Église protestante ma'ohi

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Église protestante ma'ohi
Histoire
Fondation
Organisation
Affiliation

L’Église protestante māòhi (EPM) est la plus grande Église réformée de la Polynésie française, réunissant environ 38 % de la population.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’EPM est enregistrée au répertoire des entreprises de la Polynésie française sous le nom « EGLISE PROTESTANTE MAOHI », sans accent ni apostrophe[1]. Cette notation officielle est reprise anarchiquement sans majuscule par les textes publiés au journal officiel de la Polynésie française : « Église protestante Maohi »[2], « Église protestante maohi »[3], « église protestante Maohi »[4], « Église Protestante Maohi »[5], etc. Les auteurs d'ouvrage de recherche préfèrent, suivre les recommandations de l’Académie française pour les deux premiers termes, puis employer une des deux orthographes du tahitien respectueuses de la prononciation pour le dernier ; ils la nomment donc « Église protestante māòhi »[6] ou « Église protestante mā’ohi »[7], sans systématiquement utiliser l'italique. Son nom tahitien est Êtāretia porotetani māòhi.

Son ancien nom est l'Église évangélique de Polynésie française (EEPF) devenue autonome en 1963 (jusqu'en 2004, date du changement de nom en EPM), église qui fait remonter sa fondation au , date à laquelle des missionnaires de la London Missionary Society débarquent à Tahiti. Son premier président a été Samuel Raapoto.

Article détaillé : Arrivée de l'Évangile.

Présidence[modifier | modifier le code]

  • Samuel Raapoto
  • Taarii Maraea
  • Taaroanui Maraea[8]

Organisation[modifier | modifier le code]

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Elle est membre de la Communion mondiale d'Églises réformées (et auparavant de l'Alliance réformée mondiale), du Conseil œcuménique des Églises, de la Conférence des Églises du Pacifique et de la Cévaa - Communauté d'Églises en Mission. Ce n'est qu'en 2016 à la suite de l'assemblée générale de la CWM (Council for World Mission) que l'Eglise Protestante mäòhi est devenue le 32ème Membre de la Council for world Mission, héritié de la London Missionary Society.

Organisation géographique[modifier | modifier le code]

Organisée selon un principe de découpage territorial, l’église comprend environ 80 paroisses regroupées dans les 8 arrondissements (tuha'a) au niveau de chaque archipel de la Polynésie Française mais également en Nouvelle-Calédonie (Tahitiens de Nouvelle-Calédonie). Ces paroisses sont elles-mêmes divisées en ‘âmuira’a (groupes).

Le ‘amuira’a est la structure de base de la vie paroissiale : dirigé par un ou plusieurs diacres, il regroupe les paroissiens par origine familiale et/ou territoriale.

Les lieux de cultes de l'EPM sont appelés Temples (fare purera'a) auxquels peuvent s'annexer des foyers dédiés aux actions paroissiales ou appartenant aux groupes paroissiaux (fare amuira'a).

Le pouvoir de gestion et d'administration de chaque paroisse est donné au conseil des diacres (âpo'ora'a tiatono) avec l'appui du pasteur (orometua).

Financement principale[modifier | modifier le code]

L’église est autonome depuis 1963, ce qui signifie qu’elle n’est plus dirigée par des missionnaires français (la Société des missions évangéliques de Paris ayant succédé aux missionnaires anglais en 1863) mais par des pasteurs polynésiens. Cette autonomie institutionnelle est à replacer dans un processus mondial de décolonisation qui, en Polynésie française, n’a pas été mené à terme.

À cette autonomie institutionnelle s’ajoute une indépendance financière qui repose avant tout sur la Collecte du mê. Le mê (mai), appelé également ‘aufaura’a mê (collecte de mai) ou moni mê (l’argent de mai), a lieu tous les ans au mois de mai et consiste en une collecte des dons des paroissiens symboliquement destinés à Dieu, remis aux diacres – qui eux‑mêmes transfèrent ces dons aux services financiers de l’église.

La première collecte de mê, en 1818, avait pour ambition d’impliquer les Polynésiens nouvellement convertis, grâce à leurs dons en nature (huile de coco et porc), dans les actions d’évangélisation de la LMS (Nicole, 1988 : 138). Le déroulement de la collecte du mê suit presque toujours deux règles essentielles : don initial et visibilité. La collecte commence toujours par une somme initiale, relativement faible − comparativement au montant à atteindre – qui constitue une somme de départ sur laquelle viennent « s’attacher » les dons ultérieurs.

