Catherine de Viglione

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Fac-similé de la pierre tombale de Catherine de Viglione.

Catherine de Viglione est une femme italienne appartenant à une famille de commerçants qui vivait à Yangzhou (Chine), au cours du XIVe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Elle est connue par sa pierre tombale, qui a été découverte entre les remparts de la ville en 1951 par l'Armée populaire de libération. Cette stèle explique (en latin, avec capitales lombardes) qu'elle est morte en 1342, et qu'elle était la fille de Domenico Vilioni. Elle contient également des représentations du martyre de sainte Catherine d'Alexandrie.

L'existence de cette pierre tombale à Yangzhou, quelques décennies après la visite de Marco Polo (qui a joué un rôle administratif dans la ville), suggère qu'il y existait une communauté italienne en plein essor, probablement impliquée dans le commerce de la soie[1].

Inscription sur la stèle[modifier | modifier le code]

In nomine D[omi]ni amen hic jacet
Katerina filia q[u]ondam Domini
D[omi]nici de Vilionis que obiit in
anno Domini mileximo[2] CCC
XXXX II de mense Junii

« Au nom du Seigneur, amen. Ici repose Catherine, fille du défunt seigneur Domenico de Vilioni, décédée en l'an 1342, dans le mois de juin »

Le médiéviste Robert Lopez a corrigé le nom de famille en « Ilioni », et relié le père de Catherine à un certain « Dominico Ilioni ». Ce dernier, inscrit en 1348 dans les registres de la ville de Gênes était lié à un marchand nommé Jacopo de Oliverio. Le document génois précise qu'il avait vécu dans le « royaume de Cathay », où il avait multiplié par cinq ses revenus[3].

Autres[modifier | modifier le code]

Une autre plaque, plus petite, a été découverte quelques années après celle de Catherine, avec une sculpture chrétienne et une courte inscription mentionnant la mort du fils du même Dominico, nommé Antonio, en novembre 1344.

Cette communauté italienne aurait été soutenue par une sorte de structure religieuse. En 1322, le religieux Odoric de Pordenone avait visité Yangzhou, et a affirmé qu'il y habitait chez des Franciscains, et qu'il y avait également trois églises nestoriennes dans la ville[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frances Wood, pp. 125-126.
  2. Mileximo pour millesimo.
  3. Jonathan D. Spence, p.  9.
  4. Jonathan D. Spence, p. 10.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frances Wood, The Silk Road, University of California Press, (ISBN 0-520-24340-4)
  • Jonathan D. Spence, The Chan's Great Continent, chapitre 1, W. W. Norton & Company online

Sources[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]