Batoke

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Batoke
Batoke
Association des femmes francophones de Batoke lors d'une inauguration
Administration
Pays Drapeau du Cameroun Cameroun
Région Sud-Ouest
Département Fako
Commune Limbé II
Démographie
Population 4 337 hab.[1] (2005)
Géographie
Coordonnées 4° 01′ 49″ nord, 9° 06′ 04″ est
Altitude 79 m
Localisation
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Batoke
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Batoke

Batoke est un village situé sur le versant sud du mont Etinde - mont qui jouxte le mont Cameroun - dans la région du Sud-Ouest du Cameroun. Il dépend du département du Fako et de la commune de Limbé 2.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Au niveau départemental, Batoke est limitrophe des villages Limbola et Batoke à l'est, Bakingili à l'ouest. Au nord, il est limité par le mont Etinde et, au sud, par la côte atlantique. Il est relié à Yaoundé par la route nationale no 3 et se situe à environ 80 km de la capitale économique du Cameroun Douala. Le village dépend du département du Fako et de la commune de Limbé 2.

Villages limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Mont Etinde Rose des vents
Limbola, Mokundange N Bakingili
O    Batoke    E
S
côte atlantique

Géographie et relief[modifier | modifier le code]

Le village est situé sur un des versants du mont Etinde. Le relief se compose de roches sédimentaires datant du Crétacé et du Quaternaire, reposant sur les roches métamorphiques du Précambrien.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Petits cours d'eau[modifier | modifier le code]

Le village est irrigué par des petits cours d'eau qui serpentent sur les flancs des petits massifs présents tout autour du mont Etinde. Ces cours d'eau se déversent dans l'océan Atlantique qui borde la limite sud du village.

L'océan Atlantique[modifier | modifier le code]

La proximité du village avec l'océan Atlantique contribue et façonne l'histoire du village. Fort heureusement la position surélevée du village le rend moins sujet aux différents risques d'inondations et autres risques marins.

Climat[modifier | modifier le code]

Le village est situé en zone climatique équatoriale et bénéficie d'un climat humide et tempéré, avec néanmoins l'existence de deux saisons sèches (juillet-août et décembre-février) et de deux saisons humides (mars-juin et septembre-novembre). Cependant, du fait la proximité atlantique, Mokundange jouit de la singularité pluviométrique propre au mont Cameroun, la hauteur moyenne annuelle de la pluviométrie, beaucoup plus importante au sud-ouest, est de 5 080 mm[2].

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies de communications[modifier | modifier le code]

La nationale No 03 issue de Yaoundé traverse le village. Cependant de nombreuses pistes issues des anciens champs de plantation de la CDC sont utilisées pour la circulation dans le village. Des travaux de réhabilitation des anciennes voies et la construction de nouvelles voies sont en cours.

Transports[modifier | modifier le code]

Partant de la capitale économique Douala, les coûts de transport varient suivant que l'on utilise des véhicules de transport de la communauté urbaine ou les voitures des particuliers. Pour ce qui est des véhicules de transport interurbain, il faut débourser 1300 FCFA quittant du parc de voyage situé à la sortie de la ville jusqu'à l'entrée de la ville de Limbé. Pour les voitures des particuliers, communément appelés "Clandos : Clandestins", il faut débourser entre 2000 FCFA et 3000 FCFA suivant qu'il y a affluence ou pas. Et de l'entrée de la ville de Limbé, on débourse le montant de 500 FCFA, en utilisant les taxis pour se rendre au village. À l'intérieur du village, les déplacements motorisés s'effectuent uniquement par le biais des motos taxis.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Comme la plupart de ses consœurs, le village subit actuellement une forte croissance urbaine. Cela commence au début du XXe siècle, avec l'arrivée des colons allemands qui développent de vastes champs de plantations. Ces champs modélisent les habitats des autochtones pour les rendre plus modernes. Après le départ des Allemands en 1915 et l'arrivée des Anglais, les champs sont regroupés autour de la CDC qui continue l'exploitation et l'amélioration des champs. Il faudra attendre 1981 avec la création de la Société Nationale de Raffinage du Cameroun (SONARA) pour avoir une économie alternative. Du fait du manque de logements pour leurs premiers employés, les habitations avec des matériaux durables naissent afin d’accueillir ce flux de travailleurs. De nos jours, l'on compte quelques rares habitations en matériaux provisoires qui rappellent le passé agricole du village.

