Symphonie nº 103 de Joseph Haydn

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La Symphonie n° 103 en mi bémol majeur, Hob. I: 103, « Roulement de timbale » (« Paukenwirbel » en allemand) de Joseph Haydn a été composée en 1795. Elle est l'avant-dernière des douze symphonies dites « londoniennes », considérées comme les plus belles de Haydn. La création eut lieu à Londres le 2 mars 1795.

La forme de cette symphonie est celle de la symphonie classique en quatre mouvements.

Effectif musical[modifier | modifier le code]

Instrumentation de la 103" symphonie
Cordes
premiers violons, seconds violons, altos,

violoncelles, contrebasses,

Bois
2 Flûtes, 2 Hautbois, 2 Clarinettes en la, 2 Bassons,
Cuivres
2 Cors en ré, 2 Trompettes en ré,
Percussions
timbales,

Lors de la création Joseph Haydn dirige l'orchestre au pianoforte.

Analyse[modifier | modifier le code]

Adagio, Allegro con spirito[modifier | modifier le code]

La structure est celle d'une forme-sonate bithématique avec une introduction lente. Ce mouvement débute par un étonnant roulement de timbale donné à découvert[1] (qui donne son nom à la symphonie), un des débuts les plus étranges de la littérature symphonique[2]. Le thème qui suit évoque les quatre premières notes du Dies Irae sur un tempo ralenti, au rythme imperceptible. L'allegro s'ouvre « piano » sur un thème léger, auquel répond « forte » le passage du Dies Irae sur un rythme accéléré donnant au mouvement une tonalité populaire[3]. Chose inhabituelle dans la structure classique : l'introduction lente est reprise lors de la réexposition.

Andante piu tosto Allegretto [modifier | modifier le code]

La structure est en forme de doubles variations sur deux thèmes ayant chacun l'allure d'une marche lente. Les deux thèmes sont proches, le premier en ut mineur et le second en ut majeur. Les quatre variations (deux pour chaque thème) font alterner des atmosphères très différentes, allant du style galant au style héroïque. Au fil des variations, l'orchestration est de plus en plus recherchée donnant une impression de distanciation par rapport au matériau de départ[3].

Menuetto[modifier | modifier le code]

Le menuet (conforme aux règles de composition de la symphonie classique), en mi bémol majeur.

Allegro con spirito[modifier | modifier le code]

Le finale est en mi bémol majeur. Le mouvement est résolument monothématique. Les trois parties de la forme sonate classique (exposition, développement, réexposition) sont introduites par un thème unique sous sa tonalité d'origine. Haydn réussit le tour de force d'utiliser un seul motif sans répétition textuelle et en maintenant l'attention par l'impression d'une dramatisation qui ne faiblit pas[4]. Beethoven se souviendra de cette page lors de la composition de sa cinquième symphonie.

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Haydn n'a pas donné d'indication de nuance sur son manuscrit. Différentes interprétations sont utilisées pour conférer un caractère dramatique à ce roulement de timbales : soit un début piano avec crescendo suivi d'un decrescendo ; soit un début fortissimo suivi d'un decrescendo ; soit encore de grands coups espacés se transformant progressivement en roulement.
  2. Joseph Haydn, Marc Vignal chez Fayard 1988 p.1312
  3. a et b Les œuvres clés de la musique classique, J. J Soleil et G. Lelong - Bordas 1991
  4. Joseph Haydn, Marc Vignal chez Fayard 1988 p.1315