Édifice Telefónica

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Immeuble Telefónica
Edificio Telefónica
TelefonicaMadrid.jpg
Histoire
Architecte
Ignacio de Cárdenas Pastor
Construction
1926-1929
Architecture
Hauteur du toit
89,30 m
Étages
15
Localisation
Pays
Communauté autonome
Ville
Adresse
Coordonnées
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L’immeuble Telefónica (en espagnol, Edificio Telefónica) est un gratte-ciel de Madrid, capitale de l'Espagne.

Situation[modifier | modifier le code]

Il est situé au n° 28 de la Gran Vía, dans l'arrondissement du Centre.

Architecture[modifier | modifier le code]

L'inspiration stylistique nord-américaine est visible[1] mais elle est mâtinée d'une influence churrigueresque, comme un clin d'œil à l'architecture baroque du Madrid du XVIIIe siècle. Ce rappel se manifeste dans son ornementation extérieure, particulièrement en ce qui concerne son entrée monumentale. Il culmine à 89,30 mètres et comporte quinze étages.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

L'immeuble Telefónica est conçu par l'architecte Ignacio de Cárdenas Pastor et ses collaborateurs, d'après une étude préliminaire de Lewis S. Weeks, architecte de Manhattan, pour le compte de la Compagnie nationale de téléphonie, existant depuis le début du XXe siècle et devenue par la suite Telefónica.

La silhouette de l'édifice dominant la ville.

Entre 1926 et 1929, plus de 1 000 ouvriers travaillent au chantier. Les blocs de calcaire viennent d'Alicante, ceux de granit de Ségovie et les ateliers de taille se trouvent non loin du chantier.

Le coût total se monte à 32 millions de pesetas.

Un édifice moderne[modifier | modifier le code]

En octobre 1928, avant la fin des travaux, le roi Alphonse XIII inaugure l'ouverture de la ligne téléphonique Madrid-Washington en conversant avec le président Calvin Coolidge. Il fait de même un mois plus tard avec le général Gerardo Machado, président de Cuba.

Sur le plan technique, le bâtiment est conçu d'emblée comme un central téléphonique de conception ultra-moderne, avec une capacité de 40 000 lignes [2], nouveau système de connexion automatique (sans opérateur) basé sur les appareils Rotary-7A fabriqués par Bell à Anvers. Par ailleurs, le luxe et le bon goût des parties communes ainsi que la solidité de l'ensemble, doivent susciter la confiance chez les utilisateurs et les futurs investisseurs. l’immeuble symbolise l'ouverture de l'Espagne vers le progrès et le monde de la communication.

L'édifice le plus élevé d'Espagne[modifier | modifier le code]

Lors de son inauguration, l'immeuble Telefónica est le gratte-ciel le plus haut d'Europe[3]. Il dépasse ainsi le palais de la Presse, terminé en 1928, qui se dresse sur la Gran Vía, en face de la place de Callao. Ce n'est qu'en 1953 que son record national de hauteur est battu par l'immeuble España, qui culmine à 117 mètres.

Pendant la guerre civile[modifier | modifier le code]

Vu du parc de la Casa del Campo (d'au-delà la Cité Universitaire), le panorama de Madrid tel qu'il s'offrait à un artilleur nationaliste de 1936 à 1939, abstraction faite des trois gratte-ciels de gauche. En plein centre se dressaient les deux immeubles les plus hauts de Madrid dans les années 1930 que sont l'édifice Telefónica et le palais de la Presse ; à droite s'élève le Palais royal.

Les forces républicaines assiégées dans Madrid utilisent l’immeuble Telefónica comme tour de guet[4]. Étant le siège de l'Office de la presse étrangère, il a valeur de symbole et permet la communication avec le monde extérieur. De nombreux correspondants de guerre étrangers s'y rendent pour expédier leurs « papiers » et il est souvent bombardé par l'artillerie franquiste[5].

Il reçoit jusqu'à 120 obus en octobre 1936 sans qu'il y ait à déplorer ni blessés chez les employés, ni dégâts matériels majeurs[6].

