Arthur Herbert (1er comte de Torrington)

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Arthur Herbert
Comte de Torrington
Arthur Herbert (1er comte de Torrington)
Portrait du comte de Torrington

Naissance 1648
Décès
Origine Drapeau de l'Angleterre Royaume d'Angleterre
Arme Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Grade Contre-amiral
Conflits Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Autres fonctions Lord High Admiral
First Lord of the Admiralty
Membre de la Chambre des lords

Arthur Herbert (1648), 1er comte de Torrington, est un amiral et homme politique anglais de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle. Démis de son poste de contre-amiral par Jacques II en 1688 pour avoir refusé de voter pour repousser le Test Act, interdisant aux catholiques de détenir des offices, il porte l'Invitation à Guillaume à La Haye, déguisé en simple marin. En récompense, il est fait commandant de la flotte d'invasion de Guillaume III pendant la « Glorious Revolution ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Arthur est le fils du procureur général et Lord Keeper of the Great Seal, Sir Edward Herbert (en) d'Aston, dans le Montgomeryshire et de sa femme, Margaret, fille du Master of Requests, Thomas Smith d'Abingdon, Berkshire (aujourd'hui Oxfordshire) et de Parsons Green, Middlesex, veuve deThomas Carey (en) de Sunninghill Park, Berkshire. Il naît entre juillet et octobre 1648[1]. Il est le frère du Chief Justice Herbert Edward Herbert (en), Member of Parliament pour Douvres, Master of the robes, et contre-amiral d'Angleterre.

Apprécié par ses marins, il était réputé pour être l'un des meilleurs officiers de marine issus de l'aristocratie. On pensait qu'il se conformerait aisément aux désirs du roi, étant lui-même indifférent aux questions de religion, il préférait les plaisirs et les dépenses, et n'avait pas de propriétés privées, ses fonctions (offices et emplois) lui rapportaient 4 000 £ par an, et comptait depuis longtemps parmi les partisans les plus dévoués à Jacques II. Cependant, lorsque le contre-amiral est acculé, et que le roi lui demande de promettre qu'il allait voter pour l'abrogation du Test Act, il répond que son honneur et sa conscience ne lui permettraient pas d'en donner tous les gages. « Personne ne doute de votre honneur », lui répond le Roi, « mais un homme qui vit comme vous le faites ne devrait pas parler de conscience[2]. » À ce reproche royal, qui lui est valut par la disgrâce dans laquelle le tient l'amant de Catherine Sedley, Herbert ose répondre: « J'ai mes torts, sire; mais je pourrais nommer des personnes qui parlent plus de conscience que je n'ai l'habitude de le faire, et qui pourtant mènent des vies aussi libres que moi[3]. » Il est renvoyé de tous ses offices[4]. »

Pendant le règne de Guillaume et de Marie, il sert comme Lord High Admiral (1689) puis comme First Lord of the Admiralty (1689-1690). Torrington joue un rôle important pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, commandant les flottes anglaises et hollandaise contre la marine royale française lors de la bataille de Beachy Head (), une sérieuse défaite pour la flotte alliée. Accusé de traîtrise et d'incompétence, il est emprisonné dans la Tour de Londres en attendant de passer devant le conseil de guerre de Chatham, pour avoir échoué à soutenir l'escadre hollandaise de l'amiral Evertsen.

Mais à l'étonnement de Guillaume et de ses ministres - et au soulagement des marins anglais qui le considéraient comme un sacrifié politique - la cour l'acquitte. Il n'eut cependant plus jamais de commandement, et lorsqu'il tenta de regagner son siège à la Chambre des lords, Guillaume refusa de le voir et l'écarta.

Il perd également sa charge de Premier Lord de l'Amirauté. Le fait que Torrington n'ai pas été un commandant populaire, en raison de sa réputation d'alcoolique et de sa prétendue habitude d'emmener plusieurs prostituées avec lui à la mer, est en réalité inexactes[5].

Postérité[modifier | modifier le code]

En lien avec les combats qu'il mène en 1690 contre les Français, le comte de Torrigton est le premier à utiliser l'expression « flotte en puissance ». Conscient de la supériorité de la marine de Louis XIV, Torrington propose en effet d'éviter tout combat, sauf en cas de conditions très favorables, jusqu'à l'arrivée de renforts. En maintenant sa flotte en puissance dans les ports anglais, il contraignait ainsi les Français à patrouiller dans la Manche et les empêchait ainsi de prendre part à d'autres opérations.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John B. Hattendorf, « Herbert, Arthur, earl of Torrington (1648–1716) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, édition en ligne, janvier 2008.
  2. En anglais : « Nobody doubts your honour but a man who lives as you do ought not to talk about his conscience. »
  3. En anglais : « I have my faults, sir; but I could name people who talk much more about conscience than I am in the habit of doing, and yet lead lives as loose as mine. »
  4. (en) Macaulay, Thomas Babington, History of England, 2 vols
  5. Van Gent, T. (2000), 17 Zeventiende eeuwse admiralen en hun zeeslagen, Plantijn Casparie Hilversum/Koninklijke Vereniging van Marineofficieren, p. 90; voir Peter Le Fevre (2000) 'Arthur Herbert Earl of Torrington 1648-1716 'A Fine Man… Both in Courage and Conduct' in P. Le Fevre & R Harding Precursors of Nelson British Admirals of the Eighteenth Century

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]