Annie Babu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Anne-Marie Babu
Description de l'image AnnieBabu.jpg.
Naissance
Saint-Étienne
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Distinctions
Chevalier de l'ordre du Mérite

Annie Babu (née le à Saint-Étienne dans la Loire, avec le prénom officiel d'Anne-Marie) est infirmière, assistante sociale, conseillère conjugale et familiale, médiatrice familiale. Directrice pendant 14 ans de l’Institut européen de médiation familiale (IEMF) qu’elle a fondé à Paris en 1991, elle est une des pionnières de la médiation familiale en France.

Fille de Marcel Barbier et de Pauline Papillon, elle est l’aînée d’une famille modeste de sept enfants. Son père est employé aux chemins de fer quant à sa mère, elle est femme de ménage et s’occupe de ses enfants.

À 16 ans, elle rencontre Hubert Babu, avant-dernier d’une famille de huit enfants de parents paysans en Vendée. En 1961, ils se marient alors que n’ayant pas 21 ans, ils doivent tous les deux en demander « l’autorisation » à leurs parents respectifs.

Pendant les trente années de leur vie commune, ils déménagèrent de nombreuses fois en France, et ils vécurent trois ans en Arabie saoudite et plusieurs années en Angola car Hubert Babu était géologue.

Cependant, Annie est toujours restée en activité en jonglant avec ses différentes compétences professionnelles.

Ils eurent deux enfants, Frédéric Babu et Sandrine Babu. Aujourd’hui, Annie est grand-mère de trois petits-enfants.

Hubert Babu décéda, dans sa cinquantième année, d’un infarctus en mai 1991 en Angola.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

À 18 ans, Annie s’inscrit à l’école de la Croix-Rouge de Saint-Étienne afin d’obtenir le diplôme d’État d’infirmière en 1963. Par la suite, elle décide de devenir assistante sociale et obtient en 1965 son diplôme d’État dans la même école. Elle se forme au conseil conjugal et familial[1] et à la thérapie familiale systémique au début des années 1980 et obtient sa maîtrise en travail social à Nantes en 1983.

Pendant ses nombreuses années de pratique du travail social sur le terrain, elle travaille comme assistante sociale à la DASS (Direction de l’action sociale et sanitaire), en entreprise, à l’Éducation nationale, en psychiatrie et dans la fonction d’enquêtrice sociale et quelques années comme cadre pédagogique dans une école de travail social à Alençon.

Pendant les années quatre-vingt, Annie effectue des enquêtes sociales pour les juges du divorce intitulés à cette époque JAM (juges aux affaires matrimoniales). Ces enquêtes sont très importantes car elles sont l’élément principal sur lequel les juges s’appuient pour rendre leurs décisions dans les cas difficiles. À cette époque, la médiation familiale n’est pas encore connue en France.

De 1984 à 1986, elle est responsable de la formation des conseillers conjugaux et familiaux à l’école des parents et des éducateurs d’Île-de-France (EPE).

Durant ces quatre années, elle élabore les premières formations à l’enquête sociale en y joignant les magistrats, les avocats et les associations de parents séparés/divorcés[2].

Ce sont les prémices de la médiation familiale.

La médiation familiale[modifier | modifier le code]

La médiation familiale et son développement[modifier | modifier le code]

Annie entend pour la première fois le terme de médiation familiale lors d’un colloque à l’Unesco en 1987, organisé par une association de parents séparés/divorcés sur les conséquences financières du divorce et ses impacts sur les enfants, où l’invitée principale est Lorraine Filion (responsable du service public de médiation familiale au tribunal de Montréal au Québec[3]).

Cette pratique nouvelle se différencie de l’enquête sociale car ici il est question d’agir sur les situations difficiles liées à la rupture du couple, en vue d’un changement et non plus de les décrire. Une technique où la communication et la responsabilisation des individus sont les maîtres mots. Pendant toute la durée des entretiens, les parents sont obligatoirement présents ensemble pour travailler avec le médiateur dans la recherche de solutions conjointes pour le meilleur intérêt de l'enfant.

Après un long entretien avec Lorraine Filion, Annie se retrouve trois mois plus tard en formation « intensive » à la médiation familiale au Québec, plongée au cœur des pratiques du service public de médiation familiale de Montréal.

De retour en France, elle organise les premières sensibilisations (cinq jours de formation) à la médiation familiale au sein de l’École des parents et des éducateurs de Paris (EPE) et devient la responsable du premier service de consultation de médiation familiale dans ce même organisme.

