Biorégionalisme

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Le biorégionalisme est une approche politique, économique et culturelle basée sur les spécificités écologiques d'une région, appelée biorégion[1],

Apparition du terme[modifier | modifier le code]

Le terme est apparu durant les années 1960, dans les milieux de la contre-culture nord-américaine[2], et plus spécifiquement californienne. Il a ensuite été conceptualisé dans les années 1970 et 1980 par - entre autres figures - Peter Berg, le fondateur de la principale organisation biorégionaliste, la Planet Drum Foundation, ex-Diggers, le géographe Raymond Dasmann (pour le compte de l'UICN), l'écrivain Gary Snyder et l'historien Kirkpatrick Sale, dont l'ouvrage Dwellers in the Land: The Bioregional Vision[3], première étude monographique complète, est considéré comme l'une des meilleures présentation de ce courant de l'écologie.

Cette approche a donné naissance à de nombreuses organisations non-gouvernementales (essentiellement basées aux États-Unis). Elle est aussi soutenue par une communauté artistique prolifique, notamment le poète et militant anarchiste Gary Snyder.

Le premier ouvrage francophone pleinement consacré à la théorie biorégionaliste et l'histoire de ses mouvements est paru en octobre 2018, sous le titre Les territoires du vivant. Un manifeste biorégionaliste[4] (Mathias Rollot). Il propose notamment une comparaison des différentes émergences du courant aux USA, en Italie et en France, compare les différentes philosophies nées de ces lieux et périodes, et propose une actualisation de l'idée de "biorégion" par le biais d'accents prononcés sur les questions spatiales (architecture, urbanisme, paysage, territoires) et la capacité d'invention des peuples. Selon Rollot, ainsi, "après une première période (1968-1978) de recherches et d'invention, de fondation idéologique du mouvement au sein d'un petit nombre, s'ouvre (...) une deuxième période, qui durera jusqu'à la fin des années 1990, de développement et de complexification du courant", avant qu'au cours d'une "troisième et dernière période historique, le mouvement biorégionaliste entre à l'Université", depuis la fin des années 1990 [5].

Principes de base[modifier | modifier le code]

Selon Peter Berg, le biorégionalisme est une approche proactive visant la formation d'une harmonie entre la culture humaine et l'environnement naturel. Contrairement à l'écologie politique classique qui, selon lui, est plus basée sur la dénonciation. L'écologie politique voit l'industrie comme une ennemie de la nature et la nature comme une victime de l'industrie devant être sauvée; le biorégionalisme voit l'humanité et sa culture comme une part de la nature et cherche à construire une relation positive et durable avec l'environnement plutôt que de vouloir préserver la nature sauvage dans une sphère hors de la société humaine[6].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Aux sources du biorégionalisme Interview de Peter Berg par Alain de Benoist et Michel Marmin, 2001, GRECE
  2. ABERLEY, D., "Interpreting bioregionalism. A story from many voices", in MAC GINNIS, M. (éd.), Bioregionalism, Routledge, New York, 1999, p. 15
  3. (en)Kirkpatrick Sale, Dwellers in the Land: The Bioregional Vision. Random House, 1985. (ISBN 0-8203-2205-9) (University of Georgia Press, 2000).
  4. Mathias Rollot, Les territoires du vivant. Un manifeste biorégionaliste, Paris, François Bourin, , 256 p. (ISBN 979-10-252-0420-7)
  5. Mathias Rollot, Les territoires du vivant, un manifeste biorégionaliste, Paris, François Bourin, , 246 p. (ISBN 979-10-252-0420-7), p.125, p.128
  6. (en)http://www.sustainable-city.org/intervws/berg.htm

Liens externes[modifier | modifier le code]