Charles Monselet

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Charles Monselet
Charles Monselet par Marcellin Desboutin.png

Estampe de Monselet à la pointe sèche de Marcellin Desboutin.

Biographie
Naissance
Décès
(à 63 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Surnom
Le roi des gastronomesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autoportrait
paru dans La Plume, en 1891.
Charles Monselet
en gastronome d'après André Gill.
Charles Monselet en amour Louis XV, par Étienne Carjat.
Autographe
du poème Amelia.

Charles Monselet, né à Nantes le , et mort à Paris le , est un écrivain épicurien, journaliste, romancier, poète et auteur dramatique français.

Surnommé « le roi des gastronomes » par ses contemporains, il est, avec Grimod de la Reynière, le baron Brisse et Joseph Favre, l'un des premiers journalistes gastronomiques français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né au no 15 de la rue Jean-Jacques-Rousseau à Nantes, il habita dans cette ville les neuf premières années de sa vie, avant que ses parents n’emménagent à Bordeaux. Après une jeunesse bordelaise, il revient dans sa ville natale en 1852, avant que sa carrière littéraire ne se passe à Paris[1].

La mort de son ami le baron Brisse, au cours d'un dîner, lui vaut ce mot d'esprit – probablement apocryphe – : « Passons tout de même à table ! Il n’a jamais aimé les fricots trop cuits[2]. »

Instantanés littéraires, nouvelles folâtres, romans d'amour et policiers, sa bibliographie compte une quarantaine de volumes pleins de couleur, de gaieté et de naturel, où la femme a souvent un rôle central, notamment dans La Franc-Maçonnerie des femmes (1856), un récit policier touffu sur fond d'intrigue sentimentale. Dans le Paris de 1843, le jeune et ambitieux Philippe Beyle s'éprend de la belle cantatrice Marianna, conquiert son cœur puis, ayant satisfait sa vanité, la délaisse. Humiliée, la chanteuse use de son pouvoir au sein d'une franc-maçonnerie féminine, sorte de police parallèle dirigée par et pour des femmes, pour lancer la toute-puissante société secrète sur les traces de son amant afin d'assouvir sa vengeance.

Son poème, Les Petites Blanchisseuses, connaît une grande notoriété au XIXe siècle. Il est très souvent évoqué par les journalistes parisiens dans leurs articles parlant des blanchisseuses au moment de leur fête : la Mi-Carême. De ce poème libertin, ils ne citent jamais que le premier quatrain[3], très correct, qui ne laisse pas entrevoir la suite :

Les petites blanchisseuses
Que l’on voit, chaque lundi,
Aux pratiques paresseuses
Porter le linge à midi,

Il est l'un des auteurs du pastiche, Le Parnassiculet contemporain[4], et fut l'ami de Jean-Gabriel Capot de Feuillide, auquel il consacra une critique favorable dans La Lorgnette littéraire. Dictionnaire des grands et des petits auteurs de mon temps[5]. Un portrait minute, particulièrement saisissant, de Charles Baudelaire, orne, parmi d'autres, cette amusante galerie de portraits. Rédacteur en chef et fondateur du journal Le Gourmet.

La même année, il commet les Oubliés et les Dédaignés, réhabilitation pittoresque d'auteurs méconnus du XVIIIe siècle, et, pointe par comparaison, l'éclectisme des écoles stylistique du mitan du Second Empire.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (66e division).

Œuvres partielle[modifier | modifier le code]

Romans, nouvelles et proses diverses[modifier | modifier le code]

