Bello

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Bello
Vue de Bello dans la vallée d'Aburrá.
Vue de Bello dans la vallée d'Aburrá.
Blason de Bello
Blason
Drapeau
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Colombie Colombie
Département Flag of Antioquia Department.svg Antioquia
Alcalde Olga Suarez Mira
Code DANE 05088
Démographie
Gentilé Bellanita
Population 373 013 hab. (2005[1])
Densité 2 503 hab./km2
Géographie
Coordonnées 6° 20′ 00″ Nord 75° 34′ 00″ Ouest / 6.333333, -75.566667
Superficie 14 900 ha = 149 km2
Localisation
Carte de Bello
Carte de Bello

Géolocalisation sur la carte : Antioquia (relief)

Antioquia (administrative)
City locator 14.svg
Bello

Géolocalisation sur la carte : Colombie

Voir sur la carte topographique de Colombie
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Bello

Bello est une ville du département d'Antioquia en Colombie. Elle est située au nord de la vallée d'Aburrá et limitée au sud par la ville de Medellín. Parmi les villes colombiennes autres que les capitales départementales, Bello est l'une des plus peuplées : environ 500 000 habitants en 2016[2] (373 013 habitants lors du recensement DANE de 2005).

Le climat est chaud et se voit rafraîchi par les vents qui se canalisent le long des vallées et soufflent toute l'année. Bello est dominée par le Cerro Quitasol (es), un des plus grands cerros de la vallée d'Aburrá.

En 1574, Gaspar de Rodas vainc les indigènes vivant sur les terres fertiles de l'emplacement de Bello. Il fonde la ville de Hatoviejo en 1576. Deux siècles plus tard, un maire faisant partie du conseil municipal de Medellín est nommé à Hatoviejo. En 1883, la ville change de toponyme et devient Bello.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sur les terres fertiles où se trouve Bello vécurent pendant plusieurs siècles des populations indigènes, dont les dernières furent les Niquía, de l'ethnie des Aburráes, appartenant à la famille des Nutave. Celle-ci était composée de tous les peuples habitant la vallée d'Aburrá et généralement établis entre les ríos Cauca et Porce[3].

Invasion espagnole[modifier | modifier le code]

En juillet 1541, un lieutenant du maréchal Jorge Robledo (1500-1546), Jerónimo Luis Tejelo, qui commande un avant-poste espagnol, voit, pour la première fois, l'immense Valle de los Aburraés. Après avoir reçu le rapport de son lieutenant, Jorge Robledo ordonne l'exploration du territoire qui devient effective le 24 août 1541 lorsque le campement est installé sur les terres du cacique niquía aux fins d'inspecter le Valle de los Aburraés et de le déclarer possession de l'Empire espagnol[3].

En 1574, Gaspar de Rodas (es) (1518-1607) vainc les indigènes du cacique niquía vivant sur le territoire et en sollicite, auprès de l'Empire espagnol, les terres pour élever du bétail. Sa requête est acceptée et c'est ainsi que le territoire prend le nom de « Hatos de Rodas » (Bétails de Rodas), puis celui de « Hatoviejo » (Vieux troupeau).

Colonisation espagnole[modifier | modifier le code]

Gaspar de Rodas fonde la ville en 1576[3].

Après Hatoviejo sont fondées San Juan de Tasajera (aujourd'hui Copacabana), Hatogrande (Girardota) et El Hatillo qui conserve son nom dans la juridiction de Barbosa. Cette colonisation a facilité la fondation de Medellín, environ un siècle plus tard.

Au cours du XVIIe siècle, sous le règne des souverains catholiques d'Espagne, quelques huttes appartenant à des indigènes régis par leurs propres lois subsistent sur le territoire de Hatoviejo, près de hameaux hispaniques où sont construites des chapelles.

En 1746, la communauté de Notre Dame du Rosaire est nommée vice-paroisse et dépend de Notre Dame de la Candelaria de Medellín. En 1773, la vice-paroisse est élevée à la dignité de paroisse et comprend entre huit cents et mille personnes. À partir du 2 décembre 1788, Hatoviejo a un maire faisant partie du conseil municipal de Medellín. En 1808, Hatoviejo comprend dix-sept maisons aux toits couverts de tuiles et trente-deux maisons aux toits de chaume. 1 476 personnes environ vivent à Hatoviejo, soit 247 familles et 313 esclaves d'origine africaine[3].

Période républicaine[modifier | modifier le code]

En 1836, dans ce village extrêmement pauvre dont les habitants vivent dispersés dans les montagnes, ainsi que l'a décrit le maire du district de l'époque, une première école est ouverte où trente-trois enfants sont inscrits. Marco Fidel Suárez étudie dans cette école vingt-sept ans plus tard puis en devient le directeur en 1877[3].

Changement de toponyme[modifier | modifier le code]

Le 28 décembre 1883, des habitants de Hatoviejo demandent au président de l'État souverain d'Antioquia que le nom de leur village (en français : « Vieux troupeau »), nom qu'ils trouvent insultant, soit remplacé par Bello, en hommage à Andrés Bello (1781-1865), à l'occasion du centenaire de la naissance de cet universitaire humaniste, écrivain, poète, philologue et juriste vénézuélien, nationalisé chilien.

