Zainab al Ghazali

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Zaynab Al-Ghazali
arabe : زينب الغزالي

Naissance 2 janvier 1917
Égypte
Décès 3 août 2005
Égypte
Pays de résidence Mahmoudiyah, Égypte

Zaynab Al-Ghazali (زينب الغزالي), née le 2 janvier 1917 et morte le 3 août 2005, est une activiste et femme politique égyptienne, fondatrice de l'Association des femmes musulmanes (Jama'at al-Sayyidaat al-Muslimaat) étroitement associée aux Frères musulmans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père fait ses études à l'Université al-Azhar. Enseignant religieux indépendant et marchand de coton, il l'encourage à devenir leader islamique citant l'exemple de Nusayba bint Ka'b al-Muzaniyya qui a combattu aux côtés de Mahomet dans la bataille de Uhud. Pendant une courte période au cours de son adolescence, elle rejoint l'Union féministe égyptienne et affirme que l'islam a donné des droits aux femmes dans la famille. À dix-huit ans, elle fonde la Jama'at al-Sayyidat al-Muslimat (Association des femmes musulmanes), à laquelle elle attribue trois millions de membres à travers le pays, au moment où elle est dissoute par décret gouvernemental, en 1964.

Allégeance à Hassan Al-Banna[modifier | modifier le code]

Zainab al Ghazal refuse l'invitation de Hasan Al-Banna, fondateur des Frères musulmans, à fusionner son organisation avec la sienne car elle souhaite conserver l'autonomie. Elle jure toutefois serment de fidélité personnelle à Al-Banna[1]. Son organisation n'étant pas officiellement affiliée aux Frères Musulmans se révèle utile après l'Ikhwan est interdit car al Ghazali a ainsi été en mesure de continuer à diffuser leurs publications et d'héberger leurs réunions dans sa maison.

L'Association des femmes musulmanes[modifier | modifier le code]

Les conférences hebdomadaires pour les femmes à la mosquée Ibn Tulun attirent trois mille personnes, cinq mille durant les mois sacrés de l'année. En plus d'offrir des cours pour les femmes, l'association publie un magazine, dirige un orphelinat, offre son aide à des familles pauvres, et organise les médiations de conflits familiaux. L'association prend une position politique en exigeant que l'Égypte soit gouvernée par le Coran.

Certains chercheurs dont Leila Ahmed, Miriam Cooke, M. Qasim Zaman et Roxanne Euben affirment que les actions de Al Ghazali tenaient à distance et sapaient même certaines des croyances professées[2],[3]. Pour ces chercheurs, parmi d'autres, sa carrière montre une résistance aux formes classiques de la domesticité, tandis que ses mots, dans des interviews, des publications et des lettres ne définissent en grande partie les femmes que comme épouses et mères[4]. Pour justifier sa propre particularité face à sa conviction proclamée du rôle légitime d'une femme, al Ghazali décrit son absence d'enfants comme une bénédiction qui ne serait pas normalement considérée comme telle, parce qu'elle l'a libérée pour participer à la vie publique[5].

La vie en prison[modifier | modifier le code]

Après l'assassinat de Hassan al-Banna en 1949, Al-Ghazali joue un rôle dans le regroupement des Frères musulmans au début des années 1960. Emprisonnée pour ses activités en 1965, elle est condamnée à vingt-cinq années de travaux forcés puis libérée, sous la présidence d'Anouar el-Sadate, en 1971.

Pendant son emprisonnement, Zainab Al-Ghazali et les membres des Frères musulmans subissent des tortures. Al-Ghazali raconte avoir été jetée dans une cellule verrouillée avec des chiens pour lui faire avouer une tentative d'assassinat du président Gamal Abdel Nasser.

À sa sortie de prison, al-Ghazali reprend l'enseignement et l'écriture pour la renaissance du magazine des Frères musulmans, Al-Da'wa ; rédactrice de la section femme et enfants, elle encourage les femmes à s'instruire, à obéir à leurs maris et à rester à la maison tout en élevant leurs enfants.

Le retour du Pharaon[modifier | modifier le code]

Elle écrit un livre, Ayyam min hayyati (Jours de ma vie), publié en anglais sous le titre Return of the Pharaoh (Le Retour du Pharaon). qui décrit l'expérience de son emprisonnement ; le « Pharaon » est le président Nasser ; Al Ghazali se dépeint comme endurant la torture avec force au-delà de celle de la plupart des hommes et témoigne de deux miracles et des visions qui l'ont renforcée et lui ont permis de survivre[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mahmood, 2005, p. 68.
  2. Miriam Cook, « Zaynab al-Ghazali : Sainte ou subversive ? », Die Welt des Islams, New Series, vol. 34, numéro 1 (avril 1994), 2.
  3. Leila Ahmed, Les femmes et l'égalité dans l'islam : racines historiques d'un débat moderne. (New Haven: Yale UP, 1992), 199.
  4. Roxanne L. Euben, Muhammad Qasim Zaman (eds.) « Zaynab al-Ghazali », Princeton Reaadings dans la pensée islamiste : Textes et contextes d'al-Banna à Bin Laden (Princeton : Princeton UP, 2009), 275.
  5. Hoffman, 1988.
  6. Gefängnisbericht einer Muslimschwester, extrait de Andreas Meier Politische Strömungen im modernen Islam. Quellen und Kommentare. Bundeszentrale für politische Bildung, Bonn 1995 ISBN 3893312390; Peter Hammer Verlag, Wuppertal 1995 ISBN 3872947249, p. 122 - 126

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Zainab al Ghazali, Le retour du Pharaon, La fondation islamique, 2006
  • Valérie Hoffman, « Une activiste islamique : Zaynab al-Ghazali », in Les femmes et la famille au Moyen-Orient, édité par Elizabeth W. Fernea. Austin : University of Texas Press, 1985.
  • Saba Mahmood, Politique de piété : le renouveau islamique et la réserve féministe, Princeton University Press, 2005

Lien externe[modifier | modifier le code]