À l’occasion d’un colloque organisé par l’Association Père-Mère-Enfant (APME[4]) qui réunit plusieurs associations européennes de parents séparés/divorcés ainsi que de nombreux professionnels qui travaillent dans le champ du divorce, le projet d’une formation à la médiation au Québec est lancé.

Peu de temps après Annie organise un voyage d’étude en 1987 qui réunit 25 personnes de plusieurs pays européens (assistants sociaux, avocats, responsables d’associations de parents séparés et un magistrat). Ces professionnels travaillent déjà dans le domaine des conflits familiaux liés à la rupture du couple et tous sont à la recherche d’autres « outils de travail » pour accompagner les familles en rupture.

Dans les semaines qui suivent l'Association pour la promotion de la médiation familiale (APMF) est créée. Annie devient la première présidente en 1988 et ce jusqu’en 1991. Le conseil d’administration est composé des autres participants de ce voyage/formation « initiatique ».

Les 24 membres fondateurs de l’APMF sont Annie Babu, Georgette Bertin (conseillère conjugale et familiale), Françoise Bouthors (membre d’une association de parents séparés/divorcés), Marc Chapeau (éducateur et conseiller conjugal et familial), Michèle Colombel (conseillère conjugale et familiale), Gérard Coulon (conseiller conjugal et familial), Michel Deleau (membre d’une association de parents séparés/divorcés), Claire Denis (psychologue), Michèle Fourtanier (avocate), Chantal Gingembre (conseillère conjugale et familiale), Cécile Grandjean (assistante sociale), Maryvonne Jaffrain-Randier (avocate), Muriel Laroque (avocate), Hans Lehmann (responsable d’association de parents séparés/divorcés en Suisse), Claude Liehnard (avocat), Philippe Mahouin (responsable d’association de parents séparés/divorcés), Étienne Mouret et Jacqueline Mouret (responsables d’association de parents séparés/divorcés), Françoise Nérisson (thérapeute familiale), Georgette Pélissier (magistrat), Martine Péronnet (avocate), Monique Rondeleux (avocate), Joëlle Rudin (psychologue) et Hélène Van Den Steen (responsable d’association de parents séparés/divorcés en Belgique).

Les premières sensibilisations à la médiation familiale d’une durée de cinq jours (en collaboration avec deux médiateurs familiaux du Québec : Justin Léveque et Aldo Morone) commencent dans le réseau de la FNEP[5] (Fédération Nationale des Écoles des Parents) pour des professionnels qui travaillent dans les différentes écoles des parents de province. Rapidement ces formations apparaissent dans d’autres organismes qui s’occupent des problèmes familiaux et ces professionnels (assistantes sociales, psychologues, conseillères conjugales, ou juristes) ayant suivi ces sensibilisations commencent à pratiquer la médiation familiale en France et en Europe.

En 1990, l’APMF organise le premier colloque européen sur la médiation familiale qui se déroule à Caen et qui réunit 700 professionnels du monde psycho-social et juridique venus de 14 pays différents.

Le premier code de déontologie est voté ainsi que le cadre et les bases d’une formation longue pour la médiation familiale en Europe, qui devint l’année suivante la Charte européenne de formation des médiateurs familiaux (15 octobre 1991). C’est le « coup d’envoi » de la médiation familiale en France. Dans la même année, une nouvelle association voit le jour et sera très présente dans la mise en place et la réflexion du devenir de la médiation familiale. Il s’agit du Comité national des associations et services de médiation familiale (CNASMF) qui deviendra la FENAMEF[6].

En 1990, Annie quitte l’École des Parents et fonde l’Institut Européen de Médiation Familiale (IEMF) à Paris avec pour collaboratrices deux médiatrices familiales pionnières dans leur pays. Il s’agit de Linda Bérubé[7] (première présidente de l'Association pour la Médiation Familiale au Québec) à titre de coresponsable en provenance du Québec et Lisa Parkinson[8] d’Angleterre (première présidente pour la Médiation Familiale au Royaume-Uni) à titre de formatrice sur les aspects reliés aux responsabilités parentales.

Un événement tragique et personnel vient bouleverser la vie d’Annie en mai 1991 : la mort brutale de son mari Hubert Babu qui décède à 50 ans d’un infarctus en Angola. Même si cette tragédie vient la meurtrir au plus profond d’elle-même, Annie n’en abandonne pas moins la médiation familiale.

L'Institut européen de médiation familiale (IEMF) organise la première formation longue en conformité avec la charte européenne. Elle commence en septembre 1991 avec 15 stagiaires. Douze autres formations sont effectuées avec chaque fois plus de vingt personnes.

