Al-H̠ansā’

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Al-H̠ansā’ vue par le poète et peintre libanais Khalil Gibran (1917)

Al-H̠ansā’ (en arabe: الخَنْساء) est le surnom de Tumād̩ir bint ʿAmr (تُماضِر بنت عمرو), poétesse arabe semi-légendaire qui serait née dans l'antéislam (avant 610) et serait morte sous le califat de ʿUmar b. al-H̠at̩t̩āb, entre 634 et 644. L'adjectif H̠ansā’ signifie "qui a le nez écrasé" et désigne par extension la gazelle[1].

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Les anecdotes, largement légendaires, relatives à la vie d'al-H̠ansā’, nous sont connues grâce aux grands ouvrages des IXe et Xe siècles consacrés à la vie des poètes, tels T̩abaqāt Fuh̩ūl al-Šuʿarā’ d’Ibn Sallām al-Ǧumah̩ī, al-Šiʿr wa-l-šuʿarā’ d’Ibn Qutayba, le Livre des chansons d’Abū al-Faraǧ al-Is̩fahānī.

D'après Ibn Qutayba, elle aurait été demandée en mariage par le poète Durayd b. al-S̩imma, de la tribu de Ǧušam, qu'elle aurait rejeté sans ménagement, refusant de se marier hors de sa tribu des Banū Sulaym[2].

Selon une autre tradition, elle se serait rendue au marché de ʿUkāz̩ où les poètes venaient rencontrer leur aîné al-Nābiġa al-D̠ubyānī et lui présenter leurs vers. Al-Aʿšā et H̩assān b. T̠ābit seraient entre autres venus entendre l'avis de leur maître sur leurs vers. Entendant la poésie d'al-H̠ansā’, venue après eux, al-Nābiġa al-D̠ubyānī s'exclame: "Par Dieu, si Abū Bas̩īr [= al-Aʿšā] ne m'avait pas déjà récité [ses vers], je t'aurais déclaré la meilleure poétesse d'entre les djinns et les hommes!"[3].

D'autres anecdotes, toujours chez Ibn Qutayba, insistent sur l'attachement d'al-H̠ansā’ pour son frère S̩aḫr. Ce dernier partage par deux fois sa fortune en deux et en donne la meilleure part à al-H̠ansā’ pour renflouer son mari qui s'était ruiné à force de dons[3].

À la mort de S̩aḫr, sa sœur le pleure jusqu'à en devenir aveugle[3].
Elle se convertit à l'Islam après sa rencontre avec le prophète Mahomet.

Œuvre poétique[modifier | modifier le code]

Elle doit sa célébrité à ses élégies funèbres (marāt̠ī) à la mémoire de ses deux frères S̩aḫr et Muʿāwiya tués dans des combats entre leur tribu, les Banū Sulaym, et des tribus rivales.

Les élégies d'al-H̠ansā’ ont été rassemblées dans un recueil (dīwān) de plus de 1000 vers à l'époque abbasside, probablement par le philologue Ibn al-Sikkīt (mort en 858). Une édition critique a été réalisée par Louis Cheikho en 1888.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. de B. Kazimirski, Dictionnaire arabe-Français, 1860 ; réédition Librairie du Liban, tome I, p. 640 (racine خنس)
  2. Ibn Qutayba, al-Šiʿr wa-l-šuʿarā’, p. 68
  3. a, b et c Ibn Qutayba, al-Šiʿr wa-l-šuʿarā’, p. 69

Bibliographie[modifier | modifier le code]