Pyréolophore

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Schéma du premier moteur à combustion interne, le Pyréolophore, 1806, dessiné par les frères Niépce

Le pyréolophore (Pyr : feu ; eolo : vent et phore : je porte/produis) est un prototype de moteur dont l'amélioration progressive a permis le développement de certains des moteurs à combustion interne dont celui mis au point par Rudolf Diesel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il est développé conjointement par Claude Niépce et son frère Nicéphore, l'inventeur de la photographie[1].

En 1807, les frères Niépce voient leurs recherches couronnées de succès. Ils obtiennent en effet, pour une période de dix années, un brevet d’invention[2] de la part de l’Empereur des Français pour leur moteur. Afin d’en assurer la mise au point, ils construisent une maquette de bateau et lui font remonter le courant de la Saône, leur moteur assurant la propulsion en aspirant puis en refoulant l'eau[3].

Nicéphore et Claude continuent à améliorer leur pyréolophore. Le 24 décembre 1807, ils avertissent Lazare Carnot qu’ils ont obtenu une poudre très inflammable en mélangeant une partie de résine avec neuf parties de houille. Mais en 1816, les progrès n’ont pas été suffisants pour que les Niépce puissent obtenir quelques subsides de leur invention. L’expiration du brevet approche et Claude décide de se rendre à Paris puis en Angleterre, dans l’espoir d’y exploiter le moteur[4]

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

La description de l'époque précise qu'il s'agit d'« un récipient de cuivre bien clos, au centre duquel on portait subitement la flamme très vive émanant des spores du lycopode ». Le pyréolophore est cité dans un rapport lu à l'Académie des sciences du 15 décembre 1806 par Lazare Carnot qui conclut :

« Messieurs Niepce, par leur moyen et sans aucune intervention de l'eau en nature, sont parvenus à occasionner dans un espace déterminé des commotions si fortes que les effets paraissent en être comparables à ceux de la machine à vapeur ou pompe à feu ordinaire[4]. »

Le pyréolophore est ainsi un moteur à air dilaté par la chaleur. Il s'apparente aux machines à vapeur mais il n'utilise pas uniquement le charbon comme source de chaleur et, surtout, repose sur un principe de combustion interne au moteur. Dans un premier temps, les frères Niépce optent pour une poudre constituée des spores d’une plante de l'ordre des lycopodiales[4], puis dans un second temps, pour un mélange de charbon et de résine, additionné à du pétrole[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Le Pyréolophore, PDF
  2. T. Coulibaly, Il y a un siècle, l'Automobile, Ouest France (2007), p 10
  3. a et b Marc Nadaux, « Nicéphore NIEPCE », sur 19e.org,‎ 2004 (consulté le 21 février 2014)
  4. a, b et c « Le pyréolophore », sur niepce.com (consulté le 5 mars 2014)