Projets d'aménagements[modifier | modifier le code]

Du fait de l'organisation de la coupe d'Afrique des Nations de football, le village fait partie d'un vaste programme gouvernemental de projets d'aménagements. En effet un stade devant accueillir les matchs de cette compétition est construit dans le village voisin. La raréfaction des infrastructures hôtelières et d'accueil conduisent au déguerpissement des populations donc les constructions ne répondent pas aux normes actuelles de sécurité. Ces démolitions sont dénoncées par les villageois qui sont fortement préoccupés par leur devenir[3].

Risque sismique[modifier | modifier le code]

Le risque sismique subsiste du fait que le village soit situé sur une des pentes du mont Cameroun qui est un volcan sujet à des éruptions volcaniques. Le mont Cameroun se situe dans une zone géologiquement active, la Ligne Volcanique du Cameroun. Cette zone a contribué à donner la séparation du supercontinent Gondwana pour donner naissance aux plaques Africaines et Sud-Américaines[4].

  • 1909 ; 1922 ; 1954 ; 1959 ; 1982[5].
  • Avril 1999
  • Le 19 mars 2005[6]
  • le 04 février 2012[4]

Histoire[modifier | modifier le code]

1885-1914[modifier | modifier le code]

L'histoire de Batoke est liée à celle des plantations allemandes du mont Cameroun. Durant la période coloniale allemande (1884-1916), les sociétés allemandes remarquent très tôt les possibilités agricoles offertes par les régions situées tout autour du mont Cameroun. Aussi, les sociétés Woeermann et Jantzen - Thôrmaleen acquièrent les premières terres en 1897. En 1914, ces sociétés contrôlent plus de 90 000 ha et en cultivent 18 000 ha[7]. À la veille de la Première Guerre mondiale, la région du mont Cameroun est la plus vaste zone des plantations d'Afrique de l'Ouest. En 1869, la firme John Holt installe la première factorie à Bimbia. En janvier 1897 est créée la plus importante des sociétés agricoles du Cameroun de l'époque : la West Afrikanische Pflanzung Victoria (WAPV). La seconde société derrière la WAPV est West Afrikanische Pflanzung Bibundi (WAPB) qui possède 14 000 ha à Bibundi, Isongo et Mukundange.

Batoke dépend de la commune de Limbé 2, qui dépend elle-même du département du Fako. Le ressort territorial du département du Fako a d'abord été fixé par le décret no 63-DF-250 du , puis modifié le (amputé de l'arrondissement de Bamusso), donnant lieu à la création de trois arrondissements : Muyuka (), Victoria () et Tiko[8].

Il s'agit initialement de trois villages[9]: Batoke beach, Batoke CDC Camp, Batoke Mile 8. La répartition de la population de cette époque est la suivante:

Village Commune Arrondissement Population (année)
Batoke Beach Victoria Victoria 79 (1968)
Batoke CDC Camp I Victoria Victoria 72 (1970)
Batoke Mile 8 Victoria Victoria 390 (1953) / 120 (1969)

Des trois subdivisions ci-dessus, Batoke Mile 8 bénéficie de plus de structures que les autres localités, notamment d'une école primaire, d'un centre de santé, une clinique spécialisée dans la léproserie, d'une station de presse d'huile de palme et d'un jeune club de formation en agriculture.

Éducation[modifier | modifier le code]

Le village possède un lycée public d'enseignement secondaire[10]

Population[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Batoke se situe dans la zone anglophone du Cameroun, anciennement État Fédéral du Cameroun Occidental, de ce fait, la langue la plus parlée est l'anglais. L'ethnie originaire, dans les années 1960, est celle des Bamboko[11]. Cependant la région connait au début du vingtième siècle une immigration forcée des travailleurs Bamiléké de l'Ouest de Cameroun et des Boulous de Centre, pour des besoins de main d’œuvre dans les vastes plantations des Allemands.

