Taxe Lauré

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La taxe Lauré est un projet de taxe sur les importations européennes en provenance des pays à main-d'œuvre à très bon marché. Son nom vient de Maurice Lauré (plus connu comme inventeur de la TVA) qui en a eu l'idée, mais qui s'en est plus ou moins désolidarisé par la suite[1].

Description[modifier | modifier le code]

Les sommes collectées par cette taxe seraient créditées au pays exportateur et ne seraient utilisables que pour l’achat de marchandises européennes[2]. Lauré proposera « que le produit de ces droits, au lieu de tomber dans le budget général, soit entièrement destiné à subventionner nos exportations, notamment de biens d'équipement, à destination des pays dont nous aurions taxé les importations chez nous »[3]. D’autres proposeront que les recettes de la taxe soient affectées « à des fins sociales, environnementales et éducatives » dans le pays exportateur[4], au financement de l'agence mondiale du médicament[5], ou à l’aide aux pays pauvres pour lutter contre le changement climatique par l’investissement dans des dispositifs économisant l’énergie et développant les alternatives aux combustibles fossiles[6].

Cela suppose, à tort ou à raison, que :

  1. ces pays ne peuvent pas ou ne veulent pas taxer eux-mêmes leurs exportations  ;
  2. alors qu'il serait de leur intérêt de le faire.

Ces deux postulats ne font pas l'objet d'un consensus.

Cette taxe aurait, selon ses défenseurs, la double vertu de permettre une amélioration des conditions de vie dans les pays les moins avancés (PMA), et de diminuer les incitations à la délocalisation, donc de protéger les conditions de travail dans les pays importateurs comme exportateurs sans nuire au développement des échanges internationaux, les rendant simplement plus justes. Le dumping social deviendrait donc impossible.

Dans certaines variantes, les normes environnementales sont aussi intégrées sur le même principe[6].

Selon ses détracteurs, c'est surtout (nonobstant les bonnes intentions) une façon d'organiser un protectionnisme sous couvert de solidarité internationale.

Des partis politiques de gauche prônent la mise en place de cette taxe[réf. nécessaire].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Annales des Mines « Maurice LAURÉ (1917-2001) », septembre 2010 (accès).
  2. « Modestes propositions pour sortir de la crise... Des pistes à explorer », Le Monde diplomatique, février 1996.
  3. Lauré, Maurice « La fin de l'avantage comparatif de la révolution industrielle ». La jaune et la rouge, N° 521, janvier 1997.
  4. Cassen, Bernard Contre la prolifération du commerce international. Inventer ensemble un « protectionnisme altruiste », Le Monde diplomatique, février 2000.
  5. Bichot, Jacques Des médicaments accessibles, La Croix, 29 Novembre 2001.
  6. a et b Bichot, Jacques « Copenhague : redécouvrir la taxe Lauré », 18 décembre 2009.

Articles connexes[modifier | modifier le code]