Pendant cette période en collaboration avec Linda Bérubé, Annie organise trois colloques au Canada ouvert aux médiateurs européens et québécois :

  • Du 8 au 13 octobre 1995 à Québec et Montréal, sur le thème : Médiateurs, élargissons nos horizons, élargissons nos pratiques avec 100 participants.
  • Du 23 au 25 septembre 1999 à Québec sur le thème : La médiation familiale du XXIe siècle ou le défi de la coparentalité à la suite de la rupture du couple avec 325 participants.
  • Du 25 au 27 septembre 2003 à Montréal sur le thème : Familles aux multiples visages: nouveaux défis pour la médiation familiale avec 200 participants.

L’IEMF donne aussi deux formations longues à l'île de La Réunion pour des professionnels des champs psycho-social et juridique.

Annie est coauteur des livres :

  • Médiation familiale regards croisés et perspectives en 1997.
  • Guide du médiateur familial – La médiation familiale étape par étape en 2003 et auteur de plusieurs articles sur la médiation familiale.

En 2003, elle se voit décorée par Irène Théry de la médaille des chevaliers de l’ordre du Mérite (cf blog d'Annie Babu) pour toute son implication dans le développement de la médiation familiale en France.

En 2004 au moment où apparaît le DEMF[9] (Diplôme d’état en médiation familiale), l’IEMF qui a formé plus de 400 médiateurs familiaux ferme ses portes après 14 années bien remplies pendant lesquelles la collaboration de nombreux formateurs, pionniers de la médiation familiale dans leurs pays respectifs, avec des « étudiants » enthousiastes de découvrir une nouvelle pratique fut très enrichissante et passionnante…Une belle aventure pour tous.

Aujourd’hui, il est fréquent de retrouver « les anciens étudiants » de l’IEMF, eux aussi « pionniers » de la pratique de la médiation familiale, comme responsables de service de médiation familiale, ou encore comme formateurs dans les différents organismes où s’enseigne cette pratique qui est devenue après un long chemin une profession à part entière.

Annie prend sa retraite professionnelle en juin 2004 et déménage en Guadeloupe mais n'arrête pas pour autant son engagement militant.

En effet, elle devient dans la même année la déléguée régionale de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) dont le président actuel est Jean-Luc Romero[10].

Annie a adhéré à cette association en 1988 pour les valeurs d’autodétermination et de responsabilisation jusqu’à la fin de la vie que défend cette association, valeurs qui sont très importantes pour elle.

Mais sa passion étant intacte, elle reste encore très impliquée dans le domaine de la formation et de la pratique à la médiation familiale. Elle continue à donner en Italie de nombreuses formations à la médiation familiale en partenariat avec Costanza Marzotto (pionnière de la médiation familiale dans ce pays), responsable des formations à la médiation familiale à l’université catholique du Sacré-Cœur à Milan.

En Nouvelle-Calédonie à la demande d’une association de parents séparés/divorcés, elle donne deux sessions de sensibilisations à la médiation familiale pour un groupe de 25 professionnels issus du monde psycho-social et juridique.

On la retrouve aussi dans un travail de collaboration et de soutien avec les médiatrices familiales de Guadeloupe[11] et de Martinique[12] pour l’analyse de la pratique.

De 2005 à 2009, elle est formatrice en Guadeloupe à l’université Antilles Guyane comme responsable du module sur la médiation familiale dans le cadre du diplôme d’État de médiateur familial (DEMF) et comme intervenante au diplôme universitaire en médiation (DUM).

L’utilisation de la médiation appliquée à d’autres domaines[modifier | modifier le code]

Annie Babu est très active dans le domaine de la fin de vie et les nombreuses thématiques qui l’entoure. Actuellement, elle est « coïmpliquée » dans un projet de livre qui sera écrit conjointement avec le Docteur Jean-Jacques Charbonnier, et dont le titre provisoire est : La Vie, l’amour… La mort. Regards croisés et perspectives sur l’euthanasie et les expériences de mort imminente (EMI).

Ce projet de livre est né en janvier 2012 des échanges entre Annie et un médecin anesthésiste passionné par ses recherches sur les EMI et ses interrogations sur la mort qu’il a bien souvent rencontrée au cours de sa carrière. En effet après avoir milité pour le droit à la contraception et à l’avortement, il était évident qu’Annie continue à le faire pour le droit à l'autodétermination jusqu'au bout de la vie.

