Annie Babu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Annie Babu
AnnieBabu.jpg
Biographie
Naissance
Nationalité
Activité
Infirmière, assistant sociale, pionnière de la médiation familiale, militante pour la mort choisie
Autres informations
Distinctions
Chevalier de l’ordre du Mérite

Annie Babu, née le à Saint-Étienne dans la Loire, a été infirmière et assistante sociale et s’engage pour les droits des femmes dès les années 1970. Elle est ensuite une pionnière de la médiation familiale. À partir des années 1990, elle milite pour la fin de vie et co-fonde en 2018 l’association LE CHOIX[1].

Elle s’intéresse également au devenir de la conscience après la mort, notamment les expériences de mort imminente (EMI).

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Marcel Barbier et de Pauline Papillon, elle est l’aînée d’une famille de sept enfants. Son père est employé aux chemins de fer et sa mère, femme de ménage, s’occupe de ses enfants. À 16 ans, elle rencontre Hubert Babu, avant-dernier d’une famille de huit enfants de parents paysans en Vendée. Ils se marient en 1961.

Pendant les trente années de leur vie commune, la profession de géologue d'Hubert Babu les amènent à déménager de nombreuses fois en France puis passent trois ans en Arabie saoudite et plusieurs années en Angola. Ils ont deux enfants, Frédéric Babu et Sandrine Babu. Hubert Babu décède en Angola, dans sa cinquantième année, en .

Depuis 2004, elle est retraitée et vit en Guadeloupe.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

À 18 ans, Annie s’inscrit à l’école de la Croix-Rouge de Saint-Étienne, elle obtient en 1963 le diplôme d’État d’infirmière et en 1965 le diplôme d'État d'assistante sociale.

Elle se forme au conseil conjugal et familial et à la thérapie familiale systémique au début des années 1980 et obtient sa maîtrise en travail social à Nantes en 1983.

En 1987 elle est une des premières à se former à la médiation familiale au Québec.

Assistante sociale et formatrice[modifier | modifier le code]

De 1967 à 1984, elle a travaillé en tant qu’assistante sociale dans de nombreuses structures de santé et de soin (PMI, hôpital psychiatrique) ainsi que dans des établissements scolaires. Elle a également été cadre pédagogique dans l’école d’assistantes sociales d’Alençon et a réalisé plusieurs enquêtes sociales pour les juges aux affaires familiales.

De 1984 à 1990, elle est responsable de la formation des conseillers conjugaux et familiaux à l’École des parents et des educateurs d’Île-de-France (EPE). Durant ces années, elle élabore les premières formations à l’enquête sociale en y invitant les magistrats, les avocats et les associations de parents séparés/divorcés.

Dès 1987, dans le cadre de l’EPE, elle initie les premières formations à la médiation familiale et la première consultation de médiation familiale en France.

La médiation familiale[modifier | modifier le code]

Pionnière de la médiation familiale en France[modifier | modifier le code]

Annie découvre la médiation familiale dans un colloque à l’Unesco en 1987, organisé par des associations de parents séparés/divorcés sur les conséquences matérielles et morales des divorces et séparations et leurs impacts sur les enfants ( La Fédération des Mouvements de la Condition Paternelle avec Stéphane Ditchev, l'Association SOS enfants du divorce avec Alain Bouthier, l'Association Père Mère Enfant de Versailles avec Georges Douare) , où l’invitée principale est Lorraine Filion, responsable du service social de médiation familiale près le tribunal de Montréal au Québec. Elle suit trois mois plus tard une initiation pratique approfondie à la médiation familiale au Québec dans le service social de médiation familiale de Montréal.

De retour en France, elle organise les premières informations à la médiation familiale au sein de l’École des parents et des éducateurs de Paris (EPE)[2]. Ses écrits de praticienne sur la médiation familiale servent de base à la définition de ce processus de construction ou reconstruction du lien familial.

