Bundu dia Kongo

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Bundu dia Kongo (BDK) fut créé en juin 1969 par Ne Muanda Nsemi. C'est un mouvement politico-culturel et religieux, qui lutte pour la défense, la protection et la promotion des droits et des intérêts du peuple Kongo à travers le monde. Il est présent dans l'espace territorial de l'ancien royaume Kongo (RDC, Congo-Brazzaville, Angola, Gabon )

Bundu dia Kongo prône l'établissement d'un État fédéral en Afrique Centrale et l'éradication de l'injustice sociale et économique imposée au peuple Kongo par les gouvernements locaux. Le mouvement prône également la résistance à la déstructuration programmée de la conscience historique du peuple Kongo, de ses valeurs fondatrices et de sa personnalité profonde grâce à une meilleure connaissance de leur patrimoine spirituel.

LE BUNDU DIA MAYALA « BDM » DE NE MUANDA NSEMI POURRA-T-IL A L’AVENIR SUPPLANTER LE MICROCOSME POLITIQUE DE LA RD CONGO ? LES THESES QU’IL DEFEND SONT-ELLES LEGITIMES ET RECEVABLES ? PEUT-ON CONSIDERER NE MUANDA NSEMI COMME UN PATRIOTE INCOMPRIS ?

L’irruption, mieux la présence, de NE MUANDA sur la scène politique congolaise à la fois dérange et suscite beaucoup de questions. Ses ennemis le prennent pour un illuminé. Le personnage, chimiste de son état, est complexe, il est à la fois leader religieux (dans la tradition Kongo) et un révolté contre l’injustice, la corruption, la malversation, etc. Ce qu’il appelle son combat n’est pas nouveau, il a commencé depuis l’époque du Maréchal Mobutu. A ses dires, son combat se résume à celui des gens d’en bas qui souffrent contre ceux d’en haut qui ont mis l’Etat à leur service. Pour lui, l n’y a rien à espérer des élites du pays. Avec la classe politique en place - qu’il considère par ailleurs comme l’ennemie de la patrie, il est impossible de considérer que le pays est dans une situation où les meilleurs professionnels obtiennent les meilleurs postes, de même que la souveraineté nationale qui est menacée par un pouvoir qui a placé la politique économique du pays au service des intérêts étrangers. Pour lui, ce sont là des véritables menaces qui pèsent sur le pays. Dans ses écrits, il parle de souveraineté, de patrie, de reconstruire une idée de peuple, de la centralité de l’Etat dans l’organisation de la vie collective, etc.

Il fait d’autres constats. A chaque fois qu’un groupe d’individus accède au pouvoir et installe son régime, il change l’hymne et le drapeau, il patrimonialise l’Etat. La Transition à la démocratie n’a pas résolu ce problème. La plupart des forces qui ont lutté contre la dictature ne considèrent pas cet Etat comme le leur. L’autre constat est qu’à chaque fois que la RD Congo a été en danger, ce sont les gens humbles qui ont porté la patrie sur leurs épaules. Chaque fois que la souveraineté nationale s’est retrouvé menacée, ce sont les plus pauvres, les plus opprimés qui se sont levés pour défendre leur pays.

Vis-à-vis de l’Etat, sa position consiste à affirmer que la RD Congo est une patrie plurinationale, une patrie composée de plusieurs nations. Ce qui les unit n’est en aucun cas une essence nationale, mais une volonté d’être ensemble pour protéger le peuple des intérêts étrangers, de la finance, de la corruption, etc. Et le ciment qui permet de faire tenir ces nations ensemble, c’est la construction de la souveraineté populaire et la liberté de décision. La patrie est une communauté solidaire, une communauté qui prend soin d’elle-même et de ses membres, une communauté qui se protège.

Dans se dires, NE MUANDA NSEMI souhaite discuter librement avec les toutes les nations et autres entités politiques présentes sur le territoire de la RD Congo avant la colonisation ; qu’ils puissent décider par eux-mêmes de faire partie ou non de la RD Congo. Mais pour lui, il souhaite qu’elles restent au sein de la RD Congo. Il pense que aller dans cette direction, c’est aider à ce que les nations et les autres entités politiques à rester dans la communauté nationale.

Pour lui, le BDM est une force nationale populaire démocratique et progressiste qui tente de réinvestir un patriotisme progressiste tout en reconnaissant que les nations et autres entités politiques qui ont préexisté avant la colonisation sont des nations et à ce titre, elles doivent pouvoir exercer leur droit à l’autodétermination.

Pour NE MUANDA NSEMI, l’Etat tel qu’il existe en RD Congo est irréformable. Il est plus facile aux nations brimées de construire leurs propres Etats plutôt que de transformer l’Etat tel qu’il est en RD Congo. Pour lui, un groupe ou des groupes d’individus, soutenus par des intérêts étrangers, ont pris cet Etat en otage, et ils ne peuvent que s’opposer à la construction de la patrie que les Congolais souhaitent et qu’ils attendent depuis longtemps. Ce sont des ennemis du vivre ensemble en RD Congo. L’ennemi des Congolais, c’est la classe politique qui depuis 1960 a mis la machine étatique d pays au service d’une économie de prédation. Les partis politiques congolais ne sont que des regroupements de bandes mafieuses coalisées entre elles pour piller le pays et patrimonialiser l’Etat.

Pour NE MUANDA NSEMI, le BDM certes fait face à une difficulté, mais il la surmontera à partir du moment, et pas pour longtemps, dès que les Congolais apprendront et comprendront le sens de son combat. Aujourd’hui, on l’accuse aujourd’hui d’être une force de balkanisation du pays, une force centrifuge, séparatiste, etc. Aujourd’hui vomi et traité de tous les épithètes, mais demain, son combat à travers le BDM sera reconnu comme la force patriotique pour la préservation de la souveraineté nationale. Aujourd’hui, la bataille se situe sur le plan culturel et au travail à l’enracinement de BDM dans la vie quotidienne. Pour NE MUANDA NSEMI, la crise politique, économique, sociale et territoriale que traverse n’est pas due à une contestation provenant du peuple. Les gens ne se sont pas levés contre l’ordre constitutionnel, ce sont les élites qui l’ont détruit. Cet ordre a été démoli depuis le haut de l’Etat. Les privilégiés ont détruit les bases matérielles du pacte légal, les services publics, l’emploi en tant que source de droits sociaux, l’égalité de tous les citoyens devant la loi. La réaction populaire qu’on observe depuis quelques années vise à revenir à un pacte légal qui évite de sombrer dans la loi du plus fort. Le BDM ne conteste pas l’ordre existant. Malheureusement, l’ordre existant n’existe pas, le pays a atteint une situation d’effondrement moral et politique. L’objectif de BDM est de le rétablir, et non de mettre le pays sens dessus dessous, il l’est déjà. L’immense majorité des Congolais sait déjà que le pays est gouverné par des canailles.

NE MUANDA NSEMI croit que ce qui manque en ce moment aux Congolais, c’est la confiance dans l’idée qu’il y a une autre possibilité, une alternative qui ne soit pas pour autant le grand saut dans l’inconnu.

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