Bald's Leechbook

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Une page du Læceboc.

Le Bald's Leechbook est un livre de médecine en vieil anglais compilé vers la fin du IXe ou le début du Xe siècle.

Manuscrit[modifier | modifier le code]

Le seul manuscrit existant est conservé à la British Library de Londres (référence Royal 12, D xvii.). « Bald » est le nom de l'homme sur l'ordre duquel a été compilé ce Læceboc, ou « livre de remèdes ». Les principales sources sont Galien, Philagrios d'Épire, Antyllos (en) et Soranos d'Éphèse[1].

Après le colophon, on trouve (folios 109–127v) un Leechbook III, une collection de 73 remèdes d'une autre origine.

Le livre se trouvait d'abord à la bibliothèque de l'abbaye de Glastonbury. Il parvint, on ne sait comment, dans la bibliothèque royale, aujourd'hui intégrée à la British Library[2].

Exemples de remèdes[modifier | modifier le code]

Exemples de remèdes anciens[modifier | modifier le code]

  • Engelures : mélange d'œufs, de vin et de racine de fenouil.
  • Mal aux pieds : pilonner du sureau noir, du plantain et de l'armoise ; appliquer aux pieds et les lier[3].
  • Maux de tête : tige de gaillet croisette qui entoure la tête avec un mouchoir rouge.
  • Virilité: le thé des bois, bouilli dans du lait, pourrait exciter un homme insuffisamment viril ; bouilli dans de la bière galloise, il aurait l'effet inverse.
  • Zona : une recette pour le traitement du zona contient des composants provenant de quinze arbres différents, dont le pommier, le saule, le frêne et le chêne[4].

Recherches récentes[modifier | modifier le code]

En mars 2015, une pommade du Leechbook qui compte notamment du poireau, du vin, de l'oignon et de la bile d'estomac de vache, a été testée in vitro et (au Texas) in vivo comme un agent potentiel contre le SARM, le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline[5],[6].

Les chercheurs ont eu la surprise de constater que « l'onguent détruit 999 bactéries sur 1 000, soit mieux qu'un antibiotique classique. Forts de leur succès, les scientifiques ont appliqué le cataplasme sur des souris infectées : il a éliminé 90% des staphylocoques présents sur les plaies des rongeurs ». Pris individuellement, les ingrédients ne fonctionnent pas.

Les chercheurs supposent que, la pommade reposant dans une cuve en cuivre pendant dix jours, cela provoque une série de nouvelles réactions chimiques. Le cuivre est en effet connu pour ses propriétés bactéricides[7].

Déjà en 2005 on avait mené des recherches sur ce remède, mais sans succès[8]. Michael Drout, qui a participé à la recherche de 2005 salue les nouveaux résultats dans son blog[9].

Éditions[modifier | modifier le code]

  • [Cockayne 1865] Oswald Cockayne (éd. et trad.), Leechdoms, Wortcunning, and Starcraft of Early England ; being a collection of documents, for the most part never before printed, illustrating the history of science in this country before the Norman Conquest, (3 vol., Londres, 1864–1866. Rerum Britannicarum medii aevi scriptores, 35), vol. 2 Numérisation archive.org Numérisation Gallica Numérisation Google
  • Günther Leonhardi, Kleinere angelsächsische Denkmäler I, Kassel, 1905 (Bibliothek der angelsächsischen Prosa, 6)
  • C. E. Wright (dir.), Bald's Leechbook : British Museum Royal manuscript 12 D.xvii, Copenhague, Rosenkilde & Bagger, 1955 (Early English Manuscripts in Facsimile, 5)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Harrison et al., A 1,000-Year-Old Antimicrobial Remedy with Antistaphylococcal Activity., août 2015 DOI:10.1128/mBio.01129-15
  • A. L. Meaney, « Variant Versions of Old English Medical Remedies and the Compilation of Bald's Leechbook », Anglo-Saxon England 13 (1984) p. 235–68
  • J. F. Payne, English Medicine in Anglo-Saxon Times, Oxford, Clarendon Press, 1904
  • E. Pettit, Anglo-Saxon Remedies, Charms, and Prayers from British Library MS Harley 585 : The ‘Lacnunga’, 2 vol., Lewiston et Lampeter, Edwin Mellen Press, 2001
    Édition, avec traduction et commentaire, d'un traité médical anglo-saxon où se trouvent des versions différentes des remèdes du Leechbook de Bald.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Ein Augenheilmittel aus dem Mittelalter gegen Multiresistenz, Forschergruppe Klostermedizin, (consulté le 31 mars 2015).
  2. Cockayne 1865, vol. 2, p. xx.
  3. Cockayne 1865, vol. 2, p. 69.
  4. (en) Robert Lacey et Danny Danziger, The Year 1000 : What Life Was Like at the Turn of the First Millennium, Little Brown, 2000 (ISBN 0-316-51157-9).
  5. (en) Clare Wilson, « Anglo Saxon remedy kills hospital superbug MRSA », New Scientist (consulté le 31 mars 2015).
  6. (en) « Researchers from Nottingham rediscover Anglo-Saxon antimicrobial », sur Microbiology Society ,‎ (consulté le 1er février 2016).
  7. AlloDocteur : Antibiotique : la recette était dans un vieux grimoire.
  8. Barbara Brennessel, Michael D.C. Drout et Robyn Gravel, « A Re-Assessment of the Efficacy of Anglo-Saxon Medicine », dans Anglo-Saxon England, 34 (2005), p. 183-195.
  9. Michael Drout, Anglo-Saxon Medicine, 31 mars 2015.