Association pour la promotion de la médiation familiale[modifier | modifier le code]

Pionnière de la médiation familiale en France, elle provoque en un voyage d'échanges et de rencontres au Québec de l’Association Père-Mère-Enfant avec Lorraine Filion. Il en résulte la création de l'Association pour la promotion de la médiation familiale (APMF) [3] en . Les co-fondateurs de l'APMF sont spécialisés dans le conseil de conflits familiaux, psychologues ou avocats, Annie Babu en assure la présidence pendant trois ans.

En 1990, l’APMF organise avec l'AAJB (Association des Amis de Jean Bosco), le premier colloque européen sur la médiation familiale qui se déroule à Caen et qui réunit 700 professionnels et partenaires du monde psycho-social et juridique venus de 14 pays différents, permettant de créer le Comité National des Services de Médiation Familiale (CNSMF) ayant à sa tête Monsieur Roger Leconte et élu à la première vice-présidence Alain Bouthier de SOS Enfants du divorce créateur de l'Association Parents-Enfants-Médiation de Montpellier.

A cette époque se distinguait aussi Madame Jocelyne Dahan, qui a créé le premier service de médiation familial de la ville de Paris.

Fondatrice de l'Institut européen de médiation familiale[modifier | modifier le code]

En 1990, Annie Babu quitte l’École des Parents puis fonde et dirige durant 14 ans l’Institut européen de médiation familiale (IEMF) à Paris pour former les futurs médiateurs et médiatrices. Elle choisit comme collaboratrices deux médiatrices familiales pionnières dans leur pays : Linda Bérubé[4], première présidente de l'Association pour la médiation familiale au Québec, devient coresponsable, et Lisa Parkinson[5],[6][source insuffisante], première présidente pour la médiation familiale au Royaume-Uni, devient formatrice sur les aspects reliés aux responsabilités parentales.

L'Institut européen de médiation familiale organise la première formation longue en conformité avec la charte européenne[réf. souhaitée]. Elle commence en avec 15 stagiaires. Douze autres formations sont effectuées avec chaque fois plus de vingt personnes[pertinence contestée].

En 2000, elle apporte son soutien au « Manifeste pour la médiation[7] » élaboré par les principaux responsables d’associations de médiation et de médiateurs.

Formatrice en médiation familiale hors métropole[modifier | modifier le code]

Pendant cette période en collaboration avec Linda Bérubé, Annie organise trois colloques au Canada ouvert aux médiateurs européens et québécois :

  • Du 8 au à Québec et Montréal, sur le thème Médiateurs, élargissons nos horizons, élargissons nos pratiques (100 participants) ;
  • du 23 au à Québec sur le thème La médiation familiale du XXIe siècle ou le défi de la coparentalité à la suite de la rupture du couple (325 participants);
  • du 25 au à Montréal sur le thème Familles aux multiples visages: nouveaux défis pour la médiation familiale (200 participants).

L’IEMF donne aussi deux formations longues à l' Île de La Réunion pour des professionnels des champs psycho-social et juridique, et deux sensibilisations en Nouvelle-Calédonie à la demande d’une association de parents séparés/divorcés.

Elle assure des formations à la médiation familiale en partenariat avec Costanza Marzotto, pionnière de la médiation familiale en Italie et responsable des formations à la médiation familiale à l’université catholique du Sacré-Cœur à Milan.

Après avoir participé à l’ouvrage collectif Médiation familiale, regards croisés et perpectives[8], préfacé par Irène Théry en 1997, elle co-écrit en 2003 avec Pierrette Aufiere un Guide de la médiation familiale, étape par étape également ouvrage de référence pour la médiation familiale et le juridique[9],[10]. Le médiateur du Conseil européen Jean Mirimanoff reprend en bibliographie les différentes éditions de l'ouvrage dans son document Amicable dispute resolution.

En 2003, la volonté de garantir une formation de qualité et un diplôme national reconnu conduit à la création du DEMF (Diplôme d’État de Médiateur Familial). Les activités de l'IEMF s'arrêtent en 2004 après avoir formé 400 médiateurs familiaux intervenant en médiation sociale et accompagnement familial.

