Éruption solaire de 1989

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Éruption solaire de 1989
Magnetosphere rendition.jpg

Dessin d'artiste du vent solaire entrant en contact avec la magnétosphère de la Terre.

Caractéristiques
Type
Date de formation
 : éjection de masse coronale
 : impact et orage géomagnétique sur Terre
Conséquences
Nombre de morts
Aucun
Coût
?

L'éruption solaire de 1989 est une importante éruption solaire, qui survient durant le cycle solaire 22 et qui affecte la Terre. Elle entraîne des variations du champ magnétique terrestre, provoquant entre autres l'écroulement du réseau électrique d'Hydro-Québec (TransÉnergie).

Tempête géomagnétique[modifier | modifier le code]

La tempête géomagnétique est provoquée par une éjection de masse coronale, le [1]. L'éruption est quatre fois plus importante que la normale[2]. Trois jours et demi plus, tard, à h 44 le 13 mars 1989, un orage géomagnétique violent heurte la Terre[3],[4]. Il provoque des aurores polaires, dont une est aperçue à une latitude aussi méridionale que le Texas[5].

L'événement, qui survient durant la guerre froide, fait craindre à certains qu'une attaque-surprise à l'arme nucléaire soit en cours[5]. D'autres croient que les aurores boréales intenses ont peut-être un lien avec la mission de la navette spatiale STS-29, lancée le même jour à h 57[6]. La décharge provoque des interférences sur les fréquences à ondes courtes, qui se propagent à longue distance grâce à l'ionosphère. Elle affecte notamment le signal de Radio Free Europe à destination de la Russie, ce qui fait soupçonner un brouillage par le gouvernement soviétique.

Effets[modifier | modifier le code]

Panne électrique au Québec[modifier | modifier le code]

Plusieurs réseaux électriques en Amérique du Nord ont ressenti l'effet de la tempête et signalé des incidents, allant de fluctuations mineures jusqu'à la défaillance de lignes et au bris d'équipements[7]. C'est toutefois au Québec que les conséquences de la tempête ont été les plus graves.

Le choc a créé une trentaine de variations brusques du champ magnétique terrestre, qui ont provoqué le déclenchement des mécanismes de protection des lignes de transport d'électricité, isolant le réseau de la Baie-James et entraînant une panne générale d'électricité[2] qui a duré 9 heures. Blais et Metsa (1993) décrivent la séquence des événements :

« Les courants telluriques induits par l'orage ont engendré des tensions et des courants d'intensité considérable sur le réseau de La Grande. L'asymétrie de tension sur le réseau à 735 kV a atteint 15 %. En moins d'une minute, les sept compensateurs voltampère réactifs statiques en service du réseau La Grande ont défailli [sic] l'un après l'autre… Après la perte du dernier compensateur voltampère réactif statique, la tension a chuté si radicalement sur le réseau La Grande (0,2 u.p.) que chacune des cinq lignes vers Montréal est tombée en panne en raison d'une perte de synchronisme (défaut virtuel) et que l'ensemble du réseau s'est séparé. La perte de 9 450 MW de capacité de production a provoqué une baisse rapide de fréquence aux sous-stations de répartition. Les commandes de délestage automatique en cas de fréquences insuffisantes ont bien fonctionné, mais elles ne sont pas conçues pour une récupération après une perte de capacité de production équivalente à environ la moitié de la charge du système. Le reste du réseau s'est écroulé pièce par pièce en 25 secondes. »

Il s'agit des dégâts les plus importants causés par un orage magnétique[2].

Effet sur une force militaire[modifier | modifier le code]

L'une des rares opérations militaires dont on sait qu'elles ont été affectées a été la composante australienne de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée en Namibie. La tempête est survenue lors de l'arrivée dans le pays des premiers éléments du contingent, mais on croit que ses effets ont duré plusieurs semaines. La contribution australienne au groupe d'assistance des Nations unies pour la période de transition en Namibie était très dépendante des communications à haute fréquence, qui ont été lourdement affectées[8],[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) G. Blais et P. Metsa, « Operating the Hydro-Québec grid under magnetic storm conditions since the storm of March 13, 1989, », dans J. Hruska, M.A. Shea, D.F. Smart, G. Heckman, Proc. Solar-Terrestrial Predictions Workshop, Ottawa, May 18-22, 1992, vol. 1, , p. 108–130Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) B. Bozoki, « The effects of GIC on protective relaying, », IEEE Trans. Power Delivery, vol. 11,‎ , p. 725-739
  • (en) G Cucchi et J. Ponder, « Summary of March 13, 1989 geomagnetic storm effects », Transmission & Distribution Conference and Exposition, Dallas, Texas,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Geomagnetic Storms Can Threaten Electric Power Grid », Earth in Space, American Geophysical Union, vol. 9, no 7,‎ , p. 9-11 (lire en ligne).
  2. a, b et c Michel Morin, Gilles Sirois et Bernard Derome, « Le Québec dans le noir », télévision de Radio-Canada,‎ (consulté le 21 mars 2009).
  3. Eric J. Lerner, « Space weather : Page 1 », Discover,‎ (consulté le 20 janvier 2008).
  4. CBC News, « Scientists probe northern lights from all angles », Société Radio-Canada,‎ (lire en ligne).
  5. a et b « A conflagration of storms », sur Solarstorms.org (consulté le 7 avril 2009).
  6. « STS-29 », NASA (consulté le 9 août 2010).
  7. Cucchi et Ponder 1991.
  8. David Horner, Australia and the New World Order: The Official History of Australian Peacekeeping, Humanitarian and Post-Cold War Operations, vol. 2, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-76587-9, lire en ligne)
  9. United Nations Transition Assistance Group (UNTAG) in Namibia, Australian Army, , chap. Draft.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]