Alexeï Guerman

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Alexeï Iourievitch Guerman (en russe : Алексей Юрьевич Герман), né le à Leningrad et mort le à Saint-Pétersbourg, est un cinéaste soviétique et russe[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l'écrivain et scénariste Iouri Guerman, Alexeï Guerman entre aux studios Lenfilm en 1964[2]. Bien qu'il soit considéré comme l'un des plus grands réalisateurs russes de la seconde moitié du XXe siècle, il n'a réalisé que six films en plus de quarante ans, dont deux inspirés des écrits de son père. Trois de ses œuvres ont été censurées — La Vérification (1971) et les deux films cités plus bas — et n'ont pu sortir qu'au moment de la perestroïka. Tous ses films ont été tournés dans les studios Lenfilm à Saint-Pétersbourg, dont il fut un temps administrateur. Alexeï Guerman commence sa carrière au théâtre, puis coréalise, avec Grigori Aronov, Le Septième Compagnon (1967), adapté d'une nouvelle de son père.

Il est l'auteur de deux chefs-d'œuvre, Vingt jours sans guerre (1976) et Mon ami Ivan Lapchine (1984)[2]. Après sa réhabilitation en 1986, et la sortie de ses films interdits, Alexeï Guerman, alors secrétaire de l'Union des cinéastes, devient l'un des cinéastes soviétiques les plus en vue. En 1987, le film Mon ami Ivan Lapchine est récompensé par le Prix des frères Vassiliev et reçoit également le Léopard de bronze au Festival international du film de Locarno. Le Prix d’État de l'URSS lui est attribué en 1988 pour le film La Vérification.

Il est distingué Artiste du peuple de la Fédération de Russie en 1994.

On lui décerne l'Ordre du Mérite pour la Patrie le 20 juillet 1998. L'année suivante, son film Khroustaliov, ma voiture ! est sélectionné pour le Festival de Cannes et reçoit plusieurs prix Nika.

Le 30 juillet 2008, il est décoré de l'Ordre de l'Honneur pour sa contribution au développement du cinéma national.

Il est difficile d'être un dieu, son sixième et dernier film, dont le mixage, après sa mort, sera terminé par son fils[1], est l'adaptation du roman des frères Strougatski, Il est difficile d'être un dieu (L'Histoire du carnage d'Arkanar) (Paris, Denoël, 1973). Il s'agit d'une réflexion philosophique sur la marche de l'Histoire et les rapports de pouvoir. Le film est récompensé par sept prix Nika en 2015 dont un du meilleur réalisateur décerné à titre posthume.

Les films d'Alexeï Guerman sont filmés en noir et blanc car, « les souvenirs n'ont pas de couleur », disait-il[3].

Alexeï Guerman était marié à la scénariste Svetlana Karmalita avec qui il a eu un fils, le réalisateur et scénariste Alexeï Guerman Jr.

Le réalisateur est décédé d'insuffisance rénale le 21 février 2013. Il est inhumé au cimetière Bogoslovskoïe de Saint-Pétersbourg.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pierre Murat, « Alexeï Guerman, réalisateur démesuré », sur telerama.fr, (consulté le 12 septembre 2016)
  2. a et b Didier Péron et Veronika Dorman, « Alexeï Guerman, empreinte russe », sur liberation.fr, (consulté le 12 août 2016)
  3. Entretien in : Cahiers du cinéma, no 531.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexeï Guerman, l'œuvre au noir in : Cahiers du cinéma, no 688, avril 2013.
  • Alexeï Guerman, Philippe Coutarel, Éditions du Revif, 2016.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]