La ville est surnommée « Cuna de Marco Fidel Suárez » (Berceau de Marco Fidel Suárez) et « Cuna de Artistas » (Berceau des Artistes)[2].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de Bello.

Bello devient municipalité en 1913.

Au début du XXe siècle, Bello est toujours considérée, dans les ouvrages littéraires, comme un pauvre village rural, avec une croissance lente, qui a conservé des coutumes hispaniques et comprend seulement cinq rues et une place. La vallée où est implantée Bello est décrite comme un emplacement idyllique, riche en eau et en végétation, où l'atmosphère est saine sous un ciel pur [3]. Les Bellanitas passent ensuite radicalement d'une économie agricole assurant leur subsistance à une économie industrielle qui génère une nouvelle population de propriétaires et de commerçants et entraîne l'urbanisation de Bello.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cerro Quitasol

Localisation[modifier | modifier le code]

Bello est située à 10 km de Medellín et à 542 km de Bogota[3].

La ville est limitée au nord par San Pedro de los Milagros, à l'est par Copacabana et Guarne, au sud par Medellín et à l'ouest par San Jerónimo.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Bello se trouve dans la cordillère Centrale des Andes. Sa principale caractéristique géographique est le Cerro Quitasol, cerro tutélaire de la ville avec 2 880 m. de hauteur.

Altitude de la ville : 1 450 m. au-dessus du niveau de la mer.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le lac La García est un lac de barrage situé dans la municipalité de Bello, à 10 km au nord-ouest de Medellín.

Climat[modifier | modifier le code]

Par son emplacement dans une zone torride, Bello ne subit pas de changements climatiques.

Le taux moyen des précipitations est de 1 347 mm. Le climat est tempéré et la température moyenne s'élève à 23 °C[3].

Industrie et croissance urbaine[modifier | modifier le code]

L'emplacement de Bello est favorable tant à l'agriculture, à l'élevage et à la création de sites de loisirs qu'à l'implantation d'entreprises par les Medellinense. Le climat agréable de Bello, la proximité de la ville de Medellín, sa situation stratégique grâce à sa station de métro et aux principales routes du département d'Antioquia, ses abondantes sources d'eau propre à la consommation et à la production d'énergie sont autant de facteurs environnementaux, politiques et socio-économiques qui permettent la croissance rapide des industries sur le territoire de Bello.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Un programme soutenu par la Banque mondiale comprend un plan de développement de BRT (« Bus Rapid Transit »), réseau de bus express ou bus à haut niveau de service, à Bello, Barranquilla, Carthagène des Indes, Cúcuta, Medellín-Valle de Aburrá et Soacha[4].

Bello comporte une station de métro sur la ligne A du métro de Medellín[5]. L'inauguration de la ligne de métro reliant directement le territoire au nord, au centre et au sud de la vallée d'Aburrá a lieu le 30 novembre 1995. Ce jour-là, l'exploitation commerciale du métro de Medellín commence avec le passage d'un train entre les stations Niquía et Poblado. Le nom de la première de ces stations est un hommage au cacique niquía auquel les terres ont été prises quatre siècles plus tôt.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La superficie totale est de 149 km2 et l'emprise urbaine de 18 km2.

La municipalité de Bello comprend 79 quartiers et 13 villages ruraux, lesquels sont répartis en 6 communes.

Communes[modifier | modifier le code]

  • La commune 1 inclut les quartiers de : Paris, La Esmeralda, La Pradera, Los Sauces, El Cafetal, Paris Central, La Maruchenga, José Antonio Galán, La Esperanza y Salvador Allende ;
  • la commune 2 comprend les quartiers de : Barrio Nuevo, La Cabaña, La Cabañita, La Madera, La Gran Avenida, San José Obrero, Santa Ana, Salento, La Florida, Guayacanes de la Cabaña. (Note: Les urbanisations de Los Búcaros, Serramonte y Palmar de Serramonte font partie du territoire du quartier de Santa-Ana) ;
  • la commune 3 est formée par les quartiers de : La Estación, Manchester, Puerto Bello, Rincón Santo, Central, Suárez, Espíritu Santo, Nazareth, Pérez, Zona Centro, Prado, Las Granjas, Congolo, Andalucía, Milagrosa, El Cairo, Buenos Aires, Briceño, El Paraíso, El Trapiche, Urapanes, La Primavera, El Porvenir, El Carmelo, Cumbre, Rosario, Altavista, Barrio Mesa, La Rosa y La Gloria ;
  • la commune 4 comprend les quartiers de : Playa Rica, La Aldea, Marco Tulio Henao, El Ducado, San Martín, Goretti, El Vergel, Pachelly, Los Alpes, Bellavista, San Gabriel, Villa del Sur, El Mirador y La Selva ;
  • la commune 5 est composée des quartiers de : Altos de Niquía, Niquía Bifamiliar, Ciudad Niquía, Panamericano, Ciudadela del Norte, Navarra y Guasimalito ;
  • la commune 6 comprend les quartiers de: Santa Rita, Zamora, Acevedo, La Gabriela, Las Vegas, La Camila, Fontidueño y Alcalá.

