Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie

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L'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie est une association visant à promouvoir et contribuer à une politique globale de prévention des risques et des conséquences de l'alcoolisation et des pratiques addictives. Les origines de l'association remontent à 1872 ce qui en fait une des plus influentes en France dans son domaine.

Mission[modifier | modifier le code]

L'ANPAA entend contribuer à ce que des conduites individuelles ou collectives (recherche de plaisir, de lien social, de bien-être et de soulagement) n’aboutissent pas une perte de liberté vis-à-vis d’une substance psychoactive ou d’un comportement de recherche de plaisir, qui constitue une pathologie nommée addiction.

Le domaine d'action de l'ANPAA couvre aujourd'hui l'ensemble des addictions : usage, usage détourné et mésusage d'alcool, tabac, drogues illicites et médicaments psychotropes, pratiques de jeu excessif et autres addictions sans produit. Les risques liés à ces comportements pour l'individu, son entourage et la société sont abordés dans une perspective globale, psychologique, biomédicale, et sociale.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ANPAA a une longue histoire au cours de laquelle elle a connu différentes dénominations. À chaque dénomination, reprise dans les sous-titres ci-dessous, correspond une époque significative de son développement.

1872 - 1880 : Association contre l'abus de boissons alcooliques[modifier | modifier le code]

Association Française Contre L'Abus Des Boissons Alcooliques 1872, médaille bronze 51 mm, signée Oudiné.

Le 2 mars 1872, l'association est constituée sous l'impulsion de nombreux membres de l'Académie de médecine. En 1873, la loi sur la répression de l'ivresse publique est publiée. L'association accompagne cette mesure sur le plan social.

1880 - 1905 : Société française de tempérance[modifier | modifier le code]

La société est reconnue d'utilité publique. En 1903 elle organise le premier congrès national contre l'alcoolisme à la Faculté de médecine de Paris. Elle devient l'organe fédérateur entre sociétés françaises ayant des buts similaires. Elle publie un journal : La Tempérance.

1905 - 1950 : Ligue nationale contre l'alcoolisme[modifier | modifier le code]

La ligue compte près de 50 000 membres, parmi lesquels des jeunes et des instituteurs encouragés par les directives du Ministère de l'instruction publique. À cette époque, la ligue est quasiment seule à organiser l'action de prévention et de lutte contre l'alcoolisme en France. Elle contribuera à recueillir les 500 000 signatures qui aboutiront à l'interdiction de l'absinthe en 1915. Elle publie deux revues, La Jeunesse et l'Etoile Bleue. Dans les années 1940, la Ligue crée à Paris, la première consultation d'alcoologie.

1950 - 1985 : Comité national de défense contre l'alcoolisme (CNDCA)[modifier | modifier le code]

Le comité se développe progressivement sur tout le territoire national et dans les départements d'outre-mer, sous la forme de comités départementaux et de conseils régionaux. Il publie deux revues : Alcool ou Santé et la Revue de l'Alcoolisme. Ses moyens financiers augmentent, notamment grâce à la Sécurité sociale, et lui permettent d'embaucher des collaborateurs salariés. L'association participe activement à l'élaboration d'une législation préventive à l'égard des risques liés à alcool. À la fin des années 60, il fonde les premiers centres de post-cure qui ont pour but la réinsertion familiale, sociale et professionnelle du malade alcoolique. Par convention avec l'État, il met en place, dès les années 70, des Centres d'hygiène alimentaire et d'alcoologie. A son initiative se déroulent plusieurs congrès sur des thèmes novateurs, contribuant ainsi à une prise de conscience collective des dégâts provoqués par l'alcool.

1985 - 2002 : Association nationale de prévention en alcoologie (ANPA)[modifier | modifier le code]

L'association affirme son rôle de prévention couvrant l'ensemble des conduites à risques. Elle actualise ses objectifs en adoptant de nouveaux statuts. Elle établit un partenariat avec le Ministère de la Santé, les organismes sociaux et les collectivités territoriales. Elle gère plus de 50 % des Centres de cure ambulatoire en alcoologie (CCAA). En 1990, l'association européenne Eurocare est fondée à l'issue du congrès de Strasbourg organisé par l'ANPAA.

2002 - aujourd'hui : Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA)[modifier | modifier le code]

L'intervention de l'ANPAA s'inscrit dans un continuum allant de la prévention et de l'intervention précoce à la réduction des risques, aux soins et à l'accompagnement.

Le vaste maillage territorial de l'A.N.P.A.A. contribue à la cohérence et à la cohésion du dispositif national addictologique; il lui permet de déployer au plus près du public ses équipes de prévention ainsi que 85 centres médicosociaux en addictologie - CSAPA et CAARUD - agréés par l'État et financés par l'Assurance Maladie.

L'ANPAA s'affirme comme force de proposition dans sa démarche de promotion de la santé pour faire évoluer les opinions et les politiques publiques en France et en Europe.

Elle veille à l'application et à l'amélioration de la législation et de la réglementation relatives à la santé publique, aux substances psychoactives et aux conduites addictives. Elle intente des actions en justice en vue de faire respecter la législation sur la publicité.

Avec Eurocare association présidée par le médecin délégué de l'ANPAA collabore avec les principaux organismes internationaux (OMS, Europe contre le cancer).

Elle développe son service de documentation, assure la diffusion de sa revue Addictions.

Ressources[modifier | modifier le code]

Selon les dernières sources disponibles[1], l'association occupe 1 382 salariés correspondant à 983 équivalents temps plein (répartis sur toute la France et les DOM-TOM).

Principales sources de financement (2010)[modifier | modifier le code]

En 2010, pour développer ses activités de prévention, de soins et d’accompagnement social, les deux principales sources de financement de l'A.N.P.A.A. sont constituées de la dotation globale des établissements médico-sociaux (ONDAM) au titre de l’activité des CSAPA et des CAARUD (50 196 000 €) et des subventions principalement destinées aux activités de prévention (13 295 000 €)[2],[3].

Action européenne[modifier | modifier le code]

C'est à la suite de l'université d'été Alcool et Europe organisée par l'ANPAA à Strasbourg que l'alliance d'associations Eurocare voit le jour. Représentative de la diversité culturelle européenne, Eurocare regroupe une cinquantaine d'organisations soucieuses des conséquences du développement économique et politique de la Communauté européenne sur la prévention du risque-alcool dans 22 États membres[4]. L'association, présidée par le médecin délégué de l'A.N.P.A.A. Eurocare s’investit dans la recherche, le soutien aux malades alcooliques, le plaidoyer politique en alcoologie, les programmes d’éducation et l’information du grand public.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Site officiel