Univers-bloc

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Article connexe : Super-substantialisme.

En philosophie du temps et en cosmologie, la théorie de l'Univers-bloc est une conception du temps selon laquelle l'Univers tout entier se déploie dans un continuum d'espace-temps où tous les événements présents, passés et futurs sont réalisés de la même façon et se positionnent les uns par rapport aux autres. Les relations de succession entre les événements qui caractérisent la structure apparente du temps sont fondamentalement des relations de juxtaposition sur la ligne du temps, comme le sont les points dans l'espace.

Quadridimensionnalisme[modifier | modifier le code]

La théorie de l'Univers-bloc est associée à une conception quadridimensionnaliste du monde où chaque objet comprend non pas trois mais quatre dimensions dont une longueur de temps. On parle alors de « vers spatio-temporels »[1] pour illustrer ces êtres temporellement étendus dont chaque « phase » correspond à un instant indivisible (à l'instar des points géométriques de l'espace). Dans cette perspective, les personnes elles-mêmes sont des agrégats de phases dont les relations de continuité et de connectivité mentales constituent l'unité à travers le temps.

Eternalisme[modifier | modifier le code]

Selon la théorie de l'Univers-bloc, tout ce qui existe dans l'espace-temps existe objectivement de toute éternité (sub specie aeternitatis), et le cours du temps n'est qu'une illusion qui provient de la façon dont nous prenons conscience du monde. Les événements passés ainsi que les événements futurs ont autant d'actualité que les événements présents, et la distinction entre présent, passé et futur ne décrit pas la structure objective du temps mais seulement notre relation subjective aux événements. Cette théorie implique en ce sens une conception « éternaliste » du temps qui s'oppose au « présentisme ».

Voyage dans le temps[modifier | modifier le code]

La théorie de l'Univers-bloc admet la possibilité théorique du voyage dans le temps[2]. Puisque le cours du temps n'existe pas objectivement, il n'existe pas non plus de flèche du temps et il est donc théoriquement possible de parcourir la succession des événements à rebours.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. D. Lewis, « Survie et identité » dans Identité et survie, Paris, ed. Ithaque, Philosophie (coll.), pp. 57-86.
  2. Voir notamment David Deutsch, L'étoffe de la réalité (1997), chap. 12, Paris, Cassini, 2003

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sacha Bourgeois-Gironde, McTaggart: temps, éternité, immortalité, suivi de Trois essais de John McTaggart, Nîmes, Éditions de L'Éclat, 2000.
  • David Deutsch, L'étoffe de la réalité (1997), Paris, Cassini, 2003.
  • Carlo Rovelli, Et si le temps n'existait pas (2004), Paris, Dunod, 2012, 2014.
  • Bertrand Russell, La méthode scientifique en philosophie, notre connaissance du monde extérieur (1915), Paris, Payot, 2002.
  • Jack Smart, « River of Time.» (1949), in Anthony Kenny, Essays in Conceptual Analysis., New York, St. Martin's Press, 1966, pp. 213–227 ; « Spatialising Time » (1955), Mind, 64, pp. 239–241 ; « The Tenseless Theory of Time » (2008)


Voir aussi[modifier | modifier le code]