Bertrand Schwartz

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Bertrand Schwartz
Bertrand Schwartz 2006.JPG

Bertrand Schwartz en 2006.

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Bertrand Schwartz, né à Paris le , est un ancien élève de l'École polytechnique, ingénieur au corps des mines. Il a dirigé l’École des mines de Nancy et est depuis 2013 Grand-croix de la Légion d'Honneur.

Biographie personnelle[modifier | modifier le code]

Bertrand Schwartz est doublement apparenté à la famille Debré, famille alsacienne installée à la fin des années 1880 dans la région parisienne :

Bertrand Schwartz intègre l'École polytechnique[1],[2] en 1939 et poursuit ses études à l'École des mines de Paris en tant qu'ingénieur-élève du corps des mines.

Bertrand est le frère du mathématicien éminent Laurent Schwartz, médaille Fields 1950 et professeur à l'École polytechnique, et du statisticien médical Daniel Schwartz[N 1].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Bertrand Schwartz est nommé professeur à l'École des mines de Nancy en 1948, puis en devient le directeur (1957-1966)[3]. En 1960, il devient directeur du Centre universitaire de coopération économique et sociale (CUCES) de Nancy puis impulse en 1963 la création de l'INFA, Institut national pour la formation des adultes. Il est professeur à l'université Paris-Dauphine de 1969 à 1973, délégué interministériel à l'insertion professionnelle et sociale des jeunes en difficulté de 1983 à 1985, et nommé membre du Conseil économique et social en 1985. Il est l’organisateur de la mission «Nouvelles qualifications» et il a créé et présidé l'association «Moderniser sans exclure».

Activité à l'École des Mines de Nancy[modifier | modifier le code]

En 1957, Bertrand Schwartz lance une réforme au sein de l’École des mines de Nancy, qu'il dirige, en s'appuyant sur les réponses à un questionnaire qui avait été adressé à des industriels, leur demandant notamment quelles connaissances ils souhaitaient trouver chez un ingénieur diplômé d’une grande école. Le dépouillement du questionnaire laisse entendre qu’un cursus de huit ans d’études n’y suffirait pas. Il envoie alors un second questionnaire, demandant notamment aux industriels quelles seraient les disciplines qui rendraient un ingénieur inadéquat s’il ne les maîtrisait pas. La liste des attentes devient alors plus raisonnable, et - ainsi réduite - permet d’intégrer des enseignements nouveaux, notamment les statistiques, puis l’informatique. L’enseignement comprend également des cours de méthodologie, ainsi que d’expression orale et corporelle.

La direction du CUCES et de l'INFA[modifier | modifier le code]

Bertrand Schwartz prend la direction du CUCES, Centre universitaire de coopération économique et sociale, organisme créé en 1959 pour rapprocher l'université et l'entreprise. il en est directeur de 1960 à 1972. Il en définit les objectifs en insistant sur le perfectionnement des ingénieurs et cadres et sur le développement de la PST (Promotion Supérieure du Travail). Avec son impulsion, le niveau d'entrée en PST sera abaissé, la formation générale introduite, les unités capitalisables mises en place, les interventions en entreprises développées, des méthodologies de “l'analyse des besoins en formation” seront élaborées soit par une recherche-action soit par des protocoles d'enquêtes. En 1963 “le complexe de Nancy” s'étend avec la création de l'INFA, Institut national pour la formation des adultes, établissement public rattaché à la direction de l'Enseignement supérieur du ministère de l’Éducation nationale, dont Bertrand Schwartz prend la direction jusqu'en 1969. Les objectifs de cet institut sont de former des formateurs, de mener des recherches de sociologie, de psychologie cognitive et de pédagogie sur la formation des adultes et d'être un lieu de rencontre[4]. Les actions et interventions à des fins de formation menées au CUCES seront nombreuses et variées[réf. souhaitée] alors que l'INFA produira des études et recherches[réf. souhaitée]. En 1967 plus de 150 personnes travaillent au CUCES et à l'INFA[réf. souhaitée]. Après les grèves autogestionnaires de 1968, Marcel Lesne prend la direction de l'INFA, jusqu'en 1970. L'INFA est transformé en agence à caractère industriel et commercial en 1972.

