joué un rôle majeur dans le développement économique et social grâce à des méthodes pédagogiques innovantes qui inspireront l’essentiel des actions actuelles de la formation en général[2].

Histoire du CUCES[modifier | modifier le code]

En 1954, la France souffre d'une pénurie générale d’ingénieurs, de techniciens supérieurs et de cadres, tandis qu'à Nancy, dont Jean Capelle est devenu recteur, se pose la question de la reconversion des personnels des bassins houillers et sidérurgiques. Jean Capelle crée avec André Grandpierre, de la société Pont-à-Mousson, le CUCES, centre pionnier de la formation continue alliant université et industrie.

Bertrand Schwartz dirige le CUCES de 1960 à 1972. Il en définit les objectifs en insistant sur le perfectionnement des ingénieurs et cadres et sur le développement de la PST (Promotion Supérieure du Travail)[3], les unités capitalisables mises en place. Des méthodologies de “l'analyse des besoins en formation” seront élaborées soit par une recherche-action soit par des protocoles d'enquêtes.

L'implication des chercheurs de l'Institut national pour la formation des adultes (INFA) et des formateurs du CUCES dans les événements de 1968 vaudra à l'Institut l'hostilité des entrepreneurs locaux (les patrons de l'Union des industries et métiers de la métallurgie demanderont le blocage des subventions alors que le Comité régional de la formation professionnelle rejettera la demande de financement au motif de « déviation politique »[4]).

En 1976, Michel Kuhn met en place des systèmes d'apprentissage de l'anglais dans le cadre de la formation permanente au CUCES.

L'INFA et le CUCES ont été des lieux d'expérimentations en pédagogie[5] et de recherche en sociologie, en psychologie et en sciences de l'éducation qui ont permis de nombreuses publications, soit dans la collection créée ad hoc, soit chez d'autres éditeurs. L'INFA réalisera de nombreuses recherches « qui représentent un ensemble particulièrement riche sur la formation des publics les plus éloignés de la culture scolaire »[6]. Des expérimentations pédagogiques originales y seront développées[7]. Des programmes de formation de formateurs y seront élaborés par des formateurs de l'INFA et par ceux du CUCES[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. «Le CUCES», mars 1960, document d'archives de 27 pages du Cuces, dont un paragraphe est intitulé «Pour une mobilisation générale au profit d'une instruction générale».
  2. http://fc.univ-lorraine.fr/nous-connaitre/qui-sommes-nous/
  3. Lucie Tanguy, "Reconversion industrielle et conversion culturelle dans le bassin minier de Lorraine au milieu des années 1960" in Tanguy L. (dir.) Genèse d'un espace d'activité sociale, la formation professionnelle continue, université de Paris X Nanterre, 1998, p. 41-78.
  4. Françoise Laot , la formation des adultes; Histoire d'une utopie en actes. Le Complexe de Nancy, Paris, 1999, L'Harmattan.
  5. Auroi-Jaggi Geneviève, "L'œuvre de Bertrand Schwartz, ses archives et les grands entretiens", Coffret multimédias, Université de Genève, 2006.
  6. Leclercq V., La formation de base: publics, dispositifs, pratiques, Savoirs, 2007, n°14, pp.8-55.
  7. Jobert G., Vocabulaire de psychosociologie, Paris, ERES, 2004.
  8. Laot F., Lescure E. de, Formateurs d'adultes. fonction et métier, revues.org. 2006, n°53

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Laot, Contribution à l'histoire des institutions d'éducation des adultes, le Complexe de Nancy (Cuces/Acuces-Infa), 1954-1973. Thèse de sciences de l'éducation, université de Paris X-Nanterre, 1998, et La formation des adultes. Histoire d’une utopie en acte. Le Complexe de Nancy, Paris, l’Harmattan, 1999.

Lien externe[modifier | modifier le code]