Les étages situés au-dessus du 7e, les seuls régulièrement atteints par les obus, sont abandonnés et les installations repliées dans les étages inférieurs ne cessent pas de fonctionner. L'architecte en chef, Ignacio de Cárdenas Pastor, vient évaluer les dégâts après chaque bombardement et dirige les réparations.

Ernest Hemingway et John Dos Passos, ainsi que de nombreux autres correspondants de guerre étrangers (qui sont logés tout près, à l'hôtel Florida), envoient leurs comptes-rendus de l’immeuble Telefónica [7].

Le dernier visiteur étranger pendant la Guerre civile est O. D. Gallagher, du Daily Express de Londres. Ultime correspondant de guerre étranger resté à Madrid, il voit arriver les franquistes le 28 mars 1939 et manque alors d'être fusillé.

Après la guerre, l'architecte Ignacio de Cárdenas se réfugie en France et ne peut participer ni aux réparations, ni à la refonte du central téléphonique qui a lieu dans les années 1950 et 1960.

L'immeuble Telefónica aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Avec ses 89 m de haut et ses 15 étages, sa silhouette asymétrique et son horloge rouge bien visible la nuit, le bâtiment reste un repère dans la bouillonnante Gran Vía, surnommée le « Broadway madrilène ».

Il abrite l'entreprise Telefónica, le magasin Telefonica Flagship Store[8], un musée des télécommunications, la fondation Telefónica et un auditorium.

Présence à la télévision[modifier | modifier le code]

Le 10 décembre 2018, le compte Twitter de la série télévisée La casa de papel diffuse une photo de l’immeuble Telefónica avec le masque de Salvador Dalí utilisé dans la série projeté sur la façade, alors que le tournage de la troisième saison s'apprête à débuter[9].

L'immeuble est également présent dans la série Les Demoiselles du téléphone (Las Chicas del Cable) comme lieu de travail des personnages principaux. Mais d'après le producteur de la série, les décors utilisés ne correspondent pas à l’immeuble Telefonica même s'ils sont dans le style des années 1920[10]. Avant la sortie de la série, Netflix a diffusé sur le compte Instagram officiel de la série plusieurs images qui regroupés ensemble forment une illustration de l'immeuble[11].

Transports[modifier | modifier le code]

L’immeuble est accessible par les lignes 1 et 5 du métro de Madrid, à la station Gran Vía dont l'entrée est située au pied de la façade.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Garcia Algarra, Javier (2010). "The American influence in Telefónica's public relations strategy during the 20's and 30's", IEEE HISTELCON 2010
  2. García Algarra, Javier (2012). "De Gran Vía al Distrito C. El patrimonio arquitectónico de Telefónica". Tesis doctoral, Dpto. Historia del Arte, UNED, 2012
  3. (es) «El primer rascacielos de Europa», abc.es, 14 février 2010
  4. (es) Redondo Ledo, Victoriano (2003). Vivir en Madrid. 1936-1939. Madrid : Entrelineas editores. p. 137. (ISBN 8-4961-9003-X)
  5. (es) Merino, Ignacio Biografía de la Gran Vía, Juan Soto Ivars, 2010, BSA editorial (Barcelona) , (ISBN 978-84-666-4438-9) páginas 164-165
  6. (es) Barea, Arturo (1977). «'La Llama'». La forja de un rebelde (première édition). Barcelone : Turner. (ISBN 9788497939935)
  7. (en) « Telefónica Building, the first skyscraper in Europe (In Spanish) », elpais.com (consulté le 2 avril 2010)
  8. (en) « Fundación Telefónica. Gran Vía. »
  9. « Un nouvel indice (majeur ?) pour la saison 3 de La Casa de Papel », sur Premiere.fr, (consulté le 23 janvier 2019)
  10. (es) « 'Las chicas del cable': Así se reconstruyó la Gran Vía de los años 20 para la serie de Netflix », sur FormulaTV (consulté le 10 février 2019)
  11. (es) elEconomista.es, « Netflix 'pide prestado' a Movistar el Edificio Telefónica para promocionar 'Las Chicas del Cable' - Ecoteuve.es », sur ecoteuve.eleconomista.es (consulté le 10 février 2019)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]