Matériaux biosourcés

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Field with Straw at Digboi 2.jpg

Les matériaux biosourcés sont issus de la matière organique renouvelable, d’origine végétale (biomasse) ou animale. Ils sont surtout utilisés comme matériaux et produits de construction dans le bâtiment mais peuvent aussi être utilisés dans les produits de décoration, dans l'habillement, dans l'emballage ou encore dans le mobilier fixe.

La nature de ces matériaux est multiple : bois, chanvre, paille, ouate de cellulose, textiles recyclés, balles de céréales, miscanthus, liège, lin, chaume, herbe de prairie, etc[1]. Le terme matériaux biosourcés ne doit pas être confondu avec le terme écomatériaux qui regroupe en plus des matériaux biosourcés et géosourcés, les matériaux de réemploi, réutilisés et recyclés. Le terme matériaux géosourcés désigne quant à lui les matériaux d’origine minérale, dit premiers, qui demandent peu de transformation : terre crue ; pierre.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme biosourcé signifie issu du vivant, autrement dit issu de la biomasse d'origine végétale ou animale.

Pourquoi utiliser les matériaux biosourcés ?[modifier | modifier le code]

Remplacer les matériaux traditionnels par des matériaux biosourcés permet un gain significatif du poids carbone, par effet de substitution (sans prise en compte de la séquestration, et de la méthode dynamique). Selon les comparaisons statistiques effectuées par le Hub des prescripteurs bas carbone, le recours aux matériaux biosourcés diminuerait ainsi jusqu’à 60 % de l’impact carbone pour un grand nombre de produits (cloisonnement, bardages, fenêtres, portes, revêtements de sols durs, revêtements muraux, planchers, isolants, etc.). Cependant, utiliser les matériaux biosourcés demande une certaine adaptation au niveau opérationnel : enjeux de coût, de disponibilité, d’assurabilité, de caractéristiques techniques, etc[2].

En France[modifier | modifier le code]

Contexte et développement des matériaux biosourcés[modifier | modifier le code]

La nouvelle réglementation environnementale, RE2020, qui entrera en vigueur à partir du , a pour but la décarbonation du secteur de la construction. Dans ce sens, elle met en avant les matériaux biosourcés comme alternatives aux matériaux traditionnels.

Cette réglementation prend en compte de l’impact carbone des matériaux utilisés dans le bâtiment, de sa construction à sa démolition. L’analyse de cycle de vie (ACV) proposée prend notamment en compte le stockage carbone des matériaux utilisés, particulièrement important pour le bois et d’autres matériaux biosourcés. Le matériau bois est en effet particulièrement vertueux sur le plan de la méthode dite de l’ACV dynamique, puisqu’il capte le carbone en début de cycle de vie, avant de le libérer en fin de cycle de vie. Le développement du recours au bois est visé dans la RE 2020.

L’objectif est donc clair : changer d’échelle pour la construction bas-carbone. Par ailleurs, la RE 2020 vise également à rendre les bâtiments plus agréables en cas de forte chaleur. Les constructeurs seront encouragés à développer des solutions de climatisation passive qui pourront notamment passer par le recours aux matériaux biosourcés et géosourcés dont les propriétés thermiques sont intéressantes[3].

Enfin le projet de loi Climat et Résilience renforce encore davantage l'usage des matériaux biosourcés dans la construction (article 15 ter nouveau) : à partir du , l’usage des matériaux biosourcés devra intervenir dans au moins 25 % des rénovations et constructions dans lesquelles intervient la commande publique. Un décret en Conseil d’État précisera les conditions de validation de cet objectif pour chaque commande publique. Autant d’opportunités pour le secteur des matériaux biosourcés et géosourcés[4].

État des lieux des filières biosourcées[modifier | modifier le code]

L’état des lieux de la filière réalisé par le Hub des prescripteurs bas carbone révèle que l’industrie de la construction commence à peine à intégrer les matériaux biosourcés. En France, en 2020, le bois arrive en première place, avec environ 8 % des parts du marché de la construction. Cependant, l’ensemble de la chaîne de valeur va devoir apprendre à concevoir, réaliser et exploiter différemment afin d' intégrer pleinement les matériaux biosourcés à horizon 2030. Pour cela, il est important de ne pas opposer les matériaux, mais plutôt de viser des performances à la fois techniques, bas carbone et économiques, au travers une mixité de solutions.

La France dispose essentiellement de deux types de matériaux biosourcés : le bois et les plantes à fibre. En effet, c’est le premier producteur de plantes à fibre (comme le chanvre) et la troisième ressource forestière d’Europe. Les fibres végétales sont surtout utilisées dans la réalisation d’isolants, mais aussi pour du béton alternatif. La disponibilité de cette ressource ainsi que l’état de semi-industrialisation (voire d’industrialisation selon les plantes) des filières concernées permettront de répondre à la hausse de la demande dans les années à venir, à condition que les acteurs continuent à se structurer et à soutenir ce développement.

Le bois français est déjà bien exploité dans le secteur du bâtiment. En effet, 63 % du bois utilisé dans ce secteur provient de forêts françaises. Aujourd’hui, le bois représente 8% des parts de marché dans la construction en France. La filière forêt-bois souhaite atteindre 20 à 30 % des parts d'ici à 2030. Pour respecter cet objectif, il est nécessaire d’optimiser l’articulation entre les différents acteurs de la chaine de valeur de la transformation afin de garantir l’approvisionnement dans tout le pays. Afin de faire face à la hausse de la demande à venir en bois, le Hub des prescripteur bas carbone conseille de se tourner vers le bois feuillu, en complément du bois résineux[2].

Plan de relance 2020-2022[modifier | modifier le code]

Afin de redresser rapidement et durablement l’économie française après la crise COVID, un Plan de relance exceptionnel de 100 milliards d’euros est déployé par le Gouvernement autour de trois volets principaux : l'écologie, la compétitivité et la cohésion. Deux volets concernent particulièrement les matériaux biosourcés dans la construction :

  • Le volet rénovation énergétique : celui-ci valorise l’utilisation de matériaux biosourcés en rénovation.
  • Le volet transition agricole, alimentation et forêt : celui-ci prévoit des aides aux investissements de protection face aux aléas climatiques et un plan de reboisement des forêts françaises et de soutien à la filière bois[1]

En Europe[modifier | modifier le code]

Perspective du marché des matériaux biosourcés[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Afin de respecter les ambitions de la SNBC, pour l’ensemble du secteur du bâtiment, les volumes rien que pour les produits bois doivent augmenter d’environ 60% à l’horizon 2030 et être multipliés par 2,5 à l’horizon 2050 par rapport à 2015[5]. En 2020, pour la seule filière bois, le marché de la construction mixte représente déjà plus de 10 milliards d'euros de valeur ajoutée créée annuellement. Et 205 000 emplois directs sur les marchés finaux de la construction durable et bas carbone, estime la filière.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

frugalite.org

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Matériaux de construction biosourcés et géosourcés », sur Ministère de la Transition écologique (consulté le )
  2. a et b « 6 enseignements sur les biosourcés - le Hub des prescripteurs bas carbone a publié son brief biosourcés - Construction21 », sur www.construction21.org (consulté le )
  3. « Les matériaux bio- et géosourcés : Quelle opportunité pour l’immobilier ? », sur Observatoire de l'immobilier durable, (consulté le )
  4. « Projet de loi Climat et Résilience : l’Assemblée s’emballe pour la commande publique », sur Banque des Territoires, (consulté le )
  5. « Brief de FilièreBiosourcésLes messages clés »