En 1969, Bertrand Schwartz crée la revue Éducation permanente[5], revue de recherche dans le champ de la formation et du développement des adultes.

La mise en œuvre des missions locales pour l’emploi des jeunes[modifier | modifier le code]

Bertrand Schwartz a été l’inspirateur des Missions locales pour l'insertion professionnelle et sociale des jeunes. Son rapport sur l'insertion professionnelle et sociale des jeunes, qui lui avait été confié en 1981 par le premier ministre socialiste Pierre Mauroy, Bertrand Schwartz s'est imposé comme l'un des spécialistes français des questions de formation professionnelle continue.

Bertrand Schwartz a agi durant sa carrière professionnelle pour développer l'innovation pédagogique au travers, entre autres, de la prise en compte de la personne dans sa globalité, l'importance donnée à l'alternance et la volonté de travail en partenariat. Il souligne, dans son ouvrage Moderniser sans exclure que les actions qu'il a menées ont été « soutenues par cette visée sociale : réduire l'inégalité des chances[6]. »

Activités associatives[modifier | modifier le code]

En 1989, Bertrand Schwartz devient responsable de la Mission «Nouvelles Qualifications», créée par le gouvernement avec comme finalité l'étude des conditions de transfert d'une démarche de formation en alternance innovante. Elle fonctionne pendant quatre ans, jusqu'en 1993, mobilisant 300 entreprises et 70 organismes de formation. Elle a ensuite des déclinaisons régionales, notamment dans le Nord-Pas-de-Calais.

Il participe, à partir de 1997, à la mise en œuvre du programme Nouveaux Services - Emplois Jeunes et au développement de la médiation sociale, en particulier avec la ville de Grenoble, puis, en avril 1992 au lancement de l'association «Moderniser sans exclure», destinée à la lutte contre l'exclusion des personnes à faible niveau de qualification. Cette démarche s’est déployée dans plusieurs régions françaises, dans le cadre d’une association «Moderniser sans exclure» constituée en mars 1990. Après la dissolution de l'association en octobre 2003, un relai a été fait, dans le cadre d’associations régionales, qui ont reçu pendant un temps l’appui de l’association «Développement et emploi».

Distinctions[modifier | modifier le code]

Legion Honneur GC ribbon.svg Bertrand Schwartz est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur en 2013[7].

Bertrand Schwartz est docteur honoris causa des universités de Genève, Montréal, Bologne et Louvain-la-Neuve. Il a reçu le prix de l’Éthique 2008[8], qui lui a été remis par Simone Veil. Il a également été le premier titulaire du prix international d'éducation Grawemeyer Award en 1989[9].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le lycée professionnel de Pompey (Meurthe-et-Moselle) porte le nom de Bertrand Schwartz, ainsi qu'un centre de formation de l'AFPE à Morlaix. L'Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) de Prémontré (Aisne) porte également son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • 1948-1966 professeur puis directeur de l'École des Mines de Nancy.
  • 1960-1972 directeur du Centre universitaire de coopération économique et sociale de Nancy.
  • 1963-1968 Créateur et directeur de l'Institut national de formation des adultes à Nancy.
  • 1969-1973 Professeur à l'Université Paris IX Dauphine.
  • Mai 1981 Chargé par le Premier ministre du rapport sur l'Insertion sociale et professionnelle des jeunes en difficulté.
  • Janvier 1982 - octobre 1983 Chargé par Mission du ministère du travail et du ministre de la Solidarité nationale, de créer et mettre en place, avec une petite équipe, une vingtaine de missions locales.
  • Octobre 1983 - avril 1985 Délégué interministériel à l'insertion professionnelle et sociale des jeunes en difficulté.
  • 1984 Lancement de l'opération Nouvelles Qualifications-insertion, pour les jeunes de très faible niveau.
  • Mai 1985 Nommé membre du Conseil économique et social.
  • 1986-1988 Chargé par le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais de lancer l'opération de "requalification d'O.S. dans les usines".
  • Mai 1988 - mars 1993 Chargé de mission auprès du ministre du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle.
  • Octobre 1989 Renommé au Conseil économique et social jusqu'à fin août 1994.
  • 6 mars 1990 Fondation de l'association "Moderniser sans exclure".
  • 1989 Titulaire du premier prix international d'éducation Grawemeyer
  • 2007 Partie prenante d’une recherche-action collective lancée par le Synami-Cfdt pour donner « un nouvel élan » au réseau des missions locales

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Bertrand Schwartz[modifier | modifier le code]

  • Rapport sur l'insertion professionnelle et sociale des jeunes (réédition avec une nouvelle préface), suivi de Bien sous tout rapport (Philippe Labbé) et du Manifeste pour un contrat social avec la jeunesse (Association nationale des directeurs de Missions locales), Paris, Apogée, 2007
  • Moderniser sans exclure, Paris, La Découverte, 1994
  • L'Éducation demain, étude de la Fondation Européenne de la Culture, Paris, Aubier-Montaigne, 1973 pour la langue française
  • L'Insertion des jeunes en difficulté (rapport au Premier ministre), Paris, La Documentation française, 1981
  • Une autre école, Paris, Flammarion (collection La Rose au poing), 1977

Sources[modifier | modifier le code]

  • (Collectif) Bertrand Schwartz, construire une pensée collective pour l'action, revue Pour, GREP, mars 2006
  • Lambrichs, Louise L., L’Invention sociale, à l'écoute de Bertrand Schwartz, éd. Philippe Rey, 2006
  • Auroi-Jaggi, Geneviève, L’Œuvre de Bertrand Schwartz, ses archives et les grands entretiens, coffret multimédia, Université de Genève, 2006

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Comme Bertrand, Daniel Schwartz est ancien élève de l'École polytechnique, mais de la promotion 1937.

Références[modifier | modifier le code]

  1. De la promotion X1939, cf. « Fiche de Bertrand Schwartz », sur le site de l’Association des anciens élèves et diplômés de l'École polytechnique (l’AX), Paris (consulté le 24 août 2015) ; y est notamment indiqué le grade de Bertrand Schwartz dans la fonction publique : « ingénieur en chef des mines retraité ».
  2. Ouvrir la « Page d’accueil », sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique, Palaiseau (consulté le 24 août 2015), sélectionner l’onglet « Catalogues de la BCX → Famille polytechnicienne », effectuer la recherche sur « Bertrand Schwartz », résultat obtenu : « Schwartz, Bertrand (X 1939) ».
  3. http://www.annales.org/archives/dirnancy.html Liste des directeurs de l’École des mines de Nancy.
  4. Françoise Laot, La formation des adultes. Histoire d'une utopie en acte. Le Complexe de Nancy, Paris, L'Harmattan, 1999, 415 p.
  5. http://www.education-permanente.fr/public/association/presentation.html Présentation de la revue Éducation permanente.
  6. Moderniser sans exclure, Paris, L'Harmattan, 1994.
  7. Promotion de Pâques 2013, Décret du 29 mars 2013
  8. Cette récompense est attribuée chaque année à une personnalité pour son engagement ou ses prises de position pour la défense des valeurs fondamentales de la République française.
  9. http://grawemeyer.org/education/previous-winners/1989-bertrand-schwartz.html "Judges for the Grawemeyer Award said Schwartz had strongly influenced adult education in a 'rapidly changing industrialized world, where lifelong education has become a necessity for the individual, and where non-formal adult education has tended to become as important...as school-based formal education.'"