Suzuki Shin'ichi II

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Suzuki Shin'ichi II est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Suzuki, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).

Suzuki Shin'ichi (鈴木 真一?, 1855-1912[1]) est le plus jeune de deux photographes japonais portant ce nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le nom original de Suzuki est Okamoto Keizō ((岡本圭三)?), né dans la province d'Izu[2]. Dès son jeune âge, il aime dessiner et peindre et à treize ou quatorze ans, part pour Yokohama déterminé à devenir un artiste. Il devient élève du caricaturiste anglais Charles Wirgman, un ami et ancien partenaire du photographe Felice Beato[3]. En voyant une photographie d'un lutteur, Okamoto est tellement impressionné par la précision et la qualité d'image du nouveau medium qu'il décide de devenir photographe[4]. Il apprend la photographie au studio de Yokohama de Shimooka Renjō, où il travaille pendant un certain nombre d'années à partir de 1870 et où il rencontre son futur beau-frère, Suzuki Shin'ichi I, lui aussi apprenti chez Shimooka[5]. En 1873, Okamoto épouse Nobu (のぶ?), la fille de Suzuki et - en accord avec la coutume appelée muko-iri (婿入り?) - s'installe dans la famille Suzuki, adoptant le nom du père. Le photographe plus âgé change alors son nom[6].

En 1876, Okamoto, dorénavant Suzuki, quitte le studio de Shimooka, peut-être pour travailler dans un studio de photographie à Nagoya, puis auprès de Yokoyama Matsusaburō[7] et en 1879 se rend à San Francisco où il étudie la retouche de négatif et d'autres techniques auprès de I. W. Taber, ce qui fait peut-être de lui le premier photographe japonais parti étudier à l'étranger[8]. À son retour au Japon, il est l'exploitant succès de la nouvelle branche du studio de son père-frère à Kudanzaka, Tokyo. Ses photographies, souvent de grandes impressions à l'albumine coloriées à la main, remportent des prix aux expositions internationales en Europe et au Japon et il est chargé de photographier des personnalités de premier plan telles que le roi d'Hawaii Kalākaua en 1881, le prince héritier Tōgu (東宮?) en 1888 (ce pour quoi il est payé 50 $) et l'impératrice douairière japonaise en 1890[9]. La même année, Suzuki reçoit du gouvernement japonais une commande pour produire des albums photographiques de vues prises le long du Tōkaidō, albums qui seront présentés au tsarévitch Nicolas Alexandrovitch de Russie (plus tard Tsar Nicolas II). Lorsque la visite du Tsarevich au Japon est écourtée suite à l'attentat contre sa personne, les albums sont présentés à la place à la Russie et à la Grèce. Des albums photographiques similaires sont donnés à de hauts fonctionnaires des États-Unis et d'Europe[10]. En dépit de ce succès, il n'y a aucune trace de l'atelier Suzuki à Tokyo après 1903[11]. À partir de 1893, le studio de Yokohama créé par son beau-père est dirigé par I.S Suzuki- c'est-à-dire par Izaburō, le fils de Suzuki Shin'ichi I - et continue son exploitation jusqu'en 1908[12].

Après la guerre russo-japonaise, Suzuki fait un investissement malheureux dans l'industrie du transport et la famille est ruinée[13]. Suzuki meurt peu de temps après en 1912.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bennett, Terry. Old Japanese Photographs: Collector's Data Guide. Londres : Quaritch, 2006. (ISBN 0-9550852-4-1) (relié)
  • Bennett, Terry. Photography in Japan: 1853–1912. Rutland, Vt: Charles E. Tuttle, 2006. (ISBN 0-8048-3633-7) (relié)
  • Clark, John, John Fraser, and Colin Osman. A revised chronology of Felice (Felix) Beato (1825/34?–1908?). Dans Japanese Exchanges in Art, 1850s to 1930s with Britain, Continental Europe, and the USA: Papers and Research Materials. Sydney: Power Publications, 2001. (ISBN 1-86487-303-5) (paper)
  • Isawa, Y. 'Sketches of the Lives of a Few of the Leading Professional Photographers in Japan', dans 'Photographers and Photography in Japan' by W. K. Burton; reproduced from The Practical Photographer (Septembre 1896, vol. viii, no 81), dans Bennett, OJP'.
  • (ja) Kaneko Ryūichi. "Suzuki Shin'ichi". Nihon shashinka jiten (日本写真家事典) / 328 Outstanding Japanese Photographers. Kyoto: Tankōsha, 2000. (ISBN 4-473-01750-8). p. 186. En dépit du titre alternatif en anglais, tout le texte est en japonais. L'article est principalement consacré à Suzuki Shin'ichi I.
  • Nihon no shashin: Uchinaru katachi, sotonaru katachi 1: Torai kara 1945 made (日本の写真 内なるかたち・外なるかたち 1 渡来から1945まで) / Japanese Photography: Form In/Out 1: From Its Introduction to 1945. musée métropolitain de photographie de Tokyo, 1996. Catalogue d'exposition. Texte et légendes en anglais et japonais. A group portrait of students of a women's college of education appears as plate 55.
  • (ja) Nihon no shashinka (日本の写真家) / Biographic Dictionary of Japanese Photography. Tokyo: Nichigai Associates, 2005. (ISBN 4-8169-1948-1). p. 224. En dépit du titre alternatif en anglais, tout le texte est en japonais.
  • Palmquist, Peter E. et Thomas R. Kailbourn. Pioneer Photographers of the Far West: A Biographical Dictionary, 1840-1865. Stanford, Calif.: Stanford University Press, 2000. (ISBN 0-8047-3883-1) (relié)
  • Yokoe, Fuminori. 'Part 3-3. Yokoyama Matsusaburo (1838-1884)', dans The Advent of Photography in Japan/Shashin torai no koro, musée métropolitain de photographie de Tokyo et Hakodate Museum of Art, Hokkaido, eds. (Tokyo : Tokyo Metropolitan Foundation for History and Culture; musée métropolitain de photographie de Tokyo; Musée d'art de Hokkaido, 1997).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bennett, OJP, 291. Dans son ouvrage Photography in Japan, Bennett cite Isawa pour la date de naissance en 1855 mais notes que Saitō Takio donne 1859. PiJ, p. 172.
  2. Bennett, PiJ, 169, 172. Isawa donne le district de Gunma comme lieu de naissance et Bennett cite Saitō Takio qui donne le district de Seta-gun. (Tous les deux sont aujourd'hui équivalents, districts et préfectures étant postérieurs à la naissance de Suzuki.) Isawa, 21; Bennett, PiJ, 172.
  3. Isawa, 21; Bennett, PiJ, 172. Wirgman et Beato sont partenaires de 1864 à 1867. Wirgman fait des illustrations à partir des photographies de Beato tandis que Beato photographie les esquisses et autres travaux de Wirgman . Clark, Fraser, and Osman, 97.
  4. Isawa, 21.
  5. Bennett, OJP, 291.
  6. Pour (鈴木真?), mais aucune référence connue ne précise la lecture de (?). Probablement est-ce tout simplement Shin; vraisemblablement Makoto ou autre chose
  7. Nagoya et Yokoyama : comme indiqué dans Nihon no shashinka. Cette information n'apparaît pas dans d'autres sources où se trouvent par ailleurs plus d'informations sur Suzuki que dans le court article paru dans Nihon no shashinka (qui par exemple ne donne même pas une année approximative de naissance ou de décès). Il peut aussi avoir étudié la photographie sous Yokoyama dès 1873, ou l'élève de Yokoyama a pu être Suzuki Shin'ichi I, les dossiers ne sont pas spécifiques. Yokoe, 183; Bennett, PiJ, 83.
  8. Bennett, OJP, 292; PiJ, 172.
  9. Il est intéressant de noter que Taber a également photographié le roi Kalākaua durant un séjour de six semaines dans l'archipel d'Hawaï en 1880. Par ailleurs, le stock de photographies de Taber comprend des vues du Japon, peut-être fournies par Suzuki. Isawa, 22; Palmquist and Kailbourn, 539; Bennett, PiJ, 173.
  10. Isawa, 22; Bennett, PiJ, 173.
  11. Bennett, PiJ, 171.
  12. Bennett, OJP, 253, 274; PiJ, 171.
  13. Nihon no shashinka.