Urbain Canel

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Urbain Canel (1789-1867) est un éditeur-libraire dont la boutique se situait au no 104 de la rue du Bac. Il est surtout connu pour ses faillites à répétition, dont la plus célèbre est la première, en association avec Balzac. Mais aussi pour avoir pour avoir soutenu les romantiques et publié les plus grandes plumes du XIXe siècle.

L'aventure avec Balzac[modifier | modifier le code]

Ancien revendeur pour le compte d'un fleuriste, amateur de poésie, Urbain Canel s'associe en 1825 à un autre libraire (Delongschamps) pour publier en caractère mignonne[1] les grandes œuvres classiques : Molière, Jean de La Fontaine, Pierre Corneille, Jean Racine. Projet amibitieux qui nécessite des apports d'argent frais. Quand il expose ce projet à Balzac (qui n'est pas encore Balzac), le jeune homme est enthousiasmé et il court chercher des fonds auprès de son père. C'est finalement un ami de Bernard-François Balssa, Henri Dassonvillez de Rougemont, qui avance la somme de six mille francs[2]. Cependant, dès le , Urbain Canel et Delongchamps lâchent Balzac[3]. Ce qui n'empêche pas Balzac de rester très ami avec Urbain Canel. L'éditeur se marie en 1828 avec une jolie femme pour laquelle Balzac avait un penchant et qu'il surnommait « la Miss», ou « Miss Anna» et dont il aimait à caresser les cheveux[4],[5].

Amitiés, démêlées, faillites[modifier | modifier le code]

Alphonse de Lamartine, Stendhal, Alfred de Vigny, Delphine de Girardin, George Sand, Alfred de Musset, Sainte-Beuve, Eugène Sue figurent parmi les auteurs qu'il a publiés. Sa première faillite en 1826, se situe juste avant la publication d'Armance de Stendhal (1827)[6]. Il a aussi connu d'autres faillites, des remises à flot acrobatiques et des associations multiples : avec Henri de Latouche pour la publication du Dernier Chouan (Les Chouans), avec Levavasseur pour la Physiologie du mariage, avec Gosselin pour La Peau de chagrin, avec Adolphe Guyot pour les Contes bruns. Il a continué ainsi, après avoir rétabli sa situation financière plusieurs fois, jusqu'au moment de sa dernière faillite dont il ne s'est pas relevé : 1834[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Caractère de sept points, petit caractère à mi-chemin entre la nonpareille et le petit texte. Dictionnaire Émile Littré
  2. Pierre Sipriot, « Balzac sans masque », Robert Laffont, 1992, p.131
  3. Pierre Sipriot, p.132
  4. André Maurois, « Prométhée ou la vie de Balzac», Hachette, 1965, p.138-139
  5. « Les Vrais ″Mémoires″ de Philarète Chasles », cité par Claude Pichois dans La Revue des sciences humaines, 1er janvier 1956, p. 71.
  6. Dictionnaire encyclopédique du Livre, Cercle de la librairie, Paris, 2002, t.1, p. 436 (ISBN 2765408416)
  7. Dictionnaire encyclopédique du Livre, Cercle de la librairie, Paris, 2002, t.I, p. 437

Bibliographie[modifier | modifier le code]