Ata el-Ayoubi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Ata al-Ayoubi)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Ata el-Ayoubi
Ata al-Ayyubi.jpg
Ata al-Ayoubi
Fonction
Président de la Syrie
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
DamasVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Religion

Ata Bey el-Ayoubi (en arabe : عطا الأيوبي / ʿAṭā al-Ayyūbī), né le et mort le , est un homme d'État syrien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayoubi est né à Damas, dans une famille engagée politiquement. Il a fait ses études à Istanbul, c'est là-bas qu'il a étudié l'administration publique avant de commencer sa carrière professionnelle comme fonctionnaire. En 1908, il est nommé gouverneur de Lattaquié, une ville sur la côte syrienne. Durant la révolte arabe de 1916-1918 contre le pouvoir ottoman, il n'a pris parti pour aucun des deux camps. Néanmoins, quand l'Empire ottoman a été défait en 1918, il est retourné vivre à Damas. Durant les quatre jours qui se sont passés, entre le départ de l'armée turque et l'arrivée des armées arabes, il a créé un gouvernement provisoire avec un groupe de notables syrien, dont entre autres l'émir Said al-Jazairi, son beau-frère et petit-fils de l'émir AbdelKader, qui vivait aussi à Damas.

En juillet 1920, sous le règne du roi Fayçal, le premier ministre, Ala'eddin Droubi le nomme ministre de l'intérieur. Après la mise en place du mandat français en Syrie, Ayoubi garde son poste de ministre de l'intérieur. Néanmoins, il a noué des contacts avec des chefs nationalistes, il a établi une contrebande d'armes et d'argent avec Saleh al-Ali, leader de la révolte syrienne de 1925-1927 sur la côte ouest et Ibrahim Hananu leader de la "Révolte d'Alep". À Lattaquié il s'est servi de son poste de premier ministre, pour aider les insurgés Syriens à ne pas se faire arrêter par la police, et il leur a donné de nombreuses informations sur les garnisons françaises pour mener des guets-apens. Il était ministre lors de la bataille de Maysaloun menée par le ministre de la guerre, et le chef d'état-major, Youssef al-Azmeh. En août 1920, un groupe d'hommes a tenté de l'assassiner, ils l'accusaient de trahison pour avoir accepté le mandat français en Syrie. Mais il a gardé son poste, devenant en 1922 ministre de la justice dans le gouvernement pro-français de Subhi Barakat, il a gardé son poste jusqu'en 1925, date du grand soulèvement syrien contre les Français.

En 1928, il s'allie avec le Bloc national, le principal parti politique contre la présence française en Syrie, mais il n'était pas membre du parti. En mars 1934, le premier ministre Taj al-Din al-Hasani le nomme ministre de la justice. Les relations entre le Bloc national et les autorités françaises se dégradent brusquement en , les dirigeants du Bloc invitent les Syriens à faire la grève. La grève dure pendant 36 jours[1], alors que les Français n'hésitent pas à arrêter et à battre les grévistes. La communauté internationale a été indignée de l'attitude de la France pendant ce conflit. Mais les autorités françaises, craignant que la grève s'exporte en Afrique du Nord, décide de négocier l'indépendance avec les dirigeants du Bloc.

Pendant les négociations, le gouvernement pro-français de Taj al-Din al-Hasani est dissous et le haut commissaire Français, le comte Damien de Martel demande à Ayoubi de former un nouveau gouvernement. Il forme un gouvernement de coalition, qui regroupe des personnalités politiques pro-françaises, et d'autres indépendantistes, membres du Bloc. À la fin des négociations entre le Bloc et les autorités françaises, Ayoubi démissionne de son poste. Avec le chef nationaliste, président du Bloc national, Hachem al-Atassi, il décide de la mise en place d'une nouvelle grève de soixante jours et il annonce la signature d'un accord avec la France qui garantirait l'indépendance de la Syrie pendant au moins 25 ans. Les Syriens ont accepté cet accord, mais pas les Français qui craignaient de perdre une colonie importante dans le monde arabe, si une deuxième guerre mondiale éclatait.

Pendant la période de transition, il s'est nommé ministre des affaires étrangères, de la défense et de l'intérieur. À la suite de l'élection de Shukri al-Kuwatli au poste de président de la république, il quitte la vie politique. Il fut membre de la franc-maçonnerie[2] [réf. à confirmer].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D. K. Fieldhouse, Western Imperialism in the Middle East 1914-1958, OUP Oxford, (ISBN 9780191536960, présentation en ligne)
  2. http://www.grandorientarabe.org/index.php?news&nid=1