Le don au sein de l’église protestante mâ’ohi de Polynésie française s’effectue à deux niveaux : à un premier niveau le paroissien donne à Dieu, à un second niveau, l’argent récolté est versé à la trésorerie de l’église et sert à couvrir les dépenses ordinaires de l’institution ecclésiale. Le ‘aufaura’a mê répond aux logiques, qui consistent dans le même temps à garder (la bible familiale et les cahiers d’interprétations bibliques symboles d’une foi et d’une appartenance communautaire préservées) et à donner (l’argent à la trésorerie de l’EPM). C’est la même monnaie qui est utilisée lors du aufaura’a mê et pour les échanges marchands avec les commerçants, c’est donc l’usage qui en est fait qui diffère sensiblement.

L’origine de l’argent destiné au mê est également questionnée, l’argent devant être gagné honnêtement et sans tricher, certains pasteurs interdisant l’organisation de vente de plats à emporter comme mode – trop facile – de financement du mê. Cet argent fait l’objet d’un traitement particulier : il ne se redonne pas et ne se garde pas. Les diacres ne peuvent en aucun cas reverser aux paroissiens qui auraient trop donné une partie de la somme récoltée : le don est définitif et indivisible. Ils doivent reverser au plus vite l’argent récolté à la trésorerie de l’église, cette règle censée éviter les détournements de fonds se nourrit de représentations particulières d’un argent « dangereux » dont il faudrait se débarrasser rapidement sous peine de susciter jalousies et convoitises.

Cultes et membres[modifier | modifier le code]

A titre d'indication chaque paroisse peut se décomposer comme suit :

  • le pasteur (orometua)
  • les groupes paroissiaux (amuira'a)
  • les diacres (tiatono), les sous-diacre (tauturu tiatono), les élèves-diacre (pipi tiatono)
  • les groupes de travail (amaa ohipa) - chacun géré par un bureau
    • École du dimanche (Haapiiraa tapati)
    • Le groupement des femmes (te mau vahine - tuahine)
    • Les évangélistes (haapii parau maitai)
    • Le groupe des jeunes gens (ui 'api) - branche UCJG (Young Men's Christian Association)
  • les membres d'église ayant confessé leur foi en Christ (etaretia)

Liturgie[modifier | modifier le code]

L'EPM suit le plan de lecture biblique de l'Union biblique qui établit les lectures quotidiennes des Écritures. Il est assez fréquent que tous les services soient basés sur la lecture du jour.

Les sermons sont menés en Reo maohi principalement mais également en Français. Aucune autre langue étrangère n'est utilisée.

Les sermons sont préparés et présentés par le pasteur, les diacres et les membres de l'église pleinement ordonnés qui ont le talent, par la pratique et la formation, d'entreprendre une telle tâche.

Tenue[modifier | modifier le code]

La religion est pour certains polynésiens ancrée dans leur mode de vie, particulièrement dans les îles où les événements de l'église rythme la vie des villages. Les paroissiens décrivent ce dévouement en assistant régulièrement aux cultes, en participant aux activités des groupes de travail (amaa ohipa) mais également à travers leurs habits.

Une tenue correcte est exigée pour les membres de l'église (etaretia) lors du culte. Bien que son application dépende d'une paroisse à une autre, le pantalon/chemise pour les hommes et la jupe/robe/épaule couverte/chapeau pour les femmes reste un standard. Le blanc sera de rigueur lors de la Sainte-cène les 1er dimanche du mois (tapatii oroa) ou éventements spéciaux

Des uniformes spéciaux peuvent être choisis pour les groupes de travail (amaa ohipa) et dépendent des membres administrateurs de chacun.

Sièges[modifier | modifier le code]

Dans une paroisse il peut exister des rangées de banc attribuées à un groupe paroissial (amuira'a), à un village où à une communauté (des différentes îles).

Les visiteurs peuvent s'asseoir n'importe où, mais sont généralement escortés vers l'avant en signe de respect et d'honneur, conformément à la tradition et à la coutume.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Detail », sur ispf.pf (consulté le 12 juin 2016)
  2. « Lexpol - Arrêté n° 1456 CM du 29/09/2015 », sur lexpol.cloud.pf (consulté le 12 juin 2016)
  3. « Lexpol - Arrêté n° 2035 CM du 24/12/2014 », sur lexpol.cloud.pf (consulté le 12 juin 2016)
  4. « Lexpol - Arrêté n° 1882 MET du 22/03/2013 », sur lexpol.cloud.pf (consulté le 12 juin 2016)
  5. « Lexpol - Arrêté n° 1312 CM du 29/08/2012 », sur lexpol.cloud.pf (consulté le 12 juin 2016)
  6. Saura 2015, p. 8.
  7. Malogne-Fer 2007.
  8. « Un projet de lotissement sur les hauteurs de Papeete | Tahitinews », sur www.tahitinews.co (consulté le 18 juillet 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]