En 2008, dans le cadre de la formation continue de l’université de Guadeloupe, Annie Babu assure la formation de médiateurs et médiatrices pendant 18 mois.

La fin de vie[modifier | modifier le code]

Militante pour une mort choisie[modifier | modifier le code]

Adhérente à l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) en 1990, Annie Babu devient déléguée régionale en Guadeloupe de cette association en 2004. Après avoir observé et alerté sur les dérives sectaires des instances dirigeantes, elle démissionne et quitte cette association en 2015. Elle ne remet pas en cause les objectifs qui avaient motivé son implication, mais ne veut plus cautionner le manque de respect, de dignité et de liberté dans le fonctionnement de l’ADMD[11].

En 2019, elle s’allie à Marie Godard et Nathalie Gueirard Debernardi dont les pétitions en faveur du suicide assisté et de l’euthanasie ont obtenu 345 000 signatures fin [12].

Ensemble, elles sont à l’origine d’un manifeste[13] pour l'évolution de la loi Claeys-Leonetti. Elles créent en avec quatre autres personnes l’association Le Choix[1], qu’Annie Babu copréside avec Marie Godard, pour porter la parole des signataires des pétitions devant le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE). Un an après, cette association rassemble 10 000 membres et se développe[réf. souhaitée] au travers de plusieurs antennes régionales.

Médiation au service de Vincent Lambert[modifier | modifier le code]

Face au blocage de la douloureuse histoire de Vincent Lambert, Annie Babu imagine avec des collègues une troisième voie de solution[14] basée sur une médiation entre les parties en conflit.

Co-autrice d’un ouvrage sur les questions de fin de vie[modifier | modifier le code]

Les soins palliatifs, l'euthanasie et les expériences de mort imminente[15],[16] sont trois sujets tabous autour de la mort qui ont rarement été mis en corrélation. Annie Babu et le Dr Jean-Jacques Charbonnier ont recueilli les réponses de 3 000 personnes à un questionnaire pour nourrir leur dialogue autour de ces questions[réf. souhaitée]. Leur ouvrage commun 4 regards sur la mort et ses tabous est une référence[réf. nécessaire] sur les EMI[17][source insuffisante].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2003, elle est décorée par Irène Théry[18] de la médaille des chevaliers de l’ordre du Mérite pour son implication dans le développement de la médiation familiale en France.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Annie Babu, Isabella Biletta, Noëlle Mariller[19], Pierrette Bonnoure-Aufière, Maryvonne David-Jougneau, Stéphane Ditchev, Alain Girot, Médiation familiale, regards croisés et perspectives, Erès,
  • Annie Babu et Pierrette Bonnoure-Aufière, Guide du médiateur familial : la médiation familiale étape par étape (Sciences humaines Sociologie), Toulouse, Erès, , 470 p. (ISBN 978-2-7492-0225-9)
  • Jean-Jacques Charbonier et Annie Babu, 4 regards sur la mort et ses tabous : soins palliatifs, euthanasie, suicides assistés et expériences de mort imminente, Paris, Guy Trédaniel éditeur, , 431 p. (ISBN 978-2-8132-0772-2, notice BnF no FRBNF44264588)
  • Annie Babu, Sylvie Ouellet Ouvrage Collectif, Mourir l'âme en paix, Plaidoyer pour des choix éclairés, Éditions Beliveau 2015
  • Annie Babu Amanda Castello Un allien nommé Docteur Crabe Livre Ebook 2016

Articles[modifier | modifier le code]

  • Annie Babu, Sylvie Counio, Formation à l’enquête sociale, Le groupe familial, no 120, juillet/
  • Annie Babu, La médiation familiale, Le groupe familial, no 120, juillet/
  • Annie Babu, L'E.P.E et la consultation médiation, Le groupe familial, no 125, octobre/
  • Annie Babu, L'E.P.E, la formation à la médiation familiale, Le groupe familial, no 125, octobre/
  • Annie Babu, La médiation familiale, Sciences Humaines, no 84,
  • C. Marzotto in Lisa Parkinson, La mediazione familiare, modelli e strategie operative, Erickson, 2003, p. 10
  • Martine Gross (dir.), Homoparentalités : état des lieux, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, Érès, , 2e éd., p. 123de
  • Annie Babu Affaire Vincent Lambert Comment sortir de l'impasse Troisième voie

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « À LA UNE », sur CITOYENS POUR UNE MORT CHOISIE (consulté le 4 mars 2019)
  2. Benoit Bastard, « Cette belle idée », L'école des parents, no 603,‎ , p. 18–23 (ISSN 0424-2238, lire en ligne, consulté le 12 mars 2018) :

    « La médiation familiale est tout d’abord une innovation mobilisatrice. Il faut rappeler à cet égard le rôle précurseur de l’École des parents et des éducateurs (EPE). C’est notamment en son sein, à l’initiative d’Annie Babu, épaulée par les associations françaises pionnières dont elle s'est inspirée, qu’ont été engagées les premières démarches qui ont permis l’arrivée en France de cette pratique nord-américaine, via le Québec. C’est avec l’EPE que les premiers formateurs québécois, notamment Lorraine Filion (voir dans ce numéro pages 30-31), Justin Lévesque ou Aldo Morrone, ont acquis une notoriété telle, qu’ils ont ensuite été appelés à développer des formations en France et dans l’Europe francophone. »

  3. https://www.apmf.fr/vie-de-lapmf/lassociation/lhistoire/
  4. « Linda Bérubé – AGIRE International »
  5. Lisa Parkinson, La mediazione familiare - NUOVA EDIZIONE : Modelli e strategie operative : Nuova edizione italiana a cura di Costanza Marzotto, Edizioni Centro Studi Erickson, (lire en ligne), p. Lisa Parkinson, La mediazione familiare - NUOVA EDIZIONE: Modelli e strategie operative - Nuova edizione italiana a cura di Costanza Marzotto, Edizioni Centro Studi Erickson, 1er novembre 2013
  6. Linda Bérubé, « De l’importance d’entretenir un esprit pionnier »
  7. « « Le manifeste pour la médiation - Association nationale des médiateurs », Christophe Planet »
  8. Isabella Biletta, Noëlle Mariller, « Médiation familiale, regards croisés et perspectives »
  9. « Guide de la médiation familiale, Pierrette Aufiere, Annie Babu »
  10. Guy Boubault et Christian Le Meut, Pratiques de médiation : écoles, quartiers, familles, justice : une voie pour gérer les conflits, ECLM, (lire en ligne)
  11. « Association Ultime Liberté (Antilles) : lettre de démission d’Annie Babu de la délégation ADMD »
  12. Éric Favereau, « Fin de vie : les partisans d’une autre loi se manifestent en masse », sur Libération.fr,
  13. « Manifeste pour une loi autorisant l’aide active à mourir en France »
  14. Corine Pelluchon, Jean-François Mattéi, Marie-Josée Mathieu, Thierry Marmet, Rabia Hamidi, Alain Girot, Annie Babu, Pierrette Aufiere, « Une médiation pour Vincent Lambert ? », sur Liberation.fr,
  15. Rozenn Le Carboulec, « Expériences de mort imminente : ces "sorties de corps" restent une énigme pour la science », sur leplus.nouvelobs.com,
  16. Luxwalker, « La MORT et ses mystères », sur AgoraVox,
  17. Jean-Jacques Charbonier et Annie Babu, 4 regards sur la mort et ses tabous : soins palliatifs, euthanasie, sucide assisté et expériences de mort imminente,, Guy Trédaniel, (lire en ligne)
  18. Annie Babu, « Discours prononcé par Irène Théry le 21 juin 2003 pour la remise de la médaille de chevalier de l'Ordre national du Mérite à Annie Babu », sur Le blog de Annie Babu (consulté le 7 mars 2019)
  19. Isabella Biletta, Noëlle Mariller, texte additionnel.