Æthelburg de Kent

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Æthelburg de Kent
Image illustrative de l'article Æthelburg de Kent
Sainte
Reine de Northumbrie, abbesse de Lyminge
Décès vers 647 
Lyminge (Kent)
Vénérée par Église catholique
Église anglicane
Fête 8 septembre[1]

Æthelburg[N 1], également appelée Tate ou Tata, est une princesse et religieuse anglo-saxonne de la première moitié du VIIe siècle.

Fille du roi Æthelberht de Kent, elle est la deuxième femme d'Edwin de Northumbrie, qui se convertit au christianisme après leur mariage. Après la mort de son mari, en 633, elle fonde une abbaye à Lyminge, dans le Kent. Elle est réputée sainte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie séculière[modifier | modifier le code]

Æthelburg est la fille du roi Æthelberht de Kent et de son épouse, la princesse mérovingienne Berthe. Elle est la sœur d'Eadbald, qui devient roi de Kent à la mort de leur père, en 616. Le roi païen de Northumbrie Edwin demande sa main vers le milieu des années 620, alors qu'il est encore païen. Selon Bède le Vénérable, Eadbald ne consent au mariage de sa sœur avec Edwin qu'à la condition qu'elle et son entourage puissent pratiquer librement le christianisme une fois en Northumbrie[2]. C'est ainsi que le missionnaire Paulin accompagne Æthelburg en tant que chapelain[3]. Bède reproduit dans son Histoire ecclésiastique une lettre adressée à Æthelburg par le pape Boniface V, qui l'exhorte à convertir son mari[4]. Edwin reçoit le baptême en 627 et initie la construction de la première cathédrale d'York[2]. Ce mariage joue un rôle important dans la conversion des Northumbriens et crée un lien avec le monde franc de l'autre côté de la Manche. Æthelburg et Edwin ont quatre enfants : deux filles, Eanflæd et Æthelthryth, et deux fils, Uscfrea (ou Wuscfrea) et Æthelhun.

Après la mort d'Edwin à la bataille de Hatfield Chase en 633, la sécurité de sa famille est menacée. Æthelburg s'enfuit avec Paulin et ses enfants et retourne dans son royaume natal[5]. Pour plus de sécurité, elle envoie son fils Uscfrea à la cour de Dagobert, de l'autre côté de la Manche, où il meurt encore jeune.

Vie religieuse[modifier | modifier le code]

À son retour dans le Kent, Æthelburg se voit offrir par son frère Eadbald une villa romaine en ruine à Lyminge. Elle y fonde une abbaye, considérée comme le premier monastère du Kent. C'est un monastère double, c'est-à-dire accueillant aussi bien les hommes que les femmes (des membres des deux sexes succédèrent d'ailleurs à Æthelburg à la tête de cette abbaye)[6].

Æthelburg meurt à Lyminge en 647. Un culte se développe autour d'elle, avec une fête le 8 septembre[1]. Ses reliques sont conservées à la collégiale de Cantorbéry jusqu'à la Dissolution des monastères. Les restes probables de l'abbaye existent toujours à côté de l'église moderne (Saintes-Marie-et-Ethelburga).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On trouve également les orthographes Æthelburh, Ædilburh, Æthelburga, Ethelburga ou Edburge.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Saint Ethelburgh of Kent », sur http://Saints.SQPN.com/ (consulté le 3 septembre 2009)
  2. a et b Cramp 2004.
  3. Bède le Vénérable 1995, livre II, chapitre 9.
  4. Bède le Vénérable 1995, livre II, chapitre 11.
  5. (en) Marios Costambeys, Oxford Dictionary of National Biography, (lire en ligne), « Paulinus (St Paulinus) (d. 644) »
  6. D'après (en) William Page, A History of the County of Kent: Volume 2, (lire en ligne), « Houses of Benedictine nuns: The abbey of Lyminge » p. 146

Bibliographie[modifier | modifier le code]