Alban Lefranc

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Alban Lefranc
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Biographie
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Alban Lefranc, né à Caen en 1975, est un écrivain, auteur dramatique et traducteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alban Lefranc réside à Paris après avoir longtemps vécu en Allemagne (Berlin, Dresde, Bonn). Ses romans sont des vies imaginaires pour lesquelles il pratique une forme de "putsch interprétatif"[1] qui consiste à "réinventer" les vies de Mohamed Ali, Rainer Werner Fassbinder, Maurice Pialat, Steve Jobs...

Son premier roman, Attaques sur le chemin le soir dans la neige, publié au Québec chez Le Quartanier, en 2005, applique ce principe au cinéaste allemand Rainer Werner Fassbinder[2]. Le livre est repris sous une forme remaniée et augmentée en 2012.

Publié en 2006, Des foules, des bouches, des armes retrace les premières années de la Fraction armée rouge mettant en scène Bernward Vesper, Andreas Baader et Gudrun Ensslin. On y croise également Otto Schilly, Daniel Cohn-Bendit, Rudi Dutschke et Joschka Fischer.

En 2009, Vous n'étiez pas là (aux éditions Verticales), qualifié d'« antibiographie », est consacrée à la chanteuse Nico. Une adaptation radiophonique de ce livre réalisée par l'auteur a été diffusée en juin 2011 sur France Culture. Laurence de la Fuente a adapté ce roman au théâtre, avec Isabelle Jelen et Françoise Lebrun (création au Rocher de Palmer en novembre 2013).

En septembre 2012, Fassbinder, la mort en fanfare (aux éditions Rivages), fiction biographique autour du cinéaste allemand Rainer Werner Fassbinder, est une reprise, sous une forme augmentée et remaniée, de Attaques sur le chemin le soir dans la neige [3]. "En un fulgurant montage, son texte fait s'enchevêtrer films, vie de Fassbinder et histoire, s'infiltre au plus profond pour, dans un revirement final, se l'approprier et le transfigurer en un objet romanesque. Du cinéaste Fassbinder à l'écrivain Alban Lefranc, une possession a eu lieu" écrit Marianne Dautrey dans Le Monde[4].

Ses trois premiers romans sont parus en allemand sous forme de trilogie chez Blumenbar, en octobre 2008 (traduction Katja Roloff)[5].

En mars 2013 paraît Le ring invisible aux éditions Verticales, qui réinvente la jeunesse du boxeur Mohamed Ali[6]. Une traduction italienne de ce livre est parue en novembre 2013 : Il ring invisibile  (66thand2nd, 2013)[7]. Cet ouvrage a reçu plusieurs prix : Le grand prix Sport et littérature, le prix de la ville de Caen, le prix des lycéens Ile-de-France. Lefranc a également écrit une pièce radiophonique autour de Mohamed Ali, « Ali après », (première diffusion sur France Culture en octobre 2011[8]).

À propos du Ring invisible, Florence Bouchy dans Le monde des livres a écrit : "L'Ali de Lefranc est un agrégat de corps sportifs et subversifs, à travers lesquels jouissances verbale et physique se contiennent et se relancent mutuellement. Dans l'espace potentiel qu'est son texte, aire de perfection protectrice contre le chaos des désirs débridés qui l'assaillent, l'écrivain s'engage pleinement. Prouvant au passage que pour lui, comme pour d'autres, la littérature est un sport de combat." (Le Monde des livres, 11/4/2013). À la mort de Mohamed Ali, Lefranc évoque le boxeur dans Libération[9].

En mars 2014, toujours chez Verticales, sort Si les bouches se ferment, nouvelle version augmentée de Des foules, des bouches, des armes.[10],[11],[12]

En mars 2015, il publie L'amour la gueule ouverte, hypothèses sur Maurice Pialat, aux éditions Hélium/Actes Sud. "C’est à l’au-delà du sentimentalisme que s’intéresse Alban Lefranc, à cette contrée où «la sagesse ne viendra jamais», dont Pialat fut peut-être le premier explorateur. «Ce n’est pas à la portée de n’importe qui de se déchirer avec une telle ferveur», écrit-il, chevauchant sur la rage de Pialat avec la complicité de ceux qui savent faire de la fureur un talent." écrit Mathieu Lindon dans Libération[13]. "À nouveau, la langue d’Alban Lefranc fait merveille : transmutant le matériau brut des entretiens ou des écrits de confidence, elle offre une poésie rythmique digne de son sujet écorché et toujours combattant"[14].

Publications en revues[modifier | modifier le code]

Il a fondé la revue bilingue (français/allemand) La mer gelée à Dresde en 2000. Sept numéros papier ont paru jusqu'en 2011. Après cinq ans d'interruption, la revue reprend chez l'éditeur Le Nouvel Attila en mars 2016 avec un numéro manifeste (CHIEN) et un nouveau comité de rédaction (Noémi Lefebvre, François Athané, Bernard Banoun, Antoine Brea, Christian Driesen, Aurélie Maurin). Le numéro MAMAN/MAMA paraît en août 2017[15],[16].

Il collabore à de nombreuses revues francophones : La Revue des livres, Le Quartanier, Inculte, Edwarda, Possession Immédiate, Hétérographe, la revue Espace(s) éditée par le CNES, Action restreinte, Rouge Déclic, OVNI Magazine, Le Cahier critique de poésie, Le Grand Os, Tausend Augen, Carbone, Rue Saint Ambroise, la Revue des ressources. IL écrit aussi pour des revues allemandes telles Polar, EDIT, Die kritische Ausgabe, Das Institut für Auslandsbeziehungen...

Traductions[modifier | modifier le code]

Alban Lefranc a traduit de l’allemand deux romans de Peter Weiss : Le Duel et L'Ombre du corps du cocher ; mais aussi Le cœur électrique de Peter Stephan Jungk et Roman de l'au-delà de Mathias Politycki.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Depuis 2010, il écrit également pour le théâtre[1].

Steve Jobs corps aboli, est joué à Théâtre Ouvert (Paris) en mai 2016, dans une mise en espace de Robert Cantarella [17]. En octobre 2017, la pièce est reprise sous la forme d'un monologue interprété par Nicolas Maury, dans une nouvelle mise en espace de Robert Cantarella, dans le cadre du festival Actoral[18],[19]. "La langue, dans cette pièce comme dans toute l’œuvre d’Alban Lefranc, apparaît comme le véritable nœud d’un rapport au monde et de « je, fictions grammaticales », pour questionner les notions de contrôle et de maîtrise"[20].

Il co-écrit Barbecues avec le collectif De Quark (joué en 2016 au théâtre Sorano à Toulouse, à la Scène Nationale d'Evreux, au théâtre Paris-Vilette)[21].

Pour la compagnie HOP (Patrick Sueur et Paule Groleau) il écrit Pialat / Ali Description d’un combat, un texte inédit autour de Maurice Pialat et Mohamed Ali[22].

La compagnie Le menteur volontaire, emmenée par Laurent Brethome, lui commande en 2010 La Mèche. La pièce paraît sous le titre Table Rase aux éditions Quartett en janvier 2018[20].

Il travaille avec Laurence de la Fuente à une adaptation de son roman Si les bouches se ferment.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Il a travaillé comme co-scénariste du film (en développement) de Christoph Hochhäusler, Je t'ai vue sourire (MACT Productions)[23].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'amour la gueule ouverte, hypothèses sur Maurice Pialat, éditions Helium, Actes Sud, 2015 (ISBN 978-2-330-04712-2)
  • Si les bouches se ferment, Paris, éditions Verticales, 2014 (ISBN 978-2070144815)
  • Le Ring invisible, Paris, éditions Verticales & Gallimard, 2013 - traduit en italien chez 66thand2nd, par Daniele Petruccioli.
  • Fassbinder. La mort en fanfare, Paris, éditions Payot & Rivages, 2012
  • Vous n'étiez pas là, Paris, éditions Verticale/Gallimard, 2009 (ISBN 978-2070124046)
  • Angriffe, trilogie, (traduction en allemand par Katja Roloff), Munich, Blumenbar, 2008
  • Des foules, des bouches, des armes, Paris, éditions Melville / Léo Scheer, 2006 (ISBN 978-2915341386)
  • Attaques sur le chemin le soir dans la neige, Montréal/Marseille, éditions Le Quartanier, 2005
  • La Vraie Vie, éditions Hache, Toulon, 2002

Participations à des ouvrages collectifs :

  • MAMAN, La mer gelée, éditions Le Nouvel Attila, 2017
  • En procès, éditions Inculte, 2016
  • CHIEN/HUND, La mer gelée, éditions Le Nouvel Attila, 2017
  • Berlin. Histoire, promenades, anthologie et dictionnaire, coll. Bouquin, éditions Robert Laffont, 2014
  • Face à Sebald, éditions Inculte, 2011
  • Le Ciel vu de la terre, éditions Inculte, 2011
  • Une chambre en ville, éditions Edwarda, 2011
  • Sacha Lenoir, Capricci, 2011
  • Écrivains en séries 2, éditions Laureli/Léo Scheer, 2011
  • Face à Lamarche-Vadel, éditions Inculte, Paris, 2009

Pièces radiophoniques :

  • L'amour la gueule ouverte: Hypothèses sur Maurice Pialat, France Culture, 2017
  • Ali après, diffusion France Culture, 2011
  • Vous n'étiez pas là, diffusion France Culture, 2011

Traductions de l'allemand :

  • Le cœur électrique (Peter Stephan Jungk), Actes Sud, Paris, 2011
  • Roman de l'au-delà (Mathias Politycki), Actes Sud, Paris, 2011
  • L'Ombre du corps du cocher (Peter Weiss), éditions Perturbations, Paris, 2009
  • Le Duel, (Peter Weiss), éditions Melville / Léo Scheer, Paris, 2006

Liste de références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Le grand entretien : Alban Lefranc (La Mèche) », DIACRITIK,‎ (lire en ligne)
  2. « Note de lecture : « Attaques sur le chemin, le soir, dans la neige » (Alban Lefranc) », Charybde 27 : le Blog,‎ (lire en ligne)
  3. « Réécoute - Fip livre ses musiques : "Fassbinder, la mort en fanfare" d'Alban Lefranc », Fip Radio,‎ (lire en ligne)
  4. « "Fassbinder, la mort en fanfare" de Alban Lefranc chez Rivages (Paris, France) », sur www.20minutes.fr (consulté le 12 octobre 2017)
  5. Frankfurter Allgemeine Zeitung GmbH, « Ein Fake mit Fortüne », sur FAZ.NET, (consulté le 12 octobre 2017)
  6. Mathieu Lindon, « Alban Lefranc prend Cassius Clay en main », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  7. (it) « Cassius Clay, il ring invisibile | Europa Quotidiano », sur www.europaquotidiano.it (consulté le 12 octobre 2017)
  8. France Culture, « Ali après », France Culture,‎ (lire en ligne)
  9. Alban Lefranc, « Ali, l’hérétique couronné », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  10. Christine Marcandier, « Si les bouches se ferment », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne)
  11. « Alban Lefranc : le « je », fiction grammaticale 2 (des Bouches à Pialat) », DIACRITIK,‎ (lire en ligne)
  12. « Note de lecture : « Si les bouches se ferment » (Alban Lefranc) », Charybde 27 : le Blog,‎ (lire en ligne)
  13. « Lefranc et Da Silva, à leurs amours », Libération.fr,‎ , http://next.liberation.fr/livres/2015/03/11/lefranc-et-da-silva-a-leurs-amours_1218771 (lire en ligne)
  14. « Note de lecture : « L’amour la gueule ouverte (hypothèses sur Maurice Pialat) » (Alban Lefranc) », Charybde 27 : le Blog,‎ (lire en ligne)
  15. Jérôme Duwa, « La Mer gelée, numéro Maman », Ent’revues,‎ (lire en ligne)
  16. « Oeuvres Ouvertes : Literaturcafé 8, la revue la Mer gelée numéro Maman », sur www.oeuvresouvertes.net (consulté le 12 octobre 2017)
  17. « Steve Jobs, corps aboli », Théâtre Ouvert - Centre National des Dramaturgies Contemporaines,‎ (lire en ligne)
  18. « Actoral | Festival international des arts & des écritures contemporaines », sur www.actoral.org (consulté le 12 octobre 2017)
  19. « Les Putschs Interprétatifs d’Alban Lefranc | Radio Grenouille », sur www.radiogrenouille.com (consulté le 12 octobre 2017)
  20. a et b « Actoral.17 : Steve Jobs d’Alban Lefranc, aboli bibelot d’inanité sonore », DIACRITIK,‎ (lire en ligne)
  21. « Barbecues », Palais de Tokyo,‎ (lire en ligne)
  22. Ouest-France, « Dans les coulisses du spectacle Ring invisible », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)
  23. « L’IMPOSTEUR | Poitiers Film Festival », sur www.poitiersfilmfestival.com (consulté le 13 octobre 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]