Séparateur de mots

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Un séparateur de mots est, en informatique et dans l'écriture, un espace sans caractère apparent ; dans l'écriture manuscrite, cet espace est de longueur variable, en général fonction des caractéristiques de l'écriture du scripteur.

L'utilisation de l'espace est attestée à partir du Xe siècle. Dans l'antiquité, en latin et en grec, la séparation se faisait par le point médian (ou point en haut). L'utilisation du point médian, bien que fréquente dans les textes imprimés ou gravés, n'a cependant jamais été systématique, et on l'a le plus souvent cantonné aux inscriptions en capitales.

Le séparateur en informatique[modifier | modifier le code]

Dans le langage informatique il est "matérialisé", c'est-à-dire codé par un caractère dit alphanumérique (voir codes ASCII, par exemple ; l'espace est codé par le Code ASCII décimal 32 (ou 20 en hexadécimal : 0x20) apparaissant comme "rien", c'est-à-dire un espace entre mots, généralement. Ce stockage en mémoire ou sur un support de stockage de l'information quelconque permet à l'ordinateur de restituer cet espace. La place mémoire utilisée par ce caractère blanc, un octet, est identique à celle des caractères usuels ( une lettre de l'alphabet ) ; excepté dans le cas ou un algorithme de compression est utilisé.

Plusieurs espaces ( et/ou le code 'Tab' pour Tabulation ) permettent de créer un espace, usuellement de 4 ou 8 caractères de large, selon le type de traitement de texte ou selon le type de système d'exploitation de l'ordinateur. Ce type de séparateur de mot n'a pas de signification particulière, associé à la compréhension de quelque chose. Il est simplement là pour la clarté du texte : il est présent pour ne pas faire un nouveau mot en en "collant" deux ou plusieurs ensemble, ce qui n'a, la plupart du temps aucune signification, sauf dans des mots comme anticonstitutionnel ( modifier : ici 'anti' est un préfixe, et n'est pas un mot au sens académique du terme. ( chercher mots acceptés dans la langue française, comme étant la réunion de deux mots ayant chacun une signification propre).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir IFS (Internal Field Separator) : variable utilisé par les shell Unix et linux.

Le séparateur, dans la littérature[modifier | modifier le code]

Il en va tout autrement dans le contexte du 'nouveau roman', où le séparateur de mots a, cette fois, des implications importantes concernant la compréhension du texte, et même la psychologie des personnages, ou encore, bien sûr, ce que pense l'auteur elle-même, dans son écriture livrée au public. Ce séparateur de mots modifie la perception du livre écrit, et pousse le lecteur à la réflexion, parfois plus que dans un livre classique, utilisant la ponctuation standard. Dans les livres que nous lisons, c'est le lecteur lui-même qui s'impose, naturellement et instinctivement le temps de la réflexion, l'évocation en mémoire de ce qui s'est passé, la "visualisation" en imaginaire de ce qui se passe dans le livre. Le lecteur cherche alors plus ou moins à deviner la suite de l'action du roman, par exemple, selon qu'il est plus ou moins intéressé, ou même passionné par celui-ci. Cela peut aller jusqu'à relire un chapitre, un paragraphe ou plus en arrière, pour mieux comprendre, mieux se rappeler ce qui s'est passé, ou pour mieux deviner ce qui va se passer ; on dit pour anticiper l'action future dans la partie du livre que l'on n'a pas encore lue. Le lecteur va aussi fréquemment ou cesser de lire pour réfléchir sur ce qui se passe, ou même être tenté d'aller voir à la fin du livre ce qui s'est "réellement" passé ... quitte à enlever de la "saveur" à la lecture de celui-ci.

Dans le livre suivant par exemple : "Elle lui dirait dans l'île", Françoise Xenakis, veuve d'un compositeur célèbre, a choisi délibérément de supprimer l'essentiel de la ponctuation française, pour la remplacer par un autre mode de ponctuation, très original. Dans celui-ci, plus il y a d'espaces - entre les mots ou à la fin d'une phrase -, plus, en principe du moins, l'action citée dans la phrase est grave ou nécessite plus de réflexion que dans une phrase commune, ou cette action, cette réflexion, va faire naître des sentiments ou l'envie d'un autre action ou réaction. Une phrase commune est par exemple : "Sylvie va aller boire du thé". Une phrase écrite en essayant d'imiter le mode de ponctuation inventé par Françoise Xenakis serait par exemple : "La rencontre qu'il fit ce soir là le bouleversa                   à tel point qu'il décida de tout faire pour la retrouver                ."

Ce style d'écriture est emblématique du Nouveau roman. Françoise Xenakis a écrit plusieurs livres, qui modifient radicalement la perception littéraire classique du séparateur de mots.

Voir aussi[modifier | modifier le code]