Armance

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Armance ou quelques scènes d'un salon de Paris en 1827 (publié sans nom d'auteur en 1827) est le premier roman de Stendhal.

Intrigue[modifier | modifier le code]

L'intrigue se situe à l'époque de la Restauration.

Octave de Malivert, jeune homme brillant mais taciturne à peine sorti de Polytechnique, aime Armance de Zohiloff, qui partage ses sentiments. Mais Octave cache un lourd secret :

« Oui chère amie, lui dit-il en la regardant enfin, je t'adore, tu ne doutes pas de mon amour ; mais quel est l'homme qui t'adore ? c'est un monstre[1]. »

Une série d'indices permettent de penser qu'Octave est impuissant, à la suite d'un accident assez grave. Octave est en proie à un profond désarroi intérieur, il illustre à lui seul le mal du siècle des romantiques.

Analyse[modifier | modifier le code]

Armance s'inspire en partie du thème d'Olivier ou le Secret de la duchesse Claire de Duras[2], dont le caractère scabreux avait interdit la publication. Mais Stendhal a su très discrètement infuser le secret sans jamais en parler ouvertement.

André Gide considérait ce roman comme le plus beau des romans de Stendhal, auquel il savait gré d'avoir créé un amant impuissant, même s'il lui reprochait d'avoir esquivé la destinée de cet amour : « Je me persuade mal qu'Armance, telle que nous l'a peinte Stendhal, [s'en] fût accommodée[3] ».

Homosexualité sous-jacente[modifier | modifier le code]

Selon Dominique Fernandez, Armance ne raconte qu’en apparence les aventures d’un impuissant ; en réalité, Stendhal décrit, à mots couverts, un homosexuel, à une époque où la censure de la presse interdisait d’aborder clairement ce sujet. « André Gide lui-même n’osa pas formuler cette hypothèse dans la préface qu’il donna au roman de Stendhal », précise Fernandez. « C’est Paul Morand qui l’a avancée le premier dans L’Eau sous les ponts (1954), mais comme en passant, et sans fournir beaucoup d’arguments (chapitre Armance ne rime peut-être pas avec… impuissance)[4] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Voir le chapitre XXIX.
  2. Selon Henri Martineau, Stendhal a eu accès à un texte intitulé Olivier à la fin de l'année 1825 sans qu'il soit possible de savoir si ce fut celui de Mme de Duras ou d'un certain Latouche. Quoi qu'il en soit, il s'empare du sujet dès janvier 1826 et terminait son récit vers la fin octobre de cette année.
  3. André Gide, « Préface à Armance », La Nouvelle Revue française, 1er août 1921, p. 129-142.
  4. Dominique Fernandez, Dictionnaire amoureux de Stendhal, Plon-Grasset, 2013