Il a aussi fallu la rencontre importante avec un parrain de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), Marc Alain Descamps[13], président du Centre d’études des expériences de mort imminente[14] à Paris, pour qu’elle commence à imaginer qu’il était possible de parler d’euthanasie tout en tenant compte de ce que nous apprennent aujourd'hui les nombreuses découvertes scientifiques sur les EMI.

Enfin sa carrière professionnelle de médiatrice familiale, qu’elle a exercée pendant de nombreuses années, l’a souvent amené à conduire les personnes à faire juxtaposer des univers différents (voir opposés) pour créer des ouvertures afin d’imaginer des possibles.

Les soins palliatifs, l'euthanasie et les expériences de mort imminentes sont trois aspects autour de la mort qui ont rarement été mis en corrélation et ils ont donc décidé de réfléchir et d’écrire ensemble sur ces sujets, parfois encore tabous, en invitant toutes les personnes qui le souhaitent à participer à leur démarche en répondant au questionnaire[15] qu’ils ont élaboré sur ces différents thèmes.

Afin d’élargir ce projet, le questionnaire sera prochainement traduit en anglais et en italien ce qui augmentera le nombre de participants.

Domaines d’implication actuels[modifier | modifier le code]

Annie a toujours été une militante. Elle s'est impliquée de nombreuses années au planning familial pour le droit des femmes, la légalisation de la contraception et de l’avortement. Et elle s'est également investie pour la reconnaissance des familles homoparentales (homoparentalité).

Elle est adhérente de l’Association du droit de mourir dans la dignité (ADMD) depuis 25 ans et déléguée pour la Guadeloupe depuis huit ans. Actuellement, elle est très investie dans le domaine de la fin de vie et des expériences de mort imminentes (EMI ou NDE).

Aujourd’hui, Annie est :

  • Déléguée en Guadeloupe de l’ADMD.
  • Membre du conseil d’administration du COREVIH Guadeloupe (Coordination Régionale de Lutte contre le VIH).
  • Membre du conseil d’administration du CISS Guadeloupe (Communauté Inter-associatif des services de Santé).
  • Membre d’Entraide Guadeloupe (Association de Lutte contre l’Exclusion).

Distinctions[modifier | modifier le code]


Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Annie Babu, Isabella Biletta, Noëlle Mariller[16], Pierrette Bonnoure-Aufière[17], Maryvonne David-Jougneau, Stéphane Ditchev, Alain Girot, Médiation familiale, regards croisés et perspectives, Erès, novembre 1997
  • Annie Babu, Pierrette Bonnoure-Aufière, Linda Bérubé, Danielle Lambert, Guide du médiateur familial – La médiation familiale étape par étape, Erès, décembre 2003

Articles[modifier | modifier le code]

  • Annie Babu, Sylvie Counio, Formation à l’enquête sociale, Le groupe familial, no 120, juillet/septembre 1988
  • Annie Babu, La médiation familiale, Le groupe familial, no 120, juillet/septembre 1988
  • Annie Babu, L'E.P.E et la consultation médiation, Le groupe familial, no 125, octobre/décembre 1989
  • Annie Babu, L'E.P.E, la formation à la médiation familiale, Le groupe familial, no 125, octobre/décembre 1989
  • Annie Babu, La médiation familiale, Sciences Humaines, n° 84, juin 1998
  • C. Marzotto in Lisa Parkinson, La mediazione familiare, modelli e strategie operative, Erickson, 2003, p. 10
  • Martine Gross (dir.), Homoparentalités : État des lieux, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, Érès, , 2e éd., p. 123


Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. conseil conjugal et familial, texte additionnel.
  2. parents séparés/divorcés, texte additionnel.
  3. Québec, texte additionnel.
  4. APME, texte additionnel.
  5. FNEP, texte additionnel.
  6. FENAMEF, texte additionnel.
  7. Linda Bérubé, texte additionnel.
  8. Lisa Parkinson, texte additionnel.
  9. DEMF, texte additionnel.
  10. Jean-Luc Romero, texte additionnel.
  11. médiatrices familiales de Guadeloupe, texte additionnel.
  12. [www.apmfaf-martinique.com/presentation-association.php Martinique], texte additionnel.
  13. Alain Descamps, texte additionnel.
  14. Centre d’études des expériences de mort imminente, texte additionnel.
  15. questionnaire, texte additionnel.
  16. Isabella Biletta, Noëlle Mariller, texte additionnel.
  17. Bonnoure-Aufière, texte additionnel.