Actuellement les Bakweris constituent l'ethnie majoritaire. Il s'agit d'une ethnie bantoue.

Culture et Patrimoine[modifier | modifier le code]

La pêche[modifier | modifier le code]

Du fait de la proximité avec l’océan Atlantique, la pêche artisanale fait partie intégrante de la culture des habitants de Batoke. Cette pêche s'effectue le long des côte de l'océan, à une distance d'environ 3.2 km à partir du rivage. Les pirogues se concentrent dans les estuaires du secteur côtier des surfaces[12].

Selon une étude menée par le Fonds Alimentaire Mondial, en 1983, le village compte 432 pirogues, pour 1172 pêcheurs et une estimation de 6600 tonnes de poissons par an[12]. La pratique de la pêche artisanale s'effectue suivant trois types de pirogues:

  • Les petites pirogues de 4 à 6 mètres de long transportant deux personnes. Pour ce cas précis, l'on utilise les crochets et des fils de pêche pour attraper les poissons chats et les barracudas.
  • Les pirogues moyennes de 7 à 8 mètres de long, utilisant les filets maillants de 100 à 300 mètres de long. On les plonge dans les estuaires de l'océan à une profondeur de 3 à 9 mètres pour attraper les bancs de sardines.
  • Les grandes pirogues de longueurs comprises entre 10 et 12 mètres pouvant transporter 14 hommes.

Plusieurs projets sons actuellement implémentés en vue de la modernisation des activités liées à la pêche. C'est le cas par exemple des fours de séchage de poisson à énergie solaire offerts par le consortium African Ressource Group Cameroon[13]. En effet, le poisson fumé est très prisé par les populations locales en raison de son goût, sa facilité de conservation, ses avantages nutritionnels et ses prix compétitifs par rapport à d'autres denrées alimentaires comme le lait, la viande ou les œufs.

Administration[modifier | modifier le code]

Personnalités liées au village[modifier | modifier le code]

Le chef actuel du village Batoke se nomme Molive Molungu Otto[3]. Le président du conseil du village se nomme Mbelle Raphael Eko.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Troisième recensement général de la population et de l'habitat (3e RGPH, 2005), Bureau central des recensements et des études de population du Cameroun (BUCREP), 2005.
  2. http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/pleins_textes_5/b_fdi_06-07/07164.pdf
  3. a et b (en-US) starest, « Batoke Village Pleads With Limbe Govt Delegate To Delay Demolition - Official Website », sur Official Website, (consulté le )
  4. a et b « Simplement Géologie: Ligne volcanique du Cameroun - Volcans et Lacs explosifs », sur www.simplegeo.ca (consulté le )
  5. http://www.ecologie-humaine.eu/DOCUMENTS/SEH_Incertitude/Incertitude_39_Zogning.pdf
  6. « Cameroon-Info.Net :: Séisme: La terre a tremblé au Cameroun », sur www.cameroon-info.net (consulté le )
  7. Michel, Marc, « Les plantations allemandes du mont Cameroun (1885-1914) », Outre-Mers. Revue d'histoire, Persée - Portail des revues scientifiques en SHS, vol. 57, no 207,‎ , p. 183–213 (DOI 10.3406/outre.1970.1503, lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  8. G. Courade (O.R.S.T.O.M), Dictionnaires des villages du Fako, Cameroun, (O.R.S.T.O.M), , 76 p. (lire en ligne), Page 5
  9. http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers08-01/02890.pdf
  10. (en) « Government High School ( G.H.S) Batoke Limbe Business Planning Meeting. », sur https://nhisorganicfarm.wordpress.com, (consulté le )
  11. Dictionnaire des villages du Fako, p. 49.
  12. a et b « MARINE FISHERY RESOURCES OF CAMEROON: A REVIEW OF EXPLOITED FISH STOCKS », sur www.fao.org (consulté le )
  13. « Fishing: Solar Drying Ovens a substitute to Smoking », sur hilltopvoices.org (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des villages du Fako, Centre ORSTOM de Yaoundé, juillet 1973, 76 p.
  • (en) B. M. Tarh, Village Study Report, Batoke Village, Pan African Institute for Development, Buea, 1972, 20 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]