Annie Babu

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Annie Babu
AnnieBabu.jpg
Titres de noblesse
Chevalier de l’ordre du Mérite
Biographie
Naissance
Nationalité
Activité
Infirmière, assistant sociale, pionnière de la médiation familiale, militante pour la mort choisie

Annie Babu, née le 2 mars 1942 à Saint-Étienne dans la Loire, a été infirmière et assistante sociale et s’engage pour les droits des femmes dès les années 1970. Elle est ensuite une pionnière de la médiation familiale. À partir des années 1990, elle milite pour la fin de vie et co-fonde en 2018 l’association LE CHOIX[1].

Elle s’intéresse également au devenir de la conscience après la mort, notamment les expériences de mort imminente (EMI).

Elle écrit actuellement un livre pour tisser son parcours de vie personnel et professionnel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Marcel Barbier et de Pauline Papillon, elle est l’aînée d’une famille de sept enfants. Son père est employé aux chemins de fer et sa mère, femme de ménage, s’occupe de ses enfants. À 16 ans, elle rencontre Hubert Babu, avant-dernier d’une famille de huit enfants de parents paysans en Vendée. Ils se marient en 1961.

Pendant les trente années de leur vie commune, la profession de géologue d'Hubert Babu les amènent à déménager de nombreuses fois en France puis passent trois ans en Arabie saoudite et plusieurs années en Angola. Ils ont deux enfants, Frédéric Babu et Sandrine Babu. Hubert Babu décède en Angola, dans sa cinquantième année, en mai 1991.

Depuis 2004, elle est retraitée et vit en Guadeloupe.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

À 18 ans, Annie s’inscrit à l’école de la Croix-Rouge de Saint-Étienne, elle obtient en 1963 le diplôme d’État d’infirmière et en 1965 le diplôme d'État d'assistante sociale.

Elle se forme au conseil conjugal et familial et à la thérapie familiale systémique au début des années 1980 et obtient sa maîtrise en travail social à Nantes en 1983.

En 1987 elle est une des premières à se former à la médiation familiale au Québec.

Assistante sociale et formatrice[modifier | modifier le code]

De 1967 à 1984, elle a travaillé en tant qu’assistante sociale dans de nombreuses structures de santé et de soin (PMI, hôpital psychiatrique) ainsi que dans des établissements scolaires. Elle a également été cadre pédagogique dans l’école d’assistantes sociales d’Alençon et a réalisé plusieurs enquêtes sociales pour les juges aux affaires familiales.

De 1984 à 1990, elle est responsable de la formation des conseillers conjugaux et familiaux à l’École des Parents et des Educateurs d’Île-de-France (EPE). Durant ces années, elle élabore les premières formations à l’enquête sociale en y invitant les magistrats, les avocats et les associations de parents séparés/divorcés.

Dès 1987, dans le cadre de l’EPE, elle initie les premières formations à la médiation familiale et la première consultation de médiation familiale en France.

La médiation familiale[modifier | modifier le code]

Pionnière de la médiation familiale en France[modifier | modifier le code]

Annie découvre la médiation familiale[2] dans un colloque à l’Unesco en 1987, organisé par une association de parents séparés/divorcés sur les conséquences financières du divorce et ses impacts sur les enfants, où l’invitée principale est Lorraine Fillon, responsable du service public de médiation familiale au tribunal de Montréal au Québec. Elle suit trois mois plus tard une formation pratique approfondie à la médiation familiale au Québec dans le service public de médiation familiale de Montréal.

De retour en France, elle organise les premières sensibilisations à la médiation familiale au sein de l’École des parents et des éducateurs de Paris (EPE)[3]. Ses écrits de praticienne sur la médiation familiale servent de base à la définition de ce processus de construction ou reconstruction du lien familial.

Présidente de l'Association pour la Promotion de la Médiation Familiale (AMPF)[modifier | modifier le code]

Pionnière de la médiation familiale en France, elle provoque en janvier 1988 un voyage d'échanges et de rencontres au Québec de l’Association Père-Mère-Enfant avec Lorraine Fillon. Il en résulte la création de l'Association pour la Promotion de la Médiation Familiale (APMF)[4] en juillet 1988. Les co-fondateurs de l'APMF sont spécialisés dans le conseil de conflits familiaux, psychologues ou avocats, Annie Babu en assure la présidence pendant trois ans.

En 1990, l’APMF organise le premier colloque européen sur la médiation familiale qui se déroule à Caen et qui réunit 700 professionnels du monde psycho-social et juridique venus de 14 pays différents.

Fondatrice de l'Institut Européen de Médiation Familiale (IEMF)[modifier | modifier le code]

En 1990, Annie Babu quitte l’École des Parents puis fonde et dirige durant 14 ans l’Institut Européen de Médiation Familiale (IEMF) à Paris pour former les futurs médiateurs et médiatrices. Elle choisit comme collaboratrices deux médiatrices familiales pionnières dans leur pays : Linda Bérubé[5], première Présidente de l'Association pour la Médiation Familiale au Québec, devient co-responsable, et Lisa Parkinson[6],[7],[8], première Présidente pour la Médiation Familiale au Royaume-Uni, devient formatrice sur les aspects reliés aux responsabilités parentales.

L'Institut européen de médiation familiale (IEMF) organise la première formation longue en conformité avec la charte européenne. Elle commence en septembre 1991 avec 15 stagiaires. Douze autres formations sont effectuées avec chaque fois plus de vingt personnes.

En 2000, elle apporte son soutien au « Manifeste pour la médiation[9] » élaboré par les principaux responsables d’associations de médiation et de médiateurs.

Formatrice en médiation familiale hors métropole[modifier | modifier le code]

Pendant cette période en collaboration avec Linda Bérubé, Annie organise trois colloques au Canada ouvert aux médiateurs européens et québécois :

  • Du 8 au 13 octobre 1995 à Québec et Montréal, sur le thème Médiateurs, élargissons nos horizons, élargissons nos pratiques (100 participants) ;
  • du 23 au 25 septembre 1999 à Québec sur le thème La médiation familiale du XXIe siècle ou le défi de la coparentalité à la suite de la rupture du couple (325 participants);
  • du 25 au 27 septembre 2003 à Montréal sur le thème Familles aux multiples visages: nouveaux défis pour la médiation familiale (200 participants).

L’IEMF donne aussi deux formations longues à l' Île de La Réunion pour des professionnels des champs psycho-social et juridique, et deux sensibilisations en Nouvelle-Calédonie à la demande d’une association de parents séparés/divorcés.

Elle assure des formations à la médiation familiale en partenariat avec Costanza Marzotto, pionnière de la médiation familiale en Italie et responsable des formations à la médiation familiale à l’université catholique du Sacré-Cœur à Milan.

Après avoir participé à l’ouvrage collectif Médiation familiale, regards croisés et perpectives[10], préfacé par Irène Théry en 1997, elle co-écrit en 2003 avec Pierrette Aufiere un Guide de la médiation familiale, étape par étape également ouvrage de référence pour la médiation familiale et le juridique[11],[12]. Le médiateur du Conseil européen Jean Mirimanoff reprend en bibliographie les différentes éditions de l'ouvrage dans son document Amicable dispute resolution.

En 2003, la volonté de garantir une formation de qualité et un diplôme national reconnu conduit à la création du DEMF (Diplôme d’État de Médiateur Familial). Les activités de l'IEMF s'arrêtent en 2004 après avoir formé 400 médiateurs familiaux intervenant en médiation sociale et accompagnement familial.

En 2008, dans le cadre de la formation continue de l’université de Guadeloupe, Annie Babu assure la formation de médiateurs et médiatrices pendant 18 mois.

La fin de vie[modifier | modifier le code]

Militante pour une mort choisie[modifier | modifier le code]

Adhérente à l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité[13] (ADMD) en 1990, Annie Babu devient déléguée régionale en Guadeloupe de cette association en 2004. Après avoir observé et alerté sur les dérives sectaires des instances dirigeantes, elle démissionne et quitte cette association en 2015. Elle ne remet pas en cause les objectifs qui avaient motivé son implication, mais ne veut plus cautionner le manque de respect, de dignité et de liberté dans le fonctionnement de l’ADMD[14].

En 2019, elle s’allie à Marie Godard et Nathalie Gueirard Debernardi dont les pétitions en faveur du suicide assisté et de l’euthanasie ont obtenu 345 000 signatures fin mars 2018[15].

Ensemble, elles sont à l’origine d’un manifeste[16] pour l'évolution de la loi Claeys-Leonetti. Elles créent en février 2018 avec quatre autres personnes l’association LE CHOIX[1], qu’Annie Babu co-préside avec Marie Godard, pour porter la parole des signataires des pétitions devant le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE). Un an après, cette association rassemble 10 000 membres et se développe au travers de plusieurs antennes régionales.

En 2018, Annie Babu témoigne dans le Journal International de Médecine (JIM) sur la sédation terminale et continue en HAD[17](Hospitalisation À Domicile (HAD) qu’a reçu son compagnon atteint de maladies incurables.

Initiatrice d’une réflexion et d’une proposition de médiation au service de Vincent Lambert[modifier | modifier le code]

Face au blocage de la douloureuse histoire de Vincent Lambert, Annie Babu imagine avec des collègues une troisième voie de solution[18],[19] basée sur une médiation entre les parties en conflit.

Co-autrice d’un ouvrage sur les questions de fin de vie[modifier | modifier le code]

Les soins palliatifs, l'euthanasie et les expériences de mort imminente[20],[21] sont trois sujets tabous autour de la mort qui ont rarement été mis en corrélation. Annie Babu et le Dr Jean-Jacques Charbonnier ont recueilli les réponses de 3 000 personnes à un questionnaire pour nourrir leur dialogue autour de ces questions. Leur ouvrage commun 4 regards sur la mort et ses tabous est une référence sur les EMI[22].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2003, elle est décorée par Irène Théry[23] de la médaille des chevaliers de l’ordre du Mérite pour son implication dans le développement de la médiation familiale en France.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Annie Babu, Isabella Biletta, Noëlle Mariller[24], Pierrette Bonnoure-Aufière, Maryvonne David-Jougneau, Stéphane Ditchev, Alain Girot, Médiation familiale, regards croisés et perspectives, Erès, novembre 1997
  • Annie Babu et Pierrette Bonnoure-Aufière, Guide du médiateur familial : La médiation familiale étape par étape (Sciences humaines Sociologie), Toulouse, Erès, , 470 p. (ISBN 978-2749202259)
  • Jean-Jacques Charbonier et Annie Babu, 4 regards sur la mort et ses tabous : Soins palliatifs, euthanasie, suicides assistés et expériences de mort imminente, Paris, Guy Trédaniel éditeur, , 431 p. (ISBN 978-2813207722)
  • Annie Babu, Sylvie Ouellet Ouvrage Collectif, Mourir l'âme en paix, Plaidoyer pour des choix éclairés, Éditions Beliveau 2015
  • Annie Babu Amanda Castello Un allien nommé Docteur Crabe Livre Ebook 2016

Articles[modifier | modifier le code]

  • Annie Babu, Sylvie Counio, Formation à l’enquête sociale, Le groupe familial, no 120, juillet/septembre 1988
  • Annie Babu, La médiation familiale, Le groupe familial, no 120, juillet/septembre 1988
  • Annie Babu, L'E.P.E et la consultation médiation, Le groupe familial, no 125, octobre/décembre 1989
  • Annie Babu, L'E.P.E, la formation à la médiation familiale, Le groupe familial, no 125, octobre/décembre 1989
  • Annie Babu, La médiation familiale, Sciences Humaines, no 84, juin 1998
  • C. Marzotto in Lisa Parkinson, La mediazione familiare, modelli e strategie operative, Erickson, 2003, p. 10
  • Martine Gross (dir.), Homoparentalités : État des lieux, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, Érès, , 2e éd., p. 123de
  • Annie Babu Affaire Vincent Lambert Comment sortir de l'impasse Troisième voie Mars 2014
  • Annie Babu et autres auteurs Une médiation pour Vincent Lambert Libération septembre 2015

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « À LA UNE », sur CITOYENS POUR UNE MORT CHOISIE (consulté le 4 mars 2019)
  2. Geneviève Cresson, « Médiation familiale et violence conjugale, Family mediation and domestic violence », Cahiers du Genre, no 33, 2002, p. 201–218 : « Il n’y a pas d’unanimité quant à la définition du concept de médiation. Après l’avoir constaté, l’une des spécialistes françaises de la médiation familiale, Annie Babu, a récapitulé dans un ouvrage récent les points communs acceptés par la plupart des praticiens de la médiation familiale... » https://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2002-2-page-201.html
  3. Benoit Bastard, « Cette belle idée », L'école des parents, no 603,‎ , p. 18–23 (ISSN 0424-2238, lire en ligne, consulté le 12 mars 2018) :

    « La médiation familiale est tout d’abord une innovation mobilisatrice. Il faut rappeler à cet égard le rôle précurseur de l’École des parents et des éducateurs (EPE). C’est notamment en son sein, à l’initiative d’Annie Babu, qu’ont été engagées les premières démarches qui ont permis l’arrivée en France de cette pratique nord-américaine, via le Québec. C’est avec l’EPE que les premiers formateurs québécois, notamment Lorraine Filion (voir dans ce numéro pages 30-31), Justin Lévesque ou Aldo Morrone, ont acquis une notoriété telle qu’ils ont ensuite été appelés à développer des formations en France et dans l’Europe francophone. »

  4. Histoire de l’Association pour la Promotion de la Médiation Familiale (APMF) : « Après un colloque, fin janvier 1988, à Versailles où l’APME (Association Père-Mère-Enfant) organisait une rencontre sur la médiation familiale avec Lorraine FILION, travailleuse sociale et médiatrice familiale qui venait du premier service de médiation familiale public, fondé en 1984 à Montréal, Annie BABU envisagea et proposa un voyage d’échanges et de rencontre avec elle au Québec. A leur retour, Ces militants fondèrent l’Association pour la Promotion de la Médiation Familiale, le 10 juillet 1988 dont Annie BABU fut la présidente. » ; « Les 24 membres fondateurs de l’APMF : Annie BABU, Georgette BERTIN, Françoise BOUTHORS, Marc CHAPEAU, Michèle COLOMBEL, Gérard COULON, Michel DELEAU, Claire DENIS, Michèle FOURTANIER, Chantal GINGEMBRE, Cécile GRANDJEAN, Maryvonne JAFFRAIN-RANDIER, Muriel LAROQUE, Hans LEHMANN, Claude LIEHNARD, Philippe MAHOUIN, Étienne MOURET, Jacqueline MOURET, Françoise NERISSON, Georgette PELISSIER, Martine PERONNET, Monique RONDELEUX, Joëlle RUDIN, Hélène VAN DEN STEEN » https://www.apmf.fr/vie-de-lapmf/lassociation/lhistoire/
  5. « Linda Bérubé – AGIRE International »
  6. « Lisa Parkinson »
  7. Lisa Parkinson, La mediazione familiare - NUOVA EDIZIONE: Modelli e strategie operative - Nuova edizione italiana a cura di Costanza Marzotto, Edizioni Centro Studi Erickson, (lire en ligne), p. Lisa Parkinson, La mediazione familiare - NUOVA EDIZIONE: Modelli e strategie operative - Nuova edizione italiana a cura di Costanza Marzotto, Edizioni Centro Studi Erickson, 1er novembre 2013
  8. « De l’importance d’entretenir un esprit pionnier »
  9. « « Le manifeste pour la médiation - Association Nationale des Médiateurs », Christophe Planet »
  10. Isabella Biletta, Noëlle Mariller, « Médiation familiale, regards croisés et perspectives »
  11. « Guide de la médiation familiale, Pierrette Aufiere, Annie Babu »
  12. Guy Boubault et Christian Le Meut, Pratiques de médiation: écoles, quartiers, familles, justice - une voie pour gérer les conflits, ECLM, (lire en ligne)
  13. « Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) »
  14. « Association Ultime Liberté (Antilles) : lettre de démission d’Annie Babu de la délégation ADMD »
  15. Éric Favereau, « Fin de vie : les partisans d’une autre loi se manifestent en masse », sur Libération.fr,
  16. « Manifeste pour une loi autorisant l’aide active à mourir en France »
  17. Journal International de Médecine le 14 avril 2018, Français : Témoignage Annie Babu sur la sédation continue en phase terminale sur le JIM, (lire en ligne)
  18. Enquêtes de santé, Français : Réflexion sur le sort de Vincent Lambert dans Enquêtes de santé, (lire en ligne)
  19. Corine Pelluchon, Jean-François Mattéi, Marie-Josée Mathieu, Thierry Marmet, Rabia Hamidi, Alain Girot, Annie Babu, Pierrette Aufiere, « Une médiation pour Vincent Lambert ? », sur Liberation.fr,
  20. Rozenn Le Carboulec, « Expériences de mort imminente : ces "sorties de corps" restent une énigme pour la science », sur leplus.nouvelobs.com,
  21. Luxwalker, « La MORT et ses mystères », sur AgoraVox,
  22. Jean-Jacques Charbonier et Annie Babu, 4 regards sur la mort et ses tabous: Soins palliatifs, euthanasie, sucide assisté et expériences de mort imminente,, Guy Trédaniel, (lire en ligne)
  23. Annie Babu, « Discours prononcé par Irène Théry le 21 juin 2003 pour la remise de la médaille de chevalier de l'Ordre national du Mérite à Annie Babu », sur Le blog de Annie Babu (consulté le 7 mars 2019)
  24. Isabella Biletta, Noëlle Mariller, texte additionnel.