Villages ruraux[modifier | modifier le code]

Les villages ruraux de la municipalité de Bello sont : San Félix, Sabanalarga, La Unión, El Carmelo, La China, Cuartas, El Tambo, Cerezales, Granizal, Tierradentro, Primavera, Hatoviejo, Potrerito, La Palma, Guasimalito y Ovejas.

Culture[modifier | modifier le code]

Bello développe, au fil des ans, une longue tradition culturelle et consolide progressivement une vocation de culture communautaire.

En 1949, des jeunes diplômés de l'Institut Manuel J. Caycedo (aujourd'hui « Colegio La Salle Bello ») mettent en œuvre la création du Centre culturel Marco Fidel Suárez et se donnent pour tâche de promouvoir la fondation de la bibliothèque publique. En 1954, la Banque de la République de Colombie participe à l'avancement de la construction de la Bibliothèque Marco Fidel Suárez ainsi qu'à son équipement[3].

Pendant les années 1970, l'élan généré par la création de la Bibliothèque Marco Fidel Suárez entraîne l'ouverture d'une Maison de la culture à Bello. La présence d'activités artistiques dans ces mouvements orientés vers le développement culturel enrichit leurs contenus politiques, les transformant progressivement en expressions communautaires alternatives, autogérées et motivantes, sans que soient abandonnés leur esprit et leur quête de transformation sociale.

Durant les années 1970 et 1980, l'Église catholique, grâce à l'organisation de groupes de jeunes et de catéchistes guidés par la « Pastoral Juvenil Arquidiocesana », service de la jeunesse de l'archidiocèse, participe à la mise en place d'activités culturelles dans les quartiers de Bello. Ces groupes œuvrent au développement de loisirs communautaires qui, depuis 1987, sont devenus l'un des phénomènes culturels les plus importants de Bello ainsi qu'un modèle national de travail communautaire. Ces actions sont coordonnées par le service des loisirs et des sports de la municipalité, dépendant actuellement de « Deporbello », qui a mobilisé et formé, en dix ans, plus de 28 000 dirigeants communautaires répartis auprès de plus de 280 000 enfants habitant dans les quartiers de Bello[3].

Maison de la culture à Bello.

Création de la Maison de la culture Cerro del Ángel[modifier | modifier le code]

En 1989, le théâtre de Bello, situé carreras 50, 52-63, déclaré patrimoine architectural par l'ancien conseil municipal, est démoli. Un an plus tard, divers groupes communautaires forment la « Reunión de Artistas y Trabajadores de la Culture de Bello » (Réunion des Artistes et des Travailleurs culturels de Bello), qui devient la « Corporación Cultural Rearte » (Corporation culturelle Rearte), et la construction de la Maison de la culture Cerro del Ángel est mise en œuvre en 1992. Rapidement, la Maison de la culture, soutenue par le mouvement communautaire, déclenche une dynamique socioculturelle intense qui s'adresse, en 1995, à plus de 230 000 personnes et bénéficie d'une reconnaissance nationale.

Symboles[modifier | modifier le code]

Hymne de la ville[modifier | modifier le code]

Les paroles de l'hymne de la municipalité de Bello sont de Juan Botero Restrepo. Le compositeur est Luis Uribe Bueno et l'arrangement musical est d'Álvaro Mercado B.

Drapeau[modifier | modifier le code]

Le drapeau de Bello est composé de trois bandes horizontales : bleu, blanc, vert et d'un triangle rouge.

  • La partie bleue représente le ciel ainsi que les mers et rivières de la Colombie ;
  • la partie blanche fait référence à la paix, la franchise, l'intégrité et la loyauté ;
  • et la partie verte à l'espoir, la foi, l'amour, la liberté, la fraternité et la fertilité ;
  • le triangle rouge représente le sang versé par les ancêtres se battant contre le colonisateur espagnol pour leur liberté.

Personnalité liée à la municipalité[modifier | modifier le code]

  • Marco Fidel Suárez (1855-1927), écrivain et président de la Colombie né à Bello (Hatoviejo).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Censo 2005 — Bello[PDF], DANE
  2. a et b (es) « Presentación del Municipio », sur bello.gov.co, Alcaldía de Bello,‎ (consulté le 13 février 2016).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (es) « Bienvenidos al municipio de Bello », sur semiosfera.org.co, Corporación Semiósfera (consulté le 21 février 2016).
  4. « La Colombie transforme ses transports urbains », sur banquemondiale.org, La Banque mondiale,‎ (consulté le 6 mars 2016).
  5. (en) « Medellin's metro, metrocable and metroplus », sur colombiareports.com, Colombia Reports,‎ http://colombiareports.com/medellin-metro/ (consulté le 6 mars 2016).