Promotion canapé

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Une promotion canapé est, selon une expression familière, un avantage (avancement,promotion, embauche) qu'une personne a obtenu en consentant à avoir des relations sexuelles avec une personne ayant le pouvoir de lui attribuer cet avantage.

Définition et législation[modifier | modifier le code]

Cette expression s'applique pour les hommes et pour les femmes, hétérosexuels ou homosexuels. La « promotion canapé » se rencontre au sein du monde du travail ou dans le monde politique[1]. En apporter la preuve reste une démarche difficile car la sollicitation est généralement unique et se présente sous une forme policée. La dénonciation de la promotion canapé est donc plus le fait d'associations féministes ou de syndicats que des "victimes" qui, souvent, occultent le fait auprès de leur entourage.

En France, le code pénal a défini en 1992 le harcèlement sexuel comme « le fait de harceler autrui en usant d'ordres, de menaces ou de contraintes, dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle, par une personne abusant de l'autorité que lui confèrent ses fonctions »[2] mais les modifications successives de la loi l'ont rendue si imprécise que le Conseil constitutionnel a considéré en 2012 qu'elle était contraire à la Constitution[3]. Le chantage à l'avancement constituant une forme de contrainte, la promotion canapé est une forme de harcèlement sexuel[4]. Dans la fonction publique, cette forme de chantage est spécifiquement punie depuis 1983 par des sanctions disciplinaires prises contre les supérieurs hiérarchiques refusant « le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation ou la mutation » d'un subalterne lui ayant refusé des faveurs sexuelles[5]; ces dispositions furent confirmées et étendues à l'ensemble du monde du travail en 1992 par l'ajout à l’article L. 123-1 du code du travail d'une disposition similaire [6].

Face à des situations où la pression hiérarchique ou le chantage est évident et annihile la libre volonté du subalterne, il existe des hypothèses différentes comme:

  • un chef de service dans une administration aide une collaboratrice à préparer un concours.
  • un collègue plus ancien rédige lui-même le rapport de fin de stage d'une étudiante susceptible d'être embauchée.
  • un responsable de ligne-produit favorise une salariée rémunérée en partie à la commission en lui remettant des commandes directes.

Dans ces cas la relation sexuelle est consentie par la femme, celle-ci l'accepte dans un contexte qui n'évoque qu'une contrainte limitée ou même absente. La femme peut la suggèrer tacitement et la pression descendante est très limitée et même souvent absente. Il y a eu entente tacite, c'est la "réciprocité" de la jurisprudence sur le harcèlement sexuel qui exclue tout délit.

Cette forme de promotion sociale a inspiré un film comique : Promotion canapé.

Autres approches[modifier | modifier le code]

On peut y voir un parallèle avec le mariage d'intérêt qui a marqué l'histoire sociale et même politique depuis des siècles tout en y apportant la nuance que le fait d'offrir « ses faveurs » n'implique pas des liens permanents, mais représente une « monnaie d'échange » ponctuelle qui peut toutefois être répétée. Néanmoins le mariage dans les sociétés occidentales traditionnelles et jusqu'au début du XXe siècle était à finalité reproductive et intervenait pour l'essentiel des cas entre des conjoints de condition sociale analogue, ce que compliquait encore la question de la dot fournie par la femme ou ses parents.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Liste des maîtresses des rois de France
  2. Loi 92-684 du 22 juillet 1992
  3. La loi sur le harcèlement sexuel abrogée, sur le site de TF, 4 mai 2012.
  4. E. Pierrat, Le harcèlement sexuel, Sexologies 15 (2006) 93--101
  5. Loi 83-634 du 13 juillet 1983
  6. Loi 92-1179 du 2 novembre 1992

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) C. Anderson, & J. L. Berdahl, « The experience of power: Examining the effects of power on approach and inhibition tendencies », Journal of Personality and Social Psychology, n°83, 2002, p. 1362-1377
  • (en) J. W. Thibaut, & H. H. Kelley, The social psychology of groups, Wiley, New York, 1959