Centre Harmel

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Le premier Congrès national wallon s'était prononcé pour le fédéralisme en 1945. Cinq députés PSC, relativement hostiles à cette démarche, dont trois Flamands Théo Lefèvre, Gérard Van de Daele, Alphonsus Verbist et deux Wallons Jean Duvieusart et Pierre Kofferschlager (représentant en fait la minorité allemande dans la Province de Liège) appuyèrent la proposition de loi de Pierre Harmel déposée à la Chambre en vue de créer un Centre de recherche pour la solution nationale des problèmes sociaux, politiques et juridiques en régions wallonnes et flamandes (c'est Pierre Nothomb qui avait demandé que le pluriel soit utilisé).

Un vote unanime[modifier | modifier le code]

Cette proposition sera votée le 3 mai 1948. Le « Centre » portera le nom de Centre Harmel du nom de son initiateur Pierre Harmel qui deviendra premier ministre dans les années 1960 et composé de 18 parlementaires et de 24 extra-parlementaires nommés par le Parlement. Il se subdivise en 4 sections : démographique, économique, morale et culturelle, juridique politique et administrative. Parmi les opposants, on retrouve cependant François Van Belle, importante figure du mouvement wallon.

Il est créé pour deux ans, mais son existence est prorogée jusqu'en décembre 1953. La séance de clôture a lieu le 25 octobre 1955 et un rapport final est déposé le 25 avril 1958 dans les Documents parlementaires.

Les conclusions du Centre[modifier | modifier le code]

Au point de vue démographie, constatant un handicap wallon, le Centre propose un système d'allocations familiales décentralisé.

En matière d'économie, le Centre propose des mesures contre le chômage structurel en Flandre ainsi que le développement de nouvelles industries dans cette région et le soutien des entreprises en Wallonie.

En matière culturelle le Centre estime qu'il n'existe qu'une communauté culturelle wallonne et une communauté flamande et qu'il n'y a pas de communauté culturelle bruxelloise. Il pense que l'enseignement de l'Histoire de Belgique doit être basé sur les deux grandes régions en tenant compte des grands courants de civilisation.

En matière politique, Jean Van Crombrugge, l'un des rapporteurs wallons propose de fixer définitivement la frontière linguistique par un référendum dans les cas litigieux (Mouscron, Enghien et Fourons). L'idée était aussi de rendre chaque province homogène sur le plan de la langue.

Les travaux du Centre ont été peu suivis par la presse et les partis politiques n'y ont joué qu'un rôle secondaire.

Pourtant, notamment dans la question de la frontière linguistique les propositions du Centre auront des répercussions sur les travaux parlementaires, de même que certaines autres propositions esquissant une sorte de fédéralisme timide par la création d'un Conseil culturel flamand et d'un Conseil culturel wallon à l'instar du Vlaams Economisch Verbond et du Conseil économique wallon qui existaient depuis plus longtemps.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Documents parlementaires, Chambre des représentants no 940, session 1957-1958
  • MP Herremans, Le Centre Harmel, Courrier hebdomadaire du CRISP, décembre 1961
  • Mina Alzemberg Karny et Lili Rochette-Russe, Centre Harmel, article de l'Encyclopédie du Mouvement wallon, IJD, Charleroi, 2000, Tome I, p. 241-242.
  • Meynaud, ladrière et Perin, La décision politique en Belgique, CRISP Bruxelles, 1965.