Agence pour le développement des relations interculturelles

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L'Agence pour le développement des relations interculturelles (ADRI) est une association créée par l'État français jusqu'en 1998, puis devenue un groupement d'intérêt public (GIP) jusqu'en 2004. Au 1er janvier 2005, les moyens de l'ADRI ont été fondus dans le GIP Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI).[réf. souhaitée]

Historique[modifier | modifier le code]

Le GIP ADRI, créé en 1998, avait pour objet de « recueillir et de diffuser des informations de toute nature et à l'aide de tout support sur l'intégration des populations d'origine étrangère en France, dans les champs social, culturel et économique[1]. » Le GIP Adri s'était vu confié une mission de service public administratif, ainsi définie dans ses textes constitutifs: « L'agence conçoit, développe, met en œuvre et fournit des outils d'information et de formation destinés notamment aux agents des services publics, aux professionnels des politiques de la ville et de l'intégration, aux responsables et bénévoles des associations, aux travailleurs sociaux, aux entreprises et aux élus locaux. En outre, elle fournit des éléments de comparaison utiles tirés des politiques similaires menées à l'étranger et tout particulièrement dans les pays de l'Union européenne » (extrait de la convention constitutive).

Le GIP ADRI, qui regroupait 5 ministères et le FAS (ultérieurement FASILD), était lui-même issu de la restructuration d'une agence créée dès 1977 par l'État pour « favoriser l'intégration des populations étrangères » sous le nom d'ICEI.

L’ICEI, Information culture et immigration, association créée par l’État le , résultait de la fusion de l’ONPCI (Office national pour la promotion des cultures immigrées) et du CEDIM (Centre d’études et de documentation sur l’immigration), anciennement le Comité Lyautey (association d’accueil fondée par la veuve du maréchal Lyautey).

L'agence a pris le nom d'ADRI en 1982 à la suite de rapport qui avait été commandé à Françoise Gaspard par le nouveau gouvernement socialiste[2]. Le rapport Gaspard préconisait notamment que la politique culturelle en direction des immigrés se libère « de l’assistanat et du contrôle social ». Pour que la reconnaissance des autres cultures ne signifie pas repli identitaire, le rapport préconisait en parallèle le développement des échanges interculturels, selon trois axes d'intervention :

  • le développement du mouvement associatif (pour lequel L’ADRI sera fortement être mobilisée)
  • l’encouragement des expressions culturelles, en particulier par le biais de la musique, de la création audio-visuelle, du développement des radios locales et des médias, et enfin par la reconnaissance du culte musulman.
  • l’aide à la mise en pratique de l’approche interculturelle par les collectivités locales, notamment à travers les financements du FAS.

À la suite de ce rapport, l'ADRI disposera de moyens importants, notamment pour la production d'émissions de télévision ("mosaïque") et de radio. Elle connaîtra ensuite de nombreuses réformes et remises en question. En 1995, Luc Gruson est appelé à sa direction pour procéder à sa restructuration. En 1998, l'agence devient un GIP et reprend en 1999 l'édition de la revue "Hommes & Migrations" dirigée par Philippe Dewitte. À partir d’ elle devient le support de la mission de préfiguration du "Centre de ressources et de mémoire de l'immigration" [3]; son personnel et ses moyens servent de structure d'appui à la mission de préfiguration confiée à Jacques Toubon par le Premier ministre. Personnel et moyens sont transférés vers le GIP CNHI quand celui-ci est créé[4]. Luc Gruson qui avait assuré la direction de l'ADRI depuis 1995, assure la direction de la mission de préfiguration, puis du GIP de préfiguration de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration jusqu'en 2007. Après trois années comme directeur général adjoint de l'établissement public créé en 2007, il redevient en 2010 le directeur de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Agence pour le développement des relations interculturelles (Adri), "Échanges pour l’intégration", Paris, Adri, 1996
  • Agence pour le développement des relations interculturelles (Adri), "Vers la démocratie culturelle", dossier thématique des ateliers de l’intégration locale 2001, 31 projets culturels et artistiques, Paris, Adri, 2001, 107 p.
  • Agence pour le développement des relations interculturelles (Adri), "Vers la démocratie culturelle", actes des ateliers de l’intégration locale 2001, Paris, Adri, 2001, 134 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arrêté du 9 novembre 1998, JORF n°270 du 21 novembre 1998 page 17587
  2. voir bibliographie
  3. arrêté du 8 octobre 2003, JO du 5 novembre 2003
  4. voir le décret n° 2004-1549 du 30 décembre 2004: http://www.droit.org/jo/20050101/MCCB0401000D.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carmel Camilleri, Margalit Cohen-Emerique, Martine Abdallah-Pretceille, "Chocs de cultures: concepts et enjeux pratiques de l'interculturel" - Collection «Espaces interculturels", L'Harmattan, Paris, 1989.
  • Philippe Dewitte, dir., "Immigration et intégration, l'état des savoirs", Paris, La Découverte, 1999, 439 p.
  • Angéline Escafre Dublet, "État, culture, immigration : 1958-1991, la dimension culturelle des politiques d’immigration". Thèse IEP PARIS juin 2008 sous la direction de Jean-François Sirinelli et Patrick Weil.
  • Françoise Gaspard, "L’information et l’expression culturelle des communautés immigrées en France, bilan et propositions", rapport à François Autain, secrétaire d’État chargé des immigrés, Paris , 68 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]