Abbaye de Bellerive

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Abbaye de Bellerive
image de l'abbaye
Vue des bâtiments de l'abbaye en 1578

Diocèse Genève
Patronage Sainte-Marie
Fondation 1150
Dissolution 1530
Abbaye-mère Sainte-Catherine du Mont
Lignée de Cîteaux
Abbayes-filles Aucune
Congrégation Cisterciennes
Période ou style

Coordonnées 46° 15′ 02″ nord, 6° 11′ 42″ est[1]
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Ancienne province Comté de Genève
Canton Drapeau du canton de Genève Genève
Commune Collonge-Bellerive

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(Voir situation sur carte : Suisse)
Abbaye de Bellerive

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(Voir situation sur carte : canton de Genève)
Abbaye de Bellerive

L'abbaye de Bellerive est une ancienne abbaye cistercienne fondée en 1150 à Collonge-Bellerive, fermée par la Réforme protestante.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Longtemps il était affirmé que la fondation de l'abbaye remontait à 1150, mais cette affirmation ne reposait sur aucune preuve historique. L’historiographie du XXe siècle et plus particulièrement le répertoire Helvetia Sacra, a retenu la date de 1254 celle du plus vieux document connu mentionnant l'abbaye. Les recherches et découvertes effectuées depuis ont permis de retrouver trois mentions antérieures. La plus récente est une donation effectuée en 1224, et mentionnée dans le cartulaire des salines de Salins. Un autre don est daté de 1220 ; il est mentionné dans le cartulaire de la chartreuse d'Oujon[2]. Enfin, la première mention connue de l'abbaye apparaît en 1184 dans une bulle du pape Lucius III[3].

La fondation de l'abbaye est donc bien antérieure à 1184 ; elle est le fait du chevalier Gérold de Langin, qui donne aux cisterciennes du Betton un terrain situé au bord du lac Léman. Ce nom autorise deux hypothèses de fondation : soit en 1180 par Gérold II, soit en 1150 par son père Gérold I, thèse traditionnellement retenue[2],[4].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1486, l'abbé de Balerne, nommé Simon, effectue une visite destinée à collecter les sommes dues par les abbayes à l'ordre cistercien, et à réformer les abus de la vie communautaire. Son constat est particulièrement sévère en ce qui concerne Balerne. La clôture monastique est inexistante ; le chapelain gère la vie liturgique sans en référer à son supérieur ; ce dernier, l'abbé de Bonmont, manque à ses visites annuelles obligatoires. Par ailleurs, Simon présente l'abbesse de Bellerive très défavorablement : ancienne fille de ferme, ayant obtenu la responsabilité de l'abbaye à la suite de manœuvres intrigantes auprès de l'évêque de Genève, ayant soudoyé l’abbé de Morimond pour qu'il ne la dépose pas, etc. Finalement, Simon ayant dû lui-même renoncer à déposer l'abbesse, elle finit par renoncer d'elle-même à sa charge[5]. Cependant, en 1489, lorsqu'une nouvelle abbesse, Claude de Mondragon, remplace Françoise de Campremy, à son tour démissionnaire, elle y trouve des religieuses vivant, non en communauté, mais séparément, ne mangeant pas ensemble, payant pour certaines des domestiques, voire possédant des maisons à part[6]

La fin de l'abbaye[modifier | modifier le code]

L'abbaye en 1589.

En 1530, la Réforme protestante en Suisse chasse les religieuses et détruit partiellement l'abbaye.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Luigi Zanoni, « Bellerive », sur Certosa di Firenze (consulté le 5 janvier 2016).
  2. a et b Bernadette Barrière et Marie-Élisabeth Montulet-Henneau, Cîteaux et les femmes : Architectures et occupation de l'espace dans les monastères féminins : modalités d'intégration et de contrôle des femmes dans l'Ordre : les moniales cisterciennes aujourd'hui, Paris, Éditions Créaphis, , 353 p. (ISBN 9782907150996, lire en ligne), « Des aspirations féminines plus précoces », p. 197.
  3. « Collonge-Bellerive en ligne : Histoire », sur Collonge-Bellerive (consulté le 5 janvier 2016).
  4. Christophe Ogi, L'abbaye de Bellerive redécouverte ?, Éco-logique, , 6 p. (lire en ligne).
  5. Benoît Chauvin 1987, p. 41-42.
  6. Benoît Chauvin 1987, p. 51.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Benoît Chauvin 1987] Benoît Chauvin, Mélanges à la mémoire du père Anselme Dimier, vol. 3, Pupillin, Éco-logique, 1982-1987, 181 p. (ISBN 9782904690051, OCLC 21412737, présentation en ligne, lire en ligne).
  • [Benoît Chauvin 1990] Benoît Chauvin, « L'abbaye de moniales cisterciennes de Bellerive (avant 1184-1536) », Revue d'histoire ecclésiastique suisse, no 84,‎ , p. 19-68 (ISSN 0044-3484).
  • [Philippe Marie Broillet 2016] Philippe Marie Broillet et Franco Morenzoni (dir.), Enquête historique sur la fondation du monastère des religieuses cisterciennes de Bellerive : historiographie et archives (Thèse de doctorat), Genève, Université de Genève, (présentation en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]