  • Les Chemises rouges, 5 vol., 1850-1857) — réédité en 3 volumes ayant pour titre M. Le Duc s'amuse, disponible sur Gallica ; François Soleil, disponible sur Gallica ; La Fin de l'orgie, disponible sur Gallica (1866).
  • Statues et statuettes contemporaines, .
  • Histoire anecdotique du tribunal révolutionnaire (17 août-29 novembre 1792), , disponible sur Gallica.
  • Rétif de la Bretonne. Sa vie et ses amours : documents inédits ; ses descendants ; catalogue complet de ses ouvrages, , disponible sur Gallica.
  • Les Aveux d'un pamphlétaire, .
  • Figurines parisiennes, , disponible sur Gallica.
  • Les Vignes du Seigneur, .
  • La Franc-Maçonnerie des femmes, , 4 vol. — réédité aux éditions du Masque, coll. « Labyrinthes », no 190, 2011.
  • Physionomies parisiennes. Acteurs et actrices, .
  • La Lorgnette littéraire. Dictionnaire de grands et des petits auteurs de mon temps, , disponible sur Gallica.
  • Les Oubliés et les Dédaignés, , disponible sur Gallica.
  • Les Ruines de Paris, , vol., 1 disponible sur Gallica ; 2 disponible sur Gallica 3 disponible sur Gallica 4 disponible sur Gallica — réédité sous le titre L'Argent maudit, 1875.
  • Monsieur de Cupidon, , disponible sur Gallica.
  • La Cuisinière poétique, avec d'autres auteurs (1859)
  • Les Tréteaux, , disponible sur Gallica.
  • Théâtre du Figaro, , disponible sur Gallica.
  • Les Galanteries du XVIIIe siècle (réédité sous le titre Les Amours du temps passé, 1875), , disponible sur Gallica.
  • Almanach des gourmands, 1862-1870, 6 vol.
  • Fréron, ou l'Illustre critique, sa vie, ses écrits, sa correspondance, sa famille, etc., .
  • De Montmartre à Séville, , disponible sur Gallica — réédité sous le titre Les Souliers de Sterne. Récits et tableaux de voyage : France, Angleterre, Italie, Belgique, Allemagne, Espagne, Portugal, 1874, disponible sur Gallica.
  • Le Plaisir et l'Amour, , disponible sur Gallica.
  • Les femmes qui font des scènes, , disponible sur Gallica.
  • Almanach des rues et des bois, citadin, champêtre et poétique, pour 1866, indispensable à tous les gens de bien, .
  • Portraits après décès, avec lettres inédites, , disponible sur Gallica — réédité sous le titre Les Ressuscités, 1876.
  • Les Premières Représentations célèbres, , disponible sur Gallica.
  • Les Créanciers, .
  • Le Musée secret de Paris, v. 1870, disponible sur Gallica.
  • Chanvallon, histoire d'un souffleur de la Comédie-française, , disponible sur Gallica.
  • Les Frères Chantemesse, , 2 vol., 1 disponible sur Gallica.
  • Les Marges du Code. La Belle Olympe, , disponible sur Gallica.
  • Les Mystères du Boulevard des Invalides, , disponible sur Gallica.
  • Panier fleuri, prose et vers, , disponible sur Gallica.
  • Teofilo Barla, cuisinier de la Maison de Savoie : à propos de sa vie et de sa mort, Paris, .
  • Gastronomie, récits de table, .
  • Les Années de gaieté, nouvelles (1875.
  • Scènes de la vie cruelle, , disponible sur Gallica.
  • Lettres gourmandes, manuel de l'homme à table, .
  • Une troupe de comédiens, , disponible sur Gallica.
  • Le Petit Paris, tableaux et figures de ce temps, , disponible sur Gallica.
  • Les Poésies complètes de Charles Monselet, .
  • Mon dernier-né, gaietés parisiennes, .
  • Encore un !, , disponible sur Gallica.
  • Petits mémoires littéraires, , disponible sur Gallica.
  • Jean de La Réole, roman (1888, disponible sur Gallica.
  • De A à Z, portraits contemporains, , disponible sur Gallica.
  • Mes souvenirs littéraires, .
  • Promenades d'un homme de lettres. Nord, ouest, est, sud, , disponible sur Gallica.
  • Sous le manteau : nouvelles, , disponible sur Gallica — réédité sous le titre Petits péchés, 1893.
  • Curiosités littéraires et bibliographiques, .
  • Fantaisies, , disponible sur Gallica.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Lucrèce, ou la Femme sauvage, parodie en 1 acte et en vers de la Lucrèce de M. Ponsard, avec Richard Lesclide, Bordeaux, théâtre des Variétés, 7 octobre 1843.
  • Un carreau brisé, comédie vaudeville en 1 acte, Bordeaux, théâtre des Variétés, 2 juillet 1844.
  • Le Congrès des statues, 1860. Saynète — rééditée dans l'anthologie Jean Bart, L’Empreinte du « Roi des Corsaires », Bibliogs, 2017.
  • Les femmes qui font des scènes, pièce en 3 actes, mêlée de chant, avec Alphonse Lemonnier, musique de Charles Hubans, Paris, théâtre des Folies-Dramatiques, 21 juin 1872.
  • Venez, je m'ennuie, comédie en 1 acte, Paris, théâtre de la Renaissance, 24 avril 1873.
  • L'Ilote, comédie en 1 acte, en vers, avec Paul Arène, Paris, Comédie-Française, 17 juin 1875.
  • La Revue sans titre, revue de l'année 1876, en 2 actes et 3 tableaux, Paris, théâtre des Variétés, 8 décembre 1876, disponible sur Gallica.
  • La Surprise de l'amour. opéra-comique en 2 actes, d'après Marivaux, musique de Ferdinand Poise, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, 31 octobre 1877.
  • Les Dindons de la farce, comédie en 3 actes, avec Alphonse Lemonnier, Paris, théâtre de l'Athénée-Comique, 14 mai 1880.
  • L'Amour médecin, opéra-comique en 3 actes et 1 prologue, d'après Molière, musique de Ferdinand Poise, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, 20 décembre 1880.
  • Joli Gilles, opéra comique en 2 actes, d'après d'Allainval, musique de Ferdinand Poise, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, 10 octobre 1884.

Hommages[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs odonymes portant son nom dont : une rue à Bordeaux, une rue à Nantes et une rue à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pajot 2010, p. 151
  2. Jean Vitaux, « Le Baron Brisse : un journaliste gargantuesque », Canal Académie, 3 février 2013.
  3. Par exemple, en 1893, Adolphe Brisson dans Adolphe Brisson, « À travers champs », Revue illustrée, vol. xvii, no 193,‎ , p. 221 (lire en ligne).
  4. Le Parnassiculet contemporain, recueil de vers nouveaux précédé de l'Hôtel du Dragon-Bleu, et orné d'une étrange eau-forte, Paris, J. Lemer, 1867. Les auteurs du pastiche sont : Alphonse Daudet, Paul Arène, Charles Monselet, Charles Bataille, Jean Du Boys, Alfred Delvau et M. Renard. texte sur wikisource.
  5. Charles Monselet, Auguste Poulet-Malassis et Eugène de Broise, Paris, 1857.

Sources[modifier | modifier le code]

Anthologie et Encyclopédie[modifier | modifier le code]

  • Kilien Stengel, Poètes de la bonne chère, éditions de la Table Ronde (groupe Gallimard), 2007.
  • Claudine Sainlot, Nantes en 1900, Direction du Livre et de la Lecture et Fédération Française de Coopération entre Bibliothèques (Nantes-Médiathèque) p. 15 à 22.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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