Angelo de Sorr

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Angelo de Sorr (né à Sainte-Eulalie d'Ambarès en 1822, mort à Bordeaux en 1881) est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Angelo de Sorr, pseudonyme de Ludovic Sclafer, est né dans une famille de vignerons. Son frère Honoré (né en 1816) publiera plusieurs ouvrages sur la viticulture[1].

Monté à Paris, il se lance très jeune dans la littérature et publie Les Filles de Paris en 1848. Il mettait la dernière main à un Vampire dont il attendait beaucoup, lorsque, lors d'une randonnée dans les Pyrénées, il tomba dans un précipice. Bien que son corps n'eût pas été retrouvé, le très sérieux Moniteur universel annonça son décès. Ses amis Charles Monselet et Aurélien Scholl lui consacrèrent des rubriques nécrologiques[2]. Pourtant Sorr réapparut bientôt et il fut bien obligé d'admettre que l'annonce de sa mort était un canular concocté par le marquis Laurent de Villedeuil, directeur du journal Le Soleil, auquel il collaborait. Il n'avait pas cru bon de démentir la nouvelle, espérant un impact positif sur le chiffre des ventes de son Vampire.

Il collabora au Corsaire[3], au Corsaire-Satan, à L'Union théâtrale, au Centenaire. Il participa à Nice, en 1857, à une ascension en ballon monté et disparut de nouveau. Cette fois pourtant sa disparition ne provoqua aucun commentaire et personne ne le crut quand il prétendit avoir atterri dans le cimetière de Lodève. Il publia par la suite des récits fantastiques, des chroniques paysannes et des études de mœurs.

Il devint éditeur et fonda la « Librairie Sartorius », qui eut la chance de publier le très prolifique Paul de Kock. En 1870, il créa le journal Le Trac qui parut pendant la Commune. Après la guerre, il publia Ranalalalulu CXXXIV où l'on voit un roi africain visiter Paris pendant la Commune. Il retouna à Bordeaux où il mourut en 1881.

Citations[modifier | modifier le code]

« Il était naturellement sale de sa personne, mais se lavait pour dissimuler. »

Le Drame des carrières d’Amérique

« La jeune épousée ne fit aucun mouvement et la vieille Kockburns laissa tomber le couperet du silence sur le cou d'une phrase à peine commencée. »

Le Vampire, Adolphe Delahays, 1852, p. 180

« Le romancier tend vers un but plus modeste, et n'aspire pas, que je sache, à la révélation. La psychologie est presque sa seule étude; c'est pour lui, simultanément, distraction et science. Curieux comme une fille, il fouille sans cesse dans les alvéoles secrètes des sentiments intimes, il exfolie avec amour toutes les couches des sensations inconnues, il place une lentille grossissante sur les tubercules du cœur. Puis, il raconte ses observations à ceux qu'elles intéressent. »

Le Vampire, Adolphe Delahays, 1852, p. 2

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Filles de Paris, 1848
  • Le Vampire, 1852
  • Les Pinadas, 1854
  • Le Chasseur d'alouettes, 1857
  • Les Inutiles, 1858
  • Les Cheveux de Mélanette, 1862
  • Le Masque de velours, 1862
  • Les Grands jours de M. Baudry, 1867
  • Le Drame des carrières d'Amérique, 1868
  • Le Fantôme de la rue de Venise, 1869
  • Jeanne et sa suite, 1870
  • Ranalalalulu CXXXIV, 1872
  • Manuel du parfait légitimiste, 1873
  • Manuel du parfait bonapartiste, 1873
  • Le Péché de Félicité, 1875

Éditions récentes[modifier | modifier le code]

  • Le Chasseur d'alouettes ou le Bassin d'Arcachon, préface de Jean-Pierre Bernès, Bordeaux, Éd. Confluences, 2007 (ISBN 978-2914240970)
  • Les Pinadas ou le Sorcier, préface de Jean Pierre Bernès, Éd. Confluences, 2009 (ISBN 978-2-35527-024-6)

Source[modifier | modifier le code]

  • Sylvain-Christian David, « Angelo de Sorr », Le Journal littéraire, septembre-novembre 1987, no 1, p. 144-145
article très intéressant, mais à utiliser avec précaution car il contient de nombreuses erreurs

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'Art de planter la vigne, Le Désherbement à la main de la vigne
  2. La notice de Sorr à la BNF le donne encore aujourd'hui mort en 1851
  3. Il en fut le rédacteur en chef avec Aurélien Scholl en 1854