Apacheta

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Apacheta à Abra del Acay, sur un ancien chemin inca, à 5 061 mètres d'altitude) au point le plus haut de la route nationale 40 en Argentine.
Apacheta en el Jardín Botánico de Lima
Apacheta dans le Jardin Botánico de Lima au Pérou.
Apachetas sur le chemin des Chapelles

Un apacheta, mot issu des langues quechua et aimara apachita signifiant « lieu de repos »[1], est un monticule de pierres entassées en forme conique. Ils sont créés par les populations indigènes des Andes en Amérique du Sud comme offrande à la déesse inca Pachamama et/ou aux déités du lieu, dans les passages difficiles des chemins[2]. Il désigne par déformation les points culminants de la Cordillière des Andes[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Il s'agit de monuments sacrés, bâtis en des points différents des montées des chemins incas[4],[5].

Avec le temps, les apacheta se sont transformées en objets semblables à des bornes marquant ces chemins. Ils se trouvent aux lieux où les voyageurs en appellent ou remercient la déesse de la terre Pachamama et aux dieux des montagnes, les apus[6].

La croyance veut que ces divinités protègent le voyageur qui laissait en offrande des chiques de coca, des feuilles de coca, de tabac, de boissons fermentées, de fleurs[7],[8].

Photo d'un apacheta diffusé dans un journal géographique en 1910.

À différence d'un tumulus, un apacheta n'est pas érigé comme chambre funéraire ni pour couvrir des sépultures ou comme pierre tombale. La grande majorité sont solitaires et isolés. Enlever les pierres d'un apacheta est une profanation, équivalente au sacrilège.

Les voyageurs y laissent des reliques pour s'assurer bon voyage[7],[8], des pierres qu'ils vont chercher dans des ravins proches pour s'assurer contre la mauvaise fortune domestique. Le déplacement des pierres est synonyme de malheur [7],[9]. Les objets sont placés en prononçant le mot "apacheta"[10],[3].

Controverse sur la signification[modifier | modifier le code]

Certains auteurs ne valident pas la signification des apacheta comme offrande et/ou lieux de prière à la déesse Pachamama, mais pensent qu'ils sont apparus par la volonté des populations des villages andins de diviser l'espace, mesurer des distances, marquer et séparer des secteurs ou des territoires ; selon d'autres, il ne s'agissait que de matériaux transportés pour construire des postes de guet aux points stratégiques des routes incas[11].

Certains auteurs évoquent des tumulus élevés en mémoire de morts survenues durant des voyages sur la route[12].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paul (1815-1887) Auteur du texte Marcoy, Scènes et paysages dans les Andes. Série 2 / par Paul Marcoy, (lire en ligne)
  2. « APACHETAS - Museo de Antropología de Salta » (version du 15 février 2013 sur l'Internet Archive), sur www.antropologico.gov.ar,
  3. a et b André Auteur du texte Bresson, Bolivia : sept années d'explorations, de voyages et de séjours dans l'Amérique australe... / par André Bresson,... ; préface de M. Ferdinand de Lesseps,..., (lire en ligne)
  4. « Historia » La Apacheta .:: Academia de Folklore de la República Argentina ::. » (version du 8 mars 2016 sur l'Internet Archive), sur www.academiadefolklore.com,
  5. (es) Clarín.com, « Altares de piedra », sur www.clarin.com (consulté le )
  6. 1º Jornadas Internas de investigación y docencia de la escuela de historia – Universidad Nacional de Salta – Apachetas y Mojones, marcadores espaciales del paisaje prehispánico. (lire en ligne, archive)
  7. a b et c Société de géographie (France) Auteur du texte, « La Géographie : bulletin de la Société de géographie / publié par le baron Hulot,... et Charles Rabot,... », sur Gallica, (consulté le )
  8. a et b Air France, « Sur la piste des Incas », sur Gallica, France-aviation, (consulté le )
  9. Ernest (1833-1912) Auteur du texte Grandidier, Voyage dans l'Amérique du Sud, Pérou et Bolivie, par M. Ernest Grandidier,..., (lire en ligne)
  10. Paul (1815-1887) Auteur du texte Marcoy, Voyage à travers l'Amérique du Sud, de l'Océan Pacifique à l'Océan Atlantique.... T. 1, Islay, Arequipa, Lampa, Acopia, Cuzco, Echarati, Chulituqui, Tunkini, Sarayacu / par Paul Marcoy ; illustré de... vues, types et paysages par E. Riou..., (lire en ligne)
  11. « Margarita E. Gentile: Un poco más acerca de la apachita andina -nº 29 Espéculo (UCM) », sur webs.ucm.es (consulté le )
  12. École d'anthropologie de Paris Auteur du texte et Institut international d'anthropologie Auteur du texte, « Revue anthropologique / publiée par les professeurs de l'École d'anthropologie de Paris », sur Gallica, (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cobo (Bernabé), Historia del Nuevo Mundo (1653) En BIBL. AUT. ESP. Tomi XCI, XCII, Madrid, 1956
  • Garcilaso (Inca de la Vega), Commentarios reales (1609) Rusconi, Milán, 1977
  • Molina (Cristóbal de - el cuzqueño), Relación de las fábulas y Ritos de los Incas (1573), Col. Libr. Doc. Hist. Perú (primera serie, Volumen I, Lima 1916). Traduction en italien par Mario Polia (The Circle, Rimini 1993)
  • Molina (Cristóbal de), El Almagrista - (s. XVI) de la Población de la Conquista y Perú, BIBL. AUT. ESP. (CCIX volumen, p. 59-95, Madrid, 1968)
  • Murua (Fray Martin de), Historia general del Perú (1613), COLL. CRÓNICA DE AMERICA Dastin V. 20 º. Madrid, 2001)
  • Oliva (Joan Ring), Historia de los Reinos del Perú (1631), PUCP, Lima, 1998
  • Oliveira César (F. de), La apacheta (leyenda de los Indios Quichuas), Misiones catolicas, Barcelone, t. XXXVIII, 1930, p. 163
  • Poma de Ayala (Felipe Guaman), Nueva coránica y buen gobierno (1584-1614), CRÓNICA DE AMERICA (Historia 16. V. 29 º, 29 ter, 29 quater. Madrid 1987)
  • Santa Cruz Pachacuti (Yamqui Salcamaygua), Relación de antigüedades reino de este del Perú (1613), BIBL. AUT. ESP. (Volumen CCIX, Madrid 1968)
  • Jacinto JiJion y Camaño, La religión del Imperio de los Incas, Quito, 1990
  • Margarita E., Un poco más acerca de la apachita andina, Espéculo Revista de Estudios Literarios N. 29/2005 - Universidad Complutense de Madrid.

Lien